Mare incertaine

L’avant-dernière  de mes 45 pièces sur la mare (ici https://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913?page=1&start=0%20ICI )

Mars rétif englue la mare.

Toujours un soleil veule passe et repart ;

Las, il n’a pas fait son oeuvre :

Tout reste froidure en ces manoeuvres.

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Au banc, j’ai gardé ma vêture d’hiver ;

Bien m’en a pris, sinon je n’aurais pu

Ici séjourner à tracer ces vers.

Sûr, j’aurais dû fuir au vent têtu.

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Harnaché, je résiste en respirant le frais.

L’eau calme est marron limon mais

Dessus flottent, sales, herbes et branchages :

L’hiver a laissé la laideur en partage.

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Engourdis, endormis, les canards ne se meuvent,

On dirait que bouger ils ne peuvent,

Attendant, patients, de la nature l’éveil

Qui tantôt devrait nous lâcher ses merveilles.

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Il est temps car du froid, c’est assez !

Il suffit ! De seulement pouvoir rêver été…

On le veut, on l’espère, on sait bien qu’il viendra,

Après ce printemps qui, par intermittence, murmure déjà.

Osmose,os-mare (poésie)

2017-09-18 osmose, os-mare 001

42 ième pièce poétique/44 de ma collection « La mare », sur atramenta.net (https://www.atramenta.net/account/write/collection_edit.php?cid=913)

En beauté dans la lumière

Froide d’un matin automnal,

La mare, fidèle en son aire

Réjouit l’oeil, le coeur et l’âme.

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11 heures 31 (mini-nouvelle)

        11 heures 31

 

     Il est 10 heures 37. Dans la gare, Benoît regarde le tableau d’arrivée des trains. Non, pas encore d’annonce… Au bout de son bras ballant, un bouquet de fleurs rouges.

Il fait froid dans le hall. Benoît s’avance vers le buffet et commande un café noir.

« Bien chaud, surtout » dit-il.

Le garçon, surpris, préchauffe la tasse avec l’eau et la vapeur sous pression du percolateur.

Des gens discutent, tranquillement attablés. À leurs pieds, des sacs, des valises avec étiquette : LD, OR, CDG, IST… Quelques personnes paraissent très animées : il va bientôt y avoir des élections.

Des bribes de conversations parviennent aux oreilles de Benoît : Lire la suite « 11 heures 31 (mini-nouvelle) »

Réédition de La petite boutique des sentiments (roman)

Roman sentimental.

Paru en 2012 sous le titre « Malgré tout », » La petite boutique des sentiments »,  rééditée en 2014 sous cet autre titre vient de l’être à nouveau (sept. 2017) par les éditions Bernardiennes [B]).

Thème : Un homme, une femme.
Lui est veuf, elle en couple.
Une rencontre fortuite et leurs vies basculent.
Une histoire de passion amoureuse, banale somme toute, ou presque ? Pas si simple… : leur rapprochement va les amener à remettre en question tous leurs repères dans l’existence.
Trouveront-ils un nouvel équilibre ? A vous de le découvrir…

Présentation :  Lire la suite « Réédition de La petite boutique des sentiments (roman) »

Îvre de rêve (poésie)

À nouveau Brétigny,

La gare, le R.E.R. meurtri ;

Il a repris son train train, se cambre,

En atmosphère de septembre.

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Un peu las, je lis :

Kerouac explique le Beat.

J’apprends ; c’est important.

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Soudain, les yeux au ciel

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Odeurs suaves ( brève en prose)

Sortir. Un jour maussade. Le gris est dans l’air ambiant, dans le paysage, dans le coeur peut-être.

Descendre la rue familière quand, soudain, devoir lever les yeux, surpris.

L’odeur enivrante, capiteuse d’un lilas pousse à chercher sa source. Elle est là, loin, à soixante pas au moins.

Des grappes florales nombreuses, denses, surplombent le haut mur terne, recouvrent son sommet et se penchent même un peu par-delà, vers moi, inacessibles. Un splendide lilas blanc dont les puissants effluves me sont apportés par le vent vif de ce tout début de printemps qui remonte cette rue en boyau.

Regarder, interloqué, cette beauté, cet immense bouquet qui me sourit et dont, dans mes parcours quasi quotidiens, je n’avais pas encore remarqué la floraison. Lire la suite « Odeurs suaves ( brève en prose) »

Belle du Seigneur – Albert Cohen (brève de lecture)

Résumé (babelio)

« Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d’être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s’admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu’ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c’était cela, amoureux, et il lui murmurait qu’il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu’ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu’ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d’elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs ils se verraient. »
Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d’une foule de comparses: ce roman n’est rien de moins que le chef-d’œuvre de la littérature amoureuse de notre époque.

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Le regard (poème déjà ancien, hommage au petit Grégory V.)

(De la laideur qui peut aussi caractériser l’être humain…)

 

Le regard

(À Grégory V.)

Bientôt l’automne approche.
Le froid va durcir les roches.
Mais la nature s’offre un répit,
La rivière coule encore en son lit.

Le jour vient de poindre,
C’est la paix alentour. Lire la suite « Le regard (poème déjà ancien, hommage au petit Grégory V.) »

Sur la plage de Chesil, Ian McEwan ( c.r. de lecture)

 

Présentation de l’éditeur

Le soir de leur mariage, Edward et Florence se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais, dans l’Angleterre de 1962, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment vite leur nuit de noces en épreuve de vérité. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l’alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l’ambiguïté et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d’une vie.

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Extrait de « Deux, pair et manque », roman

( Situation : un quinquagénaire, Bertrand, a un jour la révélation que son père ne serait peut-être pas son père. Ces bruits, venant s’associer aux rumeurs qui lui étaient parvenues treize ans plus tôt et qui avaient alors donné lieu à des recherches vaines le déterminent à reprendre sa quête, poussé par le besoin de savoir qui il est vraiment…

Il se décide à appeler Marcel, le fils de son peut-être vrai géniteur, Gustave (Bertrand a vaguement connu les deux trente ans plus tôt): Lire la suite « Extrait de « Deux, pair et manque », roman »