TERRE DE VOLCANS

 

   Voir, une fois encore, ce paysage aimé, une vaste étendue solitaire bordée de quelques maisons en pierre volcanique, aux toits de lauzes, bonheur !
Devant ces prairies d’alpage légèrement vallonnées d’où émerge çà et là le gris de quelques rochers bruts, le chaume est orné par endroits de timides fleurs sauvages que le vent vif courbe sans égards.
Au loin, fière et hiératique, se dresse l’imposante chaîne des Puys.
On est en juillet et, à ces hauteurs, il ne fait pas plus de 12 degrés. Venant de plus bas, je portais des vêtements d’été et ici je grelotterais presque. Mais la beauté de ce paysage m’attire irrésistiblement hors de la voiture. Il faut parcourir ce sol pour se sentir soi-même une part de cette nature qui incite à la modestie, celle qui vous envahit devant le grandiose, ce qui était là avant vous et subsistera bien après.
Comme toujours, la montagne a sur moi cet effet magique qui me met « en accord » et me tire un sourire de béatitude.
Si c’était ça, le bonheur, dans toute sa simplicité ?

D’eau et de vie – recueil de poésie

Paru mi-février, ce livre a, par la force des choses(confinées) largement raté sa sortie, sans signatures ni salons, aussi me permetté-je de reprendre cette présentation, pour lui donner, peut-être, une seconde chance. Bien qu’écrivant quelques nouvelles, des récits et des romans courts, ce sont mes recueils de poésie qui sont le plus chers à mon cœur : c’est par elle que je suis venu à l’écriture, un cadeau inestimable dans ma vie, à 45 ans et dont les effets se poursuivent jusqu’à mes … 71 ans actuels (ou presque).

 

Voici mon douzième opus, tout juste paru ; il s’agit cette fois de mon deuxième recueil de poésie, « D’eau et de vie ». Il sort aux éditions LC, deuxième ouvrage de moi chez cet éditeur. Lire la suite « D’eau et de vie – recueil de poésie »

Écrits de confinements : avril-mai 2020

9 avril : Pensées

La fin d’après-midi était – il le voyait de la fenêtre de son bureau – baignée d’un soleil provocant.
Ça, c’était l’extérieur, où, à part dans les jardinets, sur les balcons, terrasses et loggias, fort peu se mouvait.
On était en avril 2020 ; la France était confinée, disait-on. Une maladie tant contagieuse qu’inconnue s’était abattue sur la planète, ravageant les pays les uns après les autres. Les gens n’avaient plus entre eux que les rares contacts autorisés. Lui n’était sorti que trois fois en trois semaines, fort peu de temps du reste. On le ravitaillait ; il était privilégié.
Comme beaucoup d’autres, il s’adonnait à des activités qu’il avait quelque peu délaissées ces derniers temps, la lecture surtout.
Parfois il prenait – puisqu’il l’avait – le temps de penser, comme ce jour-là où il avait repris la plume.
Il ne savait pas pourquoi il avait jeté les yeux vers l’extérieur car, à vrai dire, il passait le plus clair de son temps sur les écrans, la nouvelle maladie des deux derniers siècles.
Une activité qui relevait du simple divertissement, un détour ou détournement.
Comme toujours , l’écriture cursive avait stoppé cette “souvent-inanité”. Mon Dieu, il pensait !
Non, il ne s’était pas ennuyé depuis que la vie s’était quasiment arrêtée. Même, il s’était habitué à l’enfermement, au point qu’il se demandait comment cela se passerait, lorsque le monde – lui compris – retrouverait sa totale liberté de mouvement, tout au moins celle qu’assurent, paraît-il, les droits de l’homme.
Un nouveau coup d’œil à la fenêtre : toujours ce soleil insolent. La nature , en son printemps, n’avait cure des comportements de l’Humain. À peine avait-elle remarqué les soubresauts alentis des attitudes dudit.
Comme toujours, les mots alignés lui apportaient la joie, une sorte de vérité plus profonde que le matériel, même s’ils en procédaient eux aussi. Mais pas que. Les mots sont également la transcendance, l’expression d’une pensée. Il n’aurait pas dû abandonner la plume aussi longtemps. Le confinement avait fini par le ramener à cet accord avec lui même.
Un dernier regard par la fenêtre : l’éclat doré du soleil commençait à peine à faiblir.
Lire la suite « Écrits de confinements : avril-mai 2020 »

La mare d’avril (poésie)

Un poème écrit l’an dernier, en avril… Puisse l’embellie pressentie se produire !

 

Contraste entre les bancs de tulipes inflorés

Et mare d’avril, comme dépouillée,

Largement couverte d’une croûte marron

Qu’identifier on ne sait : feuilles mortes, algues ou chatons.

L’eau a le tout imbibé

En bouillie saumâtre indifférenciée.

——————————

Effrayés, les canards ont fui ;

Même la cascatelle semble tarie…

Eh non, elle hoquette seulement son débit.

L’atmosphère est en point d’interrogation,

L’air ambiant agresse, vaguement nauséabond.

———————————————–

Oh à peine, le lieu reste paisible ;

Aux ramilles les oiseaux chantent printemps.

Une brise fraîche rappelle cependant

Qu’avril précède l’été-cœur de cible.

——————————————–

Le soleil perce les nuages fugaces

Qui roulent gris quelques menaces.

Mais même en laideur relative

L’endroit garde mon attirance vive.

Trajet de juin (en train)

   Celles et ceux qui me suivent savent que train, en particulier le RER,  a passablement inspiré ma réflexion. Je lui ai consacré l’un de mes livres (« Saisons poétiques en train »- ed. Bernardiennes). 

Voici un

Trajet de juin

Aujourd’hui train prison.
Quand je lève les yeux de mon livre, ce qui me frappe le plus souvent ce ne sont pas les échappées du regard sur le paysage mais des voies encaissées. Le train roule alors entre les arbres serrés qui défilent, formant à ma droite et à ma gauche des murailles vertes qui manquent m’étouffer, tant elles s’approchent.
À d’autres reprises, ce sont les maisons alignées, si serrées que leurs façades crépies semblent des murs de béton.
Atmosphère automnale en ce mois de juin.
Semblant de clarté, grise.
Cette impression majeure heureusement n’est pas constante. Par intermittence le train traverse un vallon…
Le temps d’écrire, c’est déjà la très proche banlieue, les immeubles et usines enchevêtrés que scrute, apeuré, un ciel blême et moutonnant.
Encore quelques minutes puis je suis à destination. Je range ma plume-compagne.

D’eau et de vie – recueil de poésie

Voici mon douzième opus, tout juste paru ; il s’agit cette fois de mon deuxième recueil de poésie, « D’eau et de vie ». Il sort aux éditions LC, deuxième ouvrage de moi chez cet éditeur.

Pour le présenter, je reprendrais d’abord la préface de l’auteur Odile Lecouteux :

  »  L’écrivain Claude Colson nous invite à cheminer dans les couleurs du kaléidoscope de son existence.  

Dans son  recueil «  D’eau et de vie », la lecture  nous conduit  au parc ( «  … D’abord m’assaille l’odeur de sous-bois émanant du tapis dense et mordoré des feuilles qui jonchent une terre devenue presque invisible « ), fréquemment au bord  de la mare dans tous états et au lac. Lire la suite « D’eau et de vie – recueil de poésie »

Un malaise inattendu

(Peut-être d’actualité en ces temps de grève SNCF)

 

Un malaise inattendu

(extrait de « Saisons poétiques en train, éditions Bernardiennes)

Ce matin, aux stations, le train s’arrête beaucoup plus longuement que d’ordinaire. D’interminables minutes. Et c’est l’anormal, le figé. Comme si la vie était sortie de son lit.
Chez les voyageurs on devine alors une sorte de sourd malaise. On se regarde furtivement ; après tout, on ne se connaît pas. On pense pourtant à peu près la même chose. Vite détourner les yeux. Comme si de rien. Lire la suite « Un malaise inattendu »

La mare, pour Bruno. (poésie)

Bruno Krol, un ami auteur de talent, peintre et poète, nous a subitement quittés. J’ai eu le bonheur de le rencontrer une fois. Je n’ai pu que lui consacrer la 54 ième pièce de ma collection « La Mare », sur atramenta.net ( ici https://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913?page=1&start=0%20ICI)

La Mare, pour Bruno.

Tu es parti, l’ami,

Tu ne liras plus ces mots,

Mais la mare ne t’oublie

Et te salue, là-haut.

 

Elle s’est vêtue d’octobre,

Sa lumière est ternie.

Sur son bord, étonnant,

À mon approche à pas lent,

Majestueux, surprenant, Lire la suite « La mare, pour Bruno. (poésie) »