Trajet de juin (en train)

   Celles et ceux qui me suivent savent que train, en particulier le RER,  a passablement inspiré ma réflexion. Je lui ai consacré l’un de mes livres (« Saisons poétiques en train »- ed. Bernardiennes). 

Voici un

Trajet de juin

Aujourd’hui train prison.
Quand je lève les yeux de mon livre, ce qui me frappe le plus souvent ce ne sont pas les échappées du regard sur le paysage mais des voies encaissées. Le train roule alors entre les arbres serrés qui défilent, formant à ma droite et à ma gauche des murailles vertes qui manquent m’étouffer, tant elles s’approchent.
À d’autres reprises, ce sont les maisons alignées, si serrées que leurs façades crépies semblent des murs de béton.
Atmosphère automnale en ce mois de juin.
Semblant de clarté, grise.
Cette impression majeure heureusement n’est pas constante. Par intermittence le train traverse un vallon…
Le temps d’écrire, c’est déjà la très proche banlieue, les immeubles et usines enchevêtrés que scrute, apeuré, un ciel blême et moutonnant.
Encore quelques minutes puis je suis à destination. Je range ma plume-compagne.

D’eau et de vie – recueil de poésie

Voici mon douzième opus, tout juste paru ; il s’agit cette fois de mon deuxième recueil de poésie, « D’eau et de vie ». Il sort aux éditions LC, deuxième ouvrage de moi chez cet éditeur.

Pour le présenter, je reprendrais d’abord la préface de l’auteur Odile Lecouteux :

  »  L’écrivain Claude Colson nous invite à cheminer dans les couleurs du kaléidoscope de son existence.  

Dans son  recueil «  D’eau et de vie », la lecture  nous conduit  au parc ( «  … D’abord m’assaille l’odeur de sous-bois émanant du tapis dense et mordoré des feuilles qui jonchent une terre devenue presque invisible « ), fréquemment au bord  de la mare dans tous états et au lac. Lire la suite « D’eau et de vie – recueil de poésie »

Un malaise inattendu

(Peut-être d’actualité en ces temps de grève SNCF)

 

Un malaise inattendu

(extrait de « Saisons poétiques en train, éditions Bernardiennes)

Ce matin, aux stations, le train s’arrête beaucoup plus longuement que d’ordinaire. D’interminables minutes. Et c’est l’anormal, le figé. Comme si la vie était sortie de son lit.
Chez les voyageurs on devine alors une sorte de sourd malaise. On se regarde furtivement ; après tout, on ne se connaît pas. On pense pourtant à peu près la même chose. Vite détourner les yeux. Comme si de rien. Lire la suite « Un malaise inattendu »

La mare, pour Bruno. (poésie)

Bruno Krol, un ami auteur de talent, peintre et poète, nous a subitement quittés. J’ai eu le bonheur de le rencontrer une fois. Je n’ai pu que lui consacrer la 54 ième pièce de ma collection « La Mare », sur atramenta.net ( ici https://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913?page=1&start=0%20ICI)

La Mare, pour Bruno.

Tu es parti, l’ami,

Tu ne liras plus ces mots,

Mais la mare ne t’oublie

Et te salue, là-haut.

 

Elle s’est vêtue d’octobre,

Sa lumière est ternie.

Sur son bord, étonnant,

À mon approche à pas lent,

Majestueux, surprenant, Lire la suite « La mare, pour Bruno. (poésie) »

Au fil de la pensée… (en méditation)

Au fil de la pensée…

Je vois passer devant moi une jeune femme. Elle est enceinte de quelque 7 ou 8 mois.

C’est un peu étrange de soudain penser que pour moi, comme pour nous tous, le voyage a commencé de cette façon : par un transport dans un corps.

Puis vint le largage, le lâcher dans le monde, avec pour point de départ le sexe d’une femme, ce qui pour nombre d’hommes deviendra « cet obscur objet du désir. »

Peut-on dire que pour les hommes mâles tout part et tout arrive à ce sexe, rêvé, désiré, fantasmé. Bien peu de chose en soi et pourtant ! N’a-t-il pour pendant que le désir féminin ? Probablement. On pourrait imaginer un schéma similaire pour la majorité des femmes : partir du et arriver au sexe masculin.

Étranges pensées qui me parcourent en cet après-midi de dédicaces en grande surface commerciale, exercice de plus en plus difficile, surtout à l’approche d’une fin de mois où la plupart des gens ont pour principale préoccupation la survie. D’abord la bouffe et ensuite la morale, disait déjà Bertolt Brecht.

Un quidam de passage, inconnu, assez âgé et donc d’expérience, me lance : les gens ne lisent plus de nos jours !

C’est en bonne partie exact. Beaucoup écrivent, en revanche. Tout n’est peut-être pas perdu. Quoique !

Les déclinistes diraient que notre civilisation va à vau-l’eau et il est certain que l’on peut au moins s’interroger.

Il nous reste à agir, chacun à son niveau. Pour moi, tout comme pour beaucoup d’auteurs, c’est poursuivre notre tentative  de propager l’amour des lettres.

 

Aperçue en août (poésie)

 

Voici la 53 ième pièce que je consacre à cette mare ( collection complète : https://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913) qui est ma principale source d’inspiration poétique.

Aperçue en août

 

Août verse vers sa fin. Lire la suite « Aperçue en août (poésie) »

Rocherousse 2565

 

Rocherousse 2565
12h45. Redescente du chalet. Pause entre le lac long et le lac profond, à 2480m. Assis sur un rocher, je laisse l’air vif me caré-fouetter le visage agréablement. Le lieu est tout de paix. À droite et à gauche, les eaux calmes où le vent pousse des ridules. Quelques randonneurs pique-niquent sur les rochers alentour.

Nous, ce fut fait plus haut, au creux d’un alpage nous protégeant de la brise trop fraîche. Ici, on peut déjà ôter le K-Way. À 360 degrés, les cimes plus où moins déchiquetées, vertes celles à végétation rase, plus brunes d’autres où le roc affleure. À ma gauche, quelques rares névés. On est fin juillet dans les Alpes du sud.

Ici règne la paix, extérieure, mais surtout intérieure. Aux cieux, où le bleu survit entre le gris des cumulus moutonneux grisollent quelques alouettes. Lire la suite « Rocherousse 2565 »

SECRET (poésie ; hommage à l’amour fou)

Dis-moi petite par quel mystère

près de toi l’ombre devient lumière

la* colère se fait tendresse

laideur mue en beauté

et Sexe Pureté

 

in « Saisons d’une passion », ed. Chloé des Lys

(*  aujourd’hui, j’enlèverais l’article)

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