11 heures 31 (mini-nouvelle)

        11 heures 31

 

     Il est 10 heures 37. Dans la gare, Benoît regarde le tableau d’arrivée des trains. Non, pas encore d’annonce… Au bout de son bras ballant, un bouquet de fleurs rouges.

Il fait froid dans le hall. Benoît s’avance vers le buffet et commande un café noir.

« Bien chaud, surtout » dit-il.

Le garçon, surpris, préchauffe la tasse avec l’eau et la vapeur sous pression du percolateur.

Des gens discutent, tranquillement attablés. À leurs pieds, des sacs, des valises avec étiquette : LD, OR, CDG, IST… Quelques personnes paraissent très animées : il va bientôt y avoir des élections.

Des bribes de conversations parviennent aux oreilles de Benoît : Lire la suite « 11 heures 31 (mini-nouvelle) »

Réédition de La petite boutique des sentiments (roman)

Roman sentimental.

Paru en 2012 sous le titre « Malgré tout », » La petite boutique des sentiments »,  rééditée en 2014 sous cet autre titre vient de l’être à nouveau (sept. 2017) par les éditions Bernardiennes [B]).

Thème : Un homme, une femme.
Lui est veuf, elle en couple.
Une rencontre fortuite et leurs vies basculent.
Une histoire de passion amoureuse, banale somme toute, ou presque ? Pas si simple… : leur rapprochement va les amener à remettre en question tous leurs repères dans l’existence.
Trouveront-ils un nouvel équilibre ? A vous de le découvrir…

Présentation :  Lire la suite « Réédition de La petite boutique des sentiments (roman) »

Îvre de rêve (poésie)

À nouveau Brétigny,

La gare, le R.E.R. meurtri ;

Il a repris son train train, se cambre,

En atmosphère de septembre.

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Un peu las, je lis :

Kerouac explique le Beat.

J’apprends ; c’est important.

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Soudain, les yeux au ciel

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Une nuit cubaine

(Voici le 200 ième article public – un autre est privé, pour le moment- ; en décembre, le 10, ce blog aura 3 ans et je pense alors poursuivre les publications au rythme de seulement deux articles par mois)

 

Il s’éveilla quand elle entra dans la chambre.
Arrivés deux jours avant à Cuba avec un groupe de semi-touristes censés suivre une université d’été, on les avait logés dans des chambres à plusieurs. Le pays venait à peine de s’ouvrir au tourisme des occidentaux. Il partageait cette chambre avec un percussionniste d’environ 60 ans, chaleureux, venu là pour se perfectionner. L’autre occupant était un jeune étudiant plutôt beau, aux cheveux noirs et bouclés, qui l’avait surpris dès le début par son parler lent et posé, comme méditatif, dénotant une éducation de milieu bourgeois et cultivé. Cela contrastait au demeurant avec une certaine légèreté du personnage.

Les chambres de la résidence universitaire de Santiago étaient dépourvues de confort. Le minimum. Les douches collectives se situaient dans un local qu’elles partageaient avec les WC aux portes coupées en haut et en bas qui rappelaient ceux des pensionnats ou des écoles d’autrefois. Il arrivait que l’on y vît des blattes d’ à peu près 8 cm. Lire la suite « Une nuit cubaine »

Odeurs suaves ( brève en prose)

Sortir. Un jour maussade. Le gris est dans l’air ambiant, dans le paysage, dans le coeur peut-être.

Descendre la rue familière quand, soudain, devoir lever les yeux, surpris.

L’odeur enivrante, capiteuse d’un lilas pousse à chercher sa source. Elle est là, loin, à soixante pas au moins.

Des grappes florales nombreuses, denses, surplombent le haut mur terne, recouvrent son sommet et se penchent même un peu par-delà, vers moi, inacessibles. Un splendide lilas blanc dont les puissants effluves me sont apportés par le vent vif de ce tout début de printemps qui remonte cette rue en boyau.

Regarder, interloqué, cette beauté, cet immense bouquet qui me sourit et dont, dans mes parcours quasi quotidiens, je n’avais pas encore remarqué la floraison. Lire la suite « Odeurs suaves ( brève en prose) »

Belle du Seigneur – Albert Cohen (brève de lecture)

Résumé (babelio)

« Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d’être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s’admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu’ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c’était cela, amoureux, et il lui murmurait qu’il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu’ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu’ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d’elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs ils se verraient. »
Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d’une foule de comparses: ce roman n’est rien de moins que le chef-d’œuvre de la littérature amoureuse de notre époque.

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Le regard (poème déjà ancien, hommage au petit Grégory V.)

(De la laideur qui peut aussi caractériser l’être humain…)

 

Le regard

(À Grégory V.)

Bientôt l’automne approche.
Le froid va durcir les roches.
Mais la nature s’offre un répit,
La rivière coule encore en son lit.

Le jour vient de poindre,
C’est la paix alentour. Lire la suite « Le regard (poème déjà ancien, hommage au petit Grégory V.) »

Sur la plage de Chesil, Ian McEwan ( c.r. de lecture)

 

Présentation de l’éditeur

Le soir de leur mariage, Edward et Florence se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais, dans l’Angleterre de 1962, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment vite leur nuit de noces en épreuve de vérité. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l’alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l’ambiguïté et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d’une vie.

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Extrait de « Deux, pair et manque », roman

( Situation : un quinquagénaire, Bertrand, a un jour la révélation que son père ne serait peut-être pas son père. Ces bruits, venant s’associer aux rumeurs qui lui étaient parvenues treize ans plus tôt et qui avaient alors donné lieu à des recherches vaines le déterminent à reprendre sa quête, poussé par le besoin de savoir qui il est vraiment…

Il se décide à appeler Marcel, le fils de son peut-être vrai géniteur, Gustave (Bertrand a vaguement connu les deux trente ans plus tôt): Lire la suite « Extrait de « Deux, pair et manque », roman »

Crêtes 2600, rando en montagne (récit)

montagne2

   Deux heures de montée sous le cagnard, pas lent et balancé, rythmé, qui s’interrompt le moins possible, juste pour quelques pauses désaltération. Qu’elle est bienvenue l’eau, élément simple qui en montagne devient précieux, même inestimable !
Et bientôt c’est le chemin des crêtes, à peine vertigineux, plus reposant dans l’ensemble car les montées, plus douces, alternent avec les replats et descentes.
De chaque côté le spectacle fabuleux de quelques sommets enneigés. Déjà arrive la pause repas, là, au haut.
Goût incomparable des victuailles frugales montées à dos d’homme dans le sac qui tire un peu sur les épaules et fait jaillir au bas du dos une transpiration séchant presque aussitôt. Aujourd’hui,  le luxe d’avoir monté un mini thermos de café.
Le silence est quasi absolu, hormis le cri d’alarme d’une marmotte qui bientôt s’habituera à notre présence quasi immobile. Bourdonnement des insectes butinant les petites fleurs d’été. Soudain, trouant le silence, le bonjour d’un randonneur sur le sentier creusant une mince tranchée brune dans l’alpage. Je lève les yeux : dans le bleu au dessus des sommets, couronnés çà et là de gros nuages blancs cotonneux, le lent ballet de quatre ailes volantes tournoyant et se croisant dans les courants ascendants. Leurs ombres immenses courent sur les vallons.
Je quitte ma feuille du regard, interrompu par le pas lourd de deux marcheurs sur le sentier ainsi que par le cliquetis des bâtons de marche du premier. Déjà ils sont passés et gravissent la proche montée.
Il va être treize heures ; le vent est doux et chaud. Quelques oiseaux piaillent, seuls sons troublant à nouveau le calme total. Mais est-ce bien un trouble ?
À ces hauteurs le tapis vert est majoritairement parsemé des taches jaunes des boutons- d’or d’où émergent parfois de tendres petits bouquets bleutés : du myosotis. Il tranche avec le bleu très sombre des gentianes qu’on trouve plus bas se mariant au rose des rhododendrons.
Le myosotis, en allemand Vergissmeinnicht – Ne m’oublie pas. Quatre ans déjà que, par un empoisonnement médicamenteux, j’étais empêché de goûter cela et aujourd’hui, à nouveau, le bonheur ! Merci la vie.