Pensées au fil de la plume, entre deux dédicaces

Auteur d’une quinzaine de livres déjà, il se demandait pour l’heure d’où venait ( pour lui ? ) l’envie d’écrire.

Était un simple désir narcissique ? À soixante-treize ans et plus de de vingt-trois ans de confrontation avec le monde de l’édition, il pensait ne plus en être là. Envie de dire le monde peut-être de dire UN monde. Il sentait obscurément que cela allait au-delà de sa personne, une sorte d’objectivation de la pensée qui la rendait éternelle en quelque sorte, inaccessible à toute vicissitude, un bloc pérenne dont il ne percevait pas l’utilité, si tant est qu’il en ait une.

Pour lui cependant, c’était une nécessité, un acte qui donnait sens à sa propre existence ; Contradiction ? Retour à soi en voulant en sortir ? Rien n’était clair et pourtant… il écrivait ces lignes. Lire la suite « Pensées au fil de la plume, entre deux dédicaces »

De l’édition des auteurs peu connus, méconnus

(image pixabay Marisa_Sias)

Une opinion assez largement partagée

« De manière générale, on estime que les chances de publication (pour un manuscrit potable) chez un micro éditeur oscillent entre 15-20%, sont de 5% chez un petit éditeur, de 1% chez un éditeur moyen et de 0.1% chez un grand éditeur. Bien sûr, on parle ici du circuit traditionnel (via la soumission traditionnelle). »

Considérant qu’en général seules les deux dernières catégories ont véritablement les moyens d’assurer une diffusion en librairie er de faire connaître leurs auteurs, l’auteur candidat à l’édition se retrouve quasiment face à un mur, un monde extrêmement difficilement pénétrable (0,1 à 1 % de chances). Lire la suite « De l’édition des auteurs peu connus, méconnus »

Dura lex sed lex

Dura lex sed lex

(image pixabay Ezequiel_octaviano)

Un brin de méditation : mes soixante-treize ans sont révolus depuis quelques mois et j’ai envie de m’attarder sur ce fait, un peu stupéfait, sans amertume. Lire la suite « Dura lex sed lex »

Une promesse- Sorj Chalendon (note de lecture)

 

 

Résumé : « Nous sommes en Mayenne, une maison à l’orée d’un village. Tout est silencieux, les volets fermés et la porte close. Nuit et jour pourtant, sept amis en franchissent le seuil. Les uns après les autres, chacun son tour et chacun sa tâche. S’accomplit ainsi (un) serment …
Voici l’histoire d’un mystère et d’une fraternité. »

L’auteur : « Sorj Chalandon est un écrivain et journaliste français. Après avoir travaillé trente-quatre ans à Libération, il est aujourd’hui membre de la rédaction du Canard enchaîné. Lire la suite « Une promesse- Sorj Chalendon (note de lecture) »

Mon interview d’auteur pour le blog d’Anne-Laure Bayley (août 2022)

( le blog D’Anne-Laure : https://annelaurebailey.com/blog/ )

Portraits d’auteurs : Claude Colson

Aujourd’hui, nous rencontrons Claude Colson, auteur de 14 ouvrages. Édité par deux petits éditeurs belges, 3 petits éditeurs français et en autoédition, il revient pour nous sur le paysage éditorialiste actuel. Et si vous êtes adepte des dédicaces, ne manquez pas ses conseils !

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis l’auteur Claude Colson, homme, quasi 73 ans. J’étais professeur agrégé d’allemand en lycée, aujourd’hui à la retraite, plus exactement fonctionnaire pensionné. Je suis natif ch’timmi, attaché à cette région, mais suis depuis 35 ans en Essonne. J’ai à ce jour 14 livres édités. 5 le sont aussi en numérique.

Pourquoi avez-vous commencé à écrire ?

Pour évacuer un trop plein de vécu, à près de 46 ans. Pour confier à l’écrit ce que je ne pouvais dire à quiconque, puis j’ai attrapé le virus de l’écriture : d’abord poésie en vers libres, puis romans courts (novellas), récits de vie, nouvelles, poésie : toujours la forme « courte », qui — selon certains — serait, avec la sensualité, ma marque de fabrique.

Comment vous est venue l’idée d’écrire votre premier roman ?

Besoin d’écrire sur l’amour fou qui m’est tombé dessus à l’heure du démon de midi. Pour des raisons de discrétion, j’ai choisi la narration à la troisième personne et ai alors pratiqué l’écriture « blanche », à la Duras. J’écris sans doute différemment aujourd’hui, pour partager, pour être lu et surtout pour vivre plus intensément.

Quel mode d’édition avez-vous choisi et pourquoi ?

Après m’être fait « arnaquer » une fois par un compte d’auteuriste, je me suis tourné vers un petit éditeur belge, à compte d’éditeur. Le problème des petits, c’est la quasi-absence de diffusion. Puis je suis tombé aussi sur des éditeurs peu scrupuleux, voire peu compétents. S’ils l’étaient, le gros problème est encore et toujours qu’ils n’ont très très très souvent pas les moyens de diffuser. J’ai gardé certains d’entre eux, suffisamment honnêtes, mais ai repris plusieurs titres pour les co-éditer avec une association d’auteurs, avec comité de lecture, auto-édition assistée (pour le moment et depuis deux ans, elle ne prend plus de nouveaux auteurs). J’ai retrouvé un petit éditeur pour mon dernier récit, après 28 mois d’envoi du manuscrit, des promesses, des espoirs et des déceptions (par exemple après l’enthousiasme initial d’un grand éditeur ; le patron himself) ; la covid n’a pas aidé depuis deux ans.

Quelles sont aujourd’hui toutes vos « taches » en tant qu’auteur ?

J’ai d’abord animé un site 10 ans, puis ai choisi le blog pour permettre l’échange : claudecolson.com. J’ai participé à quelques cafés littéraires, peu, quand l’occasion se présentait ; je fais pas mal de salons du livre, mais aujourd’hui je privilégie les dédicaces en grandes surfaces généralistes où je diffuse davantage. Je ne refuse pas les interviews filmées, même si ce n’est pas là que je suis le plus à l’aise (un reste de timidité de l’enfance). Mon passé de professeur m’y aide.

Je diffuse beaucoup de textes en lecture libre sur atramenta.net.

Vous participez à des séances de dédicaces. Comment organisez-vous ces moments ?

Sur le net on trouve les salons, il faut s’y inscrire souvent 4 à 6 mois à l’avance en prenant contact avec l’organisateur par courriel. Mais peu de ces salons défraient les auteurs qui ne sont pas directement invités par l’organisation ; d’où, pas mal de frais de déplacement, à moins de rester dans sa région. J’ai 14 titres, je ne les présente plus tous, mais à chaque fois 7 ou 8 différents : je ne peux emmener plus d’une cinquantaine de livres ; en moyenne je n’en vends pas plus de 3 (de 0 à une dizaine). Je diffuse 3 ou 4 fois plus en grande surface : il faut contacter le libraire de l’hyper et négocier le pourcentage pris par lui, emmener et rapporter ses livres, à moins d’arriver à les laisser en dépôt, où ils sont un peu noyés dans la masse généralement. Pour les dédicaces, le mieux est de personnaliser en fonction du lecteur qui est devant soi. Quand je n’y arrive pas, je me rabats sur des généralités traitant du sujet du livre, agrémentées de quelques souhaits de lecture. J’ai peu dédicacé en librairie (indépendante ou Cultura : la commission prise par l’enseigne étant à mes yeux trop importante, à moins d’y aller rémunéré par l’éditeur en droits d’auteur : maigres de 6, 8 ou 10 % HT le plus souvent).

Quel(s) conseil(s) pourriez-vous donner aux auteurs qui se lancent actuellement dans l’aventure ?

Avoir de la ténacité, ne pas craquer lors des multiples refus d’éditeurs, bien étudier la ligne éditoriale de la maison d’édition, voir si elle a un distributeur et diffuseur, combien elle publie de livres par an (sur dilicom : peu étant le mieux). S’armer de patience pour attendre les réponses d’éditeur qui peuvent se faire attendre six mois, un an ou plus. Croire en ses écrits. N’aller vers le compte d’auteur qu’en connaissance de cause : on aura tout le travail de diffusion à faire, le plus souvent. C’est aussi le cas avec les petits éditeurs à compte d’éditeur, mais au moins on n’a pas payé pour avoir le livre…

Quels sont vos projets d’écriture actuellement ?

Aucun pour l’instant ; je souffle : je viens de mettre 28 mois à faire éditer un récit terminé fin janvier 2020, mon quatorzième livre.

J’écris de temps à autre une poésie, un petit texte en prose pour garder la main et pour connaître encore et encore les joies de l’écriture, d’ajouter au monde quelque chose qui n’y était pas.

Pour suivre Claude Colson c’est ici :

Fin août la mare encore (poésie)

Fin août, la mare encore

 

Des mois qu’elle m’attendait.

Soleil absent, lumière filtrée.

Tout, ce jour-ci, est tamisé ;

La voici, avec d’autres attraits.

 

Comme chaque année, en cette saison Lire la suite « Fin août la mare encore (poésie) »

Mini-suite haut-jurassienne

Mini-suite haut-jurassienne.

Dimanche :

Séjour de vacances dans une vieille ferme comtoise, près de la frontière suisse. La journée fut torride, 30°. Le soir venu, nous cherchons la fraîche, à l’ombre devant la demeure. Sur le pré : une table et quelques chaises qui invitent à ce moment de repos. Une agréable petite brise vient nous rafraîchir. Le feuilles du bouleau bruissent gaiement. Les alpages sont encore inondés d’un soleil généreux. Lire la suite « Mini-suite haut-jurassienne »

Les deux moi

Je suis en dédicaces et je regarde la couverture de mon dernier livre, sorti il y a trois semaines.

Une photographie de moi me fait face, moi à seize ans. Nous nous observons.

Je viens d’en avoir soixante-treize ; je me reconnais. Je revois les complexes de cet adolescent qui fixe l’objectif, mal assuré : je n’ai jamais aimé que l’on me photographie.

Cinquante-sept années séparent les deux moments et pourtant…

Il est là avec deux amis, un Français et un Allemand, tous trois sur un vélo à l’arrêt, pied à terre. Deux vélos de femme et un d’homme.

Le cliché a été pris au bord de la route, devant chez moi. Il est bien sûr en noir et blanc. 1965… Lire la suite « Les deux moi »

Péripéties de la sortie d’un livre au temps de la COVID « Être jeune, être ch’ti dans les années 50-60 »

Le parcours de parution de mon quatorzième livre fut difficile. J’ai fait mes premiers envois aux éditeurs fin janvier 2020, juste avant la première vague. La conjoncture était défavorable et l’évolution fut chaotique :

– un éditeur me dit très vite l’accepter, mais ne fixe aucun horizon de publication ni n’envoie de contrat.

– un autre, honnête – je précise – me demande toutefois d’acheter 20 ex, au prix public, vu la situation et le créneau très spécial du livre. ( je diffère, mais finalement ce sera une non-acceptation de ma part, ayant trouvé une autre solution )

– suivent diverses propositions plus ou moins onéreuses ; je passe. Lire la suite « Péripéties de la sortie d’un livre au temps de la COVID « Être jeune, être ch’ti dans les années 50-60 » »

« Pistaches », roman de Didier Lemoine

L’histoire : L’histoire de Marie, une jeune femme à double personnalité. Un accident handicapant l’a amené à écrire un roman. Elle ne sait pas toujours qui elle est. La Marie de sa vraie vie ou la pistache de son roman ?
Des rencontres. Des routes à suivre ou pas. Un destin à comprendre pour mieux exister. L’amour, l’amitié, la déprime et l’humour remplissent sa vie de façon désordonnée. Elle avance malgré tout, souvent guidée par son seul véritable ami.

L’auteur : Né en 1960 à La Grande Paroisse en région parisienne, Didier Lemoine est issu d’une famille bourguignonne et ne se sent vraiment chez lui qu’à Auxerre et ses alentours. Il aime la campagne depuis toujours et réside dans un village aux confins du Loiret et de la Seine-et-Marne.
Son amour pour la nature et pour les choses vraies ne l’empêche pas d’être rêveur même s’il déteste les histoires sans cohérence.
Très tôt intéressé par la musique, il écrit depuis son adolescence, d’abord des chansons, puis des histoires courtes, des articles sportifs pour des journaux locaux et enfin tout ce qui comporte des mots. À l’âge de 50 ans, il se lance dans l’écriture d’un roman. Des noctambules presque ordinaires est sorti en 2015, puis Les secrets d’Hélène en 2016.
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