Lettre vers le futur

Exercice d’écriture

Thème : vous avez vingt ans et, la tête pleine de rêves, vous écrivez une lettre à celle que vous serez devenue à soixante ans.

(temps imparti 30 minutes ; j’ai dépassé de 2) – image pixabay : mohamed_hassan

Bonjour, Élodie,

J’entreprends aujourd’hui une démarche peu banale : je vais t’écrire une lettre que j’adresserai poste restante au bureau central de Paris, sixième. Tu devras aller l’y prendre, une fois que tu auras atteint tes soixante ans.

Tu seras sans doute surprise car, en fait, c’est toi-même qui te l’envoies, un toi-même ancien, âgé de vint ans, à savoir : moi ! Nous serons sûrement très différentes l’une de l’autre et tu pourras comparer ton chemin de vie à celui que j’imagine pour toi. Lire la suite « Lettre vers le futur »

La mare un peu changée (poésie)

Une production de septembre dernier ; l’une des 71 pièces poétiques de ma collection « La mare » : ICI

La mare me regarde d’un œil voilé,

Recouverte ce matin d’une taie satinée.

Imperceptiblement, le voile avance,

S’approche de moi en une très lente danse ;

————————————— Lire la suite « La mare un peu changée (poésie) »

Au printemps des monstres- Philippe Jaenada

Le livre : (par l’auteur)

« Ce n’est pas de la tarte à résumer, cette histoire. Il faut procéder calmement. C’est une histoire vraie, comme on dit. Un garçon de onze ans est enlevé à Paris un soir du printemps 1964. Luc Taron. (Si vous préférez la découvrir dans le livre, l’histoire, ne lisez pas la suite : stop !) On retrouve son corps le lendemain dans une forêt de banlieue. Il a été assassiné sans raison apparente. Pendant plus d’un mois, un enragé inonde les médias et la police de lettres de revendication démentes, signées « L’Étrangleur » ; il adresse même aux parents de l’enfant, horrifiés, des mots ignobles, diaboliques, cruels. Il est enfin arrêté. C’est un jeune homme banal, un infirmier. Il avoue le meurtre, il est incarcéré et mis à l’écart de la société pour le reste de sa vie. Fin de l’histoire. Mais bien sûr, si c’était aussi simple, je n’aurais pas passé quatre ans à écrire ce gros machin (je ne suis pas fou). Lire la suite « Au printemps des monstres- Philippe Jaenada »

De la difficulté d’être édité ( à compte d’éditeur)

(image Schäferle, de Pixabay)

Eh oui, c’est plutôt la quadrature du cercle, même lorsque l’on a déjà été édité après acceptation d’un comité de lecture. Dans mon cas, ce sont de petites maisons d’édition : Chloé des Lys, Clément, La Rémanence, Hélène Jacob, LC, Take your Chance, Lamiroy, La p’tite Hélène, Bernardiennes. Je passe sur les escrocs, les rigolos ou les incompétents.

J’ai donc à ce jour treize livres édités et depuis 22 mois, je tente de faire éditer un quatorzième. Je n’envoie pas le manuscrit à l’aveugle, ayant des contacts avec le monde de l’édition depuis 1999 et une petite expérience.

Ce livre me plaît beaucoup car c’est un récit autobiographique, certes, mais surtout documentaire et sociologique sur la vie dans une province française ( ici le Nord-Pas de Calais) dans les années 1950 et 60 (avec de rares incursions jusqu’au tout début des années 70). Il apporterait des informations intéressantes aux générations ultérieures ( à la postérité, comme m’a dit un éditeur enthousiaste). Lire la suite « De la difficulté d’être édité ( à compte d’éditeur) »

Mare en novembre, à la vêprée

 

(Texte de 2014)

En cette fin de journée, je descends à la mare, sans projet. Dans une heure trente, il fera nuit. Et soudain, il faut écrire. Heureusement j’ai toujours sur moi le nécessaire.

Il est là, en majesté, l’automne.

La surface est presque entièrement couverte d’un tapis de feuilles dorées, tout comme le surplomb du petit belvédère en bois vermoulu, dont des barrières interdisent l’accès. Doucement, il agonise.

Tranquilles, les colverts nagent lentement. L’un d’eux fait le poirier, en quête de nourriture pendant que d’autres mâles promènent la superbe de leur tête aux reflets irisés.

Des corbeaux croassent, tandis que retentissent dans le lointain les détonations-menaces de chasseurs.

Plus de soleil, à cette heure : lever les yeux, voir la merveille de cette féerie de jaunes et teintes ambrées. Bonheur.

Le jour décline et l’eau, peu profonde, est sombre. Entourée de toute cette magnificence, elle a des reflets roux, rétroéclairée par les feuillages immergés qui tapissent son lit.

Dommage qu’à ce moment je sois seul en ce lieu pour admirer tant de beauté.

Anecdote en séance de dédicaces

Dernièrement, j’essayais d’intéresser les clients d’un hypermarché à mes écrits. J’avise à un moment un homme qui observe attentivement mes livres d’un peu loin. Air effacé et allure sympathique.

Je l’interpelle et il s’approche ; d’emblée il me déclare être scientifique et ne pas lire de livres de littérature. Mais il est curieux et s’intéresse à chacun de mes treize livres, de sorte que s’ensuit une discussion intéressante sur leur contenu,, l’écriture, d’ autre sujets etc.

Au moment de s’éloigner, il réitère, désolé, sa non-lecture de ce type de textes (romans courts, nouvelles, poésie, récits vécus). Contrairement à mon habitude et sentant le terrain « fragile », j’ose insister d’un « Même pas une petite nouvelle à 4 euros pour découvrir mon écriture et me faire plaisir ? » Lire la suite « Anecdote en séance de dédicaces »

Historiette : un contretemps

(contrainte de rédaction : 20 minutes) 

Raphaël venait ce week-end-là à Reims pour y disputer le tournoi de tennis local. Une compétition sans prétention, eu égard à son niveau de joueur haut classé, mais c’est dans cette ville que demeurait sa compagne du moment, Myriam, que ses obligations lui laissaient peu voir. Il avait rencontré cette jolie brunette l’été précédent et depuis, sentimentalement, il faisait avec elle un bout de chemin, chemin trop court à son gré, par la force des choses.

Tout commença au début de ce voyage. Il avait loué une voiture et, parti très tôt, il traversait une forêt au bout de deux heures de trajet, lorsqu’il rata un virage. Son véhicule s’écrasa contre un arbre ; distrait, il n’avait pas mis sa ceinture de sécurité et il fut éjecté, perdant connaissance quelques instants. On était en automne, le sol était humide. Quand il reprit conscience, il sentit comme un gratouillis Lire la suite « Historiette : un contretemps »

L’archipel du chien – Philippe Claudel

26 août

Je viens de terminer la lecture de L’Archipel du Chien, de Philippe Claudel, paru chez Stock en 2018 (Prix Choix des libraires)

Lisez-le, si ce n’est déjà fait; on en sort secoué : c’est un livre magnifique et terrible; oui, terrible, je ne trouve pas de meilleur mot.

Il met des mots, lui, sur sur ce que nous savons et préférons souvent ne pas voir, à savoir la noirceur de la nature humaine; le doigt là où ça fait mal.

C’est une parabole qui traite d’une l’actualité brûlante ; un peu comme une grande fable qui nous fait du bien et du mal à la fois.

L’écriture est splendide et précise, c’est du Philippe Claudel, rien de nouveau, mais du plaisir à à nouveau le constater.

Pour la petite, toute petite histoire : j’ai découvert cet auteur dès 1999 à la sortie de son premier livre et roman “Meuse l’oubli”, grâce à un article du Monde des livres, et j’avais adoré. J’ai suivi les livres de cet auteur un bon bout de temps . En 2003 ou 2004, je pense, après la lecture de “Les âmes grises”, je lui ai adressé un petit mot d’admiration. Pour vous dire l’humilité de l’homme : il m’a répondu sur un carton manuscrit, alors que déjà connu et prix Renaudot. J’ai, bien après et après avoir lu d’autres de ses livres, un peu négligé cet auteur ; je suis heureux de l’avoir retrouvé avec cet Archipel.

Un écrivain lambda en dédicaces

Souvenir d’un jour de juin.

Pour l’auteur en dédicaces, c’est le yoyo : un jour les lecteurs passant par là se pressent pour le découvrir ( enfin, pour moi cela peut faire une vingtaine de ventes en huit ou neuf heures), un autre ils l’ignorent totalement.

Ce jour-ci, c’est le second cas de figure malgré mes efforts pour engager la conversation : depuis trois heures sur le stand ce matin j’ai parlé à une seule personne, qui n’a pas acheté de livre.

Il est vrai que le magasin est particulièrement désert aujourd’hui. Il est vrai que c’est un hypermarché standard, non exclusivement consacré aux produits dits culturels. Lire la suite « Un écrivain lambda en dédicaces »

Willy, dix ans plus tard

Un texte du 13 août dernier :

 

Willy, dix ans plus tard

 

Nous étions de “la classe”,

Nés tous deux en 49.

Tu fêterais aujourd’hui tes soixante-douze printemps,

S’il y a dix ans tu n’étais parti,

Comme tu l’as alors choisi. Lire la suite « Willy, dix ans plus tard »