Mare en novembre, à la vêprée

 

(Texte de 2014)

En cette fin de journée, je descends à la mare, sans projet. Dans une heure trente, il fera nuit. Et soudain, il faut écrire. Heureusement j’ai toujours sur moi le nécessaire.

Il est là, en majesté, l’automne.

La surface est presque entièrement couverte d’un tapis de feuilles dorées, tout comme le surplomb du petit belvédère en bois vermoulu, dont des barrières interdisent l’accès. Doucement, il agonise.

Tranquilles, les colverts nagent lentement. L’un d’eux fait le poirier, en quête de nourriture pendant que d’autres mâles promènent la superbe de leur tête aux reflets irisés.

Des corbeaux croassent, tandis que retentissent dans le lointain les détonations-menaces de chasseurs.

Plus de soleil, à cette heure : lever les yeux, voir la merveille de cette féerie de jaunes et teintes ambrées. Bonheur.

Le jour décline et l’eau, peu profonde, est sombre. Entourée de toute cette magnificence, elle a des reflets roux, rétroéclairée par les feuillages immergés qui tapissent son lit.

Dommage qu’à ce moment je sois seul en ce lieu pour admirer tant de beauté.

Rando dans les Alpes

Samedi 24 juillet 2021.

Départ de la station pour une balade au haut. Montée par le télésiège, puis une heure trente à crapahuter, au final, par le sentier des crêtes pour parvenir à la croix et pointe de l’Ouillon, à 2431 mètres.

Le vent se déchaîne et vous glace malgré le soleil intense ; pull et coupe-vent sont de rigueur.

Devoir rattraper le chapeau qui, malgré le cordon d’attache serré au maximum, s’envole à tout bout de champ, laissant ses rebords se rabattre violemment sur votre visage.

Fatigue ; il faut tenir, dans les derniers raidillons.

Enfin la Croix marquant le sommet vous accueille et vous permet de souffler un peu. Lire la suite « Rando dans les Alpes »

Claude Colson : un treizième livre.

Ce vendredi 16 juillet est le jour de la parution officielle de ma deuxième nouvelle isolée (après Chronique d’un amour fou sorti il y a deux ans aux éditions Bernardiennes – 8000 mots).

Ce sont cette fois les éditions Lamiroy (B) qui publient aujourd’hui L’acte d’Elsa, dans leur collection Opuscule.

Comme nombre d’entre vous savent, j’écris dans plusieurs genres littéraires : poésie, roman court, nouvelle, récit de vie.

L’acte d’Elsa était à l’origine un texte beaucoup plus court encore (le court, toujours le court, qui reste ma marque de fabrique, avec peut-être la sensualité, du moins m’a-t-on dit un jour). J’ai dû l’étoffer pour me conformer aux exigences de la maison d’édition (5000 mots), tout en gardant – bien entendu – le cœur de l’histoire. Lire la suite « Claude Colson : un treizième livre. »

Balade matinale au lac

Balade matinale au lac

9h30. Le lac s’éveille. Ce ne sont que criaillements d’oiseaux.

Malgré le soleil encore faible de cette fin d’aout, il règne une

agréable fraîcheur.

Impression de début du monde ou tout est possible.

Les cris d’oiseaux sont très divers, tout comme leur faune en

ce lieu.

Sur une minuscule plage enserrée dans les arbres, un

troupeau de canards paresse tout en bougeant sans cesse Lire la suite « Balade matinale au lac »

Lac en courroux passager (poésie)

 

   Un poème extrait de mon recueil « D’eau et vie », paru en février 2020 aux éditions LC.

Jour d’été sans soleil,

Le lac est gris ;

La joie l’a fui.

Le vent pousse vers moi des vaguelettes

Les ridules parallèles ; masse imposante Lire la suite « Lac en courroux passager (poésie) »

La mare en habit de fête

   Voici la cinquante-neuvième pièce que je consacre à cette mare, source inépuisable de mon inspiration.

Ces textes sont essentiellement poétiques , mais il s’y glisse quelques textes en prose; Vous pouvez retrouver l’ensemble ici (les plus récents cités en premier) : https://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913

Novembre. À cette heure

Tu es mare en splendeur. Lire la suite « La mare en habit de fête »

Mare de fin août (poésie)

dav

Pause en retour de balade.

Mare de fin août

À l’air bien doux,

Tu guérirais toute âme malade.

 

Pour moi il n’en est rien.

Reste ce lieu serein,

Tout y est quiet

Même famille canards n’a bougé

À mon passage, à un mètre, sur le sentier. Lire la suite « Mare de fin août (poésie) »

TERRE DE VOLCANS

 

   Voir, une fois encore, ce paysage aimé, une vaste étendue solitaire bordée de quelques maisons en pierre volcanique, aux toits de lauzes, bonheur !
Devant ces prairies d’alpage légèrement vallonnées d’où émerge çà et là le gris de quelques rochers bruts, le chaume est orné par endroits de timides fleurs sauvages que le vent vif courbe sans égards.
Au loin, fière et hiératique, se dresse l’imposante chaîne des Puys.
On est en juillet et, à ces hauteurs, il ne fait pas plus de 12 degrés. Venant de plus bas, je portais des vêtements d’été et ici je grelotterais presque. Mais la beauté de ce paysage m’attire irrésistiblement hors de la voiture. Il faut parcourir ce sol pour se sentir soi-même une part de cette nature qui incite à la modestie, celle qui vous envahit devant le grandiose, ce qui était là avant vous et subsistera bien après.
Comme toujours, la montagne a sur moi cet effet magique qui me met « en accord » et me tire un sourire de béatitude.
Si c’était ça, le bonheur, dans toute sa simplicité ?

La mare d’avril (poésie)

Un poème écrit l’an dernier, en avril… Puisse l’embellie pressentie se produire !

 

Contraste entre les bancs de tulipes inflorés

Et mare d’avril, comme dépouillée,

Largement couverte d’une croûte marron

Qu’identifier on ne sait : feuilles mortes, algues ou chatons.

L’eau a le tout imbibé

En bouillie saumâtre indifférenciée.

——————————

Effrayés, les canards ont fui ;

Même la cascatelle semble tarie…

Eh non, elle hoquette seulement son débit.

L’atmosphère est en point d’interrogation,

L’air ambiant agresse, vaguement nauséabond.

———————————————–

Oh à peine, le lieu reste paisible ;

Aux ramilles les oiseaux chantent printemps.

Une brise fraîche rappelle cependant

Qu’avril précède l’été-cœur de cible.

——————————————–

Le soleil perce les nuages fugaces

Qui roulent gris quelques menaces.

Mais même en laideur relative

L’endroit garde mon attirance vive.

La mare, pour Bruno. (poésie)

Bruno Krol, un ami auteur de talent, peintre et poète, nous a subitement quittés. J’ai eu le bonheur de le rencontrer une fois. Je n’ai pu que lui consacrer la 54 ième pièce de ma collection « La Mare », sur atramenta.net ( ici https://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913?page=1&start=0%20ICI)

La Mare, pour Bruno.

Tu es parti, l’ami,

Tu ne liras plus ces mots,

Mais la mare ne t’oublie

Et te salue, là-haut.

 

Elle s’est vêtue d’octobre,

Sa lumière est ternie.

Sur son bord, étonnant,

À mon approche à pas lent,

Majestueux, surprenant, Lire la suite « La mare, pour Bruno. (poésie) »