(103 ième pièce poétique de ma collection La Mare, sur atramenta.net)
La mare sous 27°
11 heures ; chaud, ce matin.
Pas un souffle, pas un brin, Lire la suite « la mare sous 27 dégrés »
(103 ième pièce poétique de ma collection La Mare, sur atramenta.net)
11 heures ; chaud, ce matin.
Pas un souffle, pas un brin, Lire la suite « la mare sous 27 dégrés »

Repris, cet après-midi, le train oublié.
RER bien entendu, pas Eurostar.
Des progrès, à l’aller : voiture climatisée,
De très loin elle se prendrait pour une star.
Mais par vingt degrés, le confort est très moyen.
Il ne faut pas rêver ; progrès à petit train.
Au retour, en revanche, c’est le train ancien :
Pas de clim, heure plus avancée, wagon déjà bien plein, Lire la suite « Fol espoir en train (poésie) »

À l’entame de la seconde décade
De mars, le chemin vers la mare.
Disparus les crocus et leur mauve peu fade,
Bonjour les narcisses au jaune fort fanfare.
La fraîcheur intense encore en cette fin matin
Sait qu’elle livre ses derniers combats.
Les oiseaux pépient avec entrain
Contre un hiver qui faiblement se bat.
La mare enfin livre ses eaux calmes
À son fidèle amant quasi ébloui
Par sa beauté que griffent ici canards de leurs palmes,
S’agitant un peu au sortir du repos de la nuit.
Une corneille noire s’en est venue
Grapiller les miettes généreusement jetées
Par un promeneur ici égaré,
Partageant avec moi cette petite immensité.
Avant, apaisé, de m’en retourner,
J’admire toujours le manteau tacheté
Que ma mare, ce jour, revêt,
Manteau de pollens et de lichens fait,
Pour m’offrir une symphonie en vert
Qui de l’espoir annonce l’ère.
D’ailleurs, à mon départ, le soleil revenu
D’un coquin clin d’œil me salue.


Centième texte poétique consacré à ma mare (collection La Mare, sur atramenta.net)

30 décembre 2024, 10 h 30
À nouveau la table d’écriture dans mon abri de vacances. De ma fenêtre du quatrième étage, je distingue nettement les pentes volcaniques aux terres brûlées, toute végétation roussie par le dernier automne, telles un tertre jauni, dominé comme toujours par les trois montagnes : la banne d’ Ordanche, le Tenon, le Puy Gros. Tout à leur sommet, se détachant sur l’azur, un trait blanc, continu, sur fond marronnė : une crête neigeuse, restes des chutes abondantes de la semaine dernière.
Au bas des pentes, inondée d’un soleil d’hiver vif et orangė, la ville, La Bourboule, la charmante, avec ses constructions néo-romanes en pierre beige pâle réfléchissant la lumière presque aveuglante, ses forêts de cheminées dentelées, rouges, sur le fond gris ardoise des toits du même matériau.
Tout cela a un charme légèrement désuet qui m’apaise l’âme.
Vous devriez venir découvrir ce trésor, mais – de grâce – pas trop nombreux, pas trop longtemps.
Laissons-le, pour bonne part, aux Initiés !

99 ième poème consacré à cette mare (sur atramenta.net, ma collection La Mare)
La mare en manteau de roi
La mare est là, fascinante.
Elle étale sa splendeur, sans opprobre
Ni rien qui la rende indécente.

Retrouvé, mon petit logis en montagne. Joie de revoir la Banne d’Ordanche, le Puy Gros et le Tenon, vassaux du Puy de Sancy (1886m) dans la lumière orangée de ce soir. À 18 heures, les pentes arborées et herbues déclinent à l’envi leur oratorio de roux, dégageant une impression de paix.
De ce 4 ième étage, la vue est imprenable.
À moins d’un mètre de moi, ma superbe vieille chatte tricolore étale, dans sa somnolence, ses accords blancs, noirs et roux en écho au spectacle qu’offre la nature à qui sait la regarder.
Ici « tout est ordre et beauté, luxe (immatériel), calme et volupté », comme l’écrivait Baudelaire, Charles, le Grand, dans son Invitation au voyage.
Dans mon cas, c’est un voyage immobile, une pensée volante, un bonheur rare. Quelques minutes plus tard la lumière a changé, l’or du soir n’illumine plus que deux des trois sommets, tandis que le dernier, couché en son ombre, invite ses deux collègues à aller, eux aussi, au repos.
Je lève les yeux : oh, l’un d’eux l’a déjà fait ! Le troisième résiste encore.
Pour peu de temps.
(Photo, mais le matin)


Vacances finies, je retrouve ma mare
Quasi inchangée, mais sans crier gare,
Automne avance ses pions ;
C’est rosée sur l’herbe à son accès
Et aux arbres feuillage à foison.
Il n’est pas 9 h 30,
Nul trouble le lieu ne hante,
Calme absolu, hors sur l’eau cancanements,
Dans les airs pépiements.
Aux saules, les feuilles ont roussi
Et subrepticement l’on vieillit aussi.
Solitude complète, propice à la méditation
Sur la vie qui s’en va, comme à reculons.
Mais rien n’est triste,
C’est la loi, qui tous nous soumet,
Sans crainte ni regret
Calme, longtemps encore profiter
Car de cet endroit naît l’acceptation
Du sort à tous réservé, sans exception.
L’horloge a déjà passé sept tours et demi,
Il est toujours temps de songer au sens de la vie.