Une rencontre mémorable (récit)

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Juillet 2015. Nous avons traîné ce matin et il est déjà 9 heures quand nous sommes enfin prêts pour cette randonnée prévue, dans les Vosges. Nous décidons d’en choisir une relativement courte, trois heures trente environ.

Un saut en voiture pour gagner le point de départ de cette promenade répertoriée et c’est parti pour la balade ! La chaleur des derniers jours s’est heureusement atténuée et mon amie et moi apprécions de traverser ces chemins tantôt à découvert, longeant des prairies, ou s’enfonçant ensuite, bien vite, dans la forêt dense. Le chemin est parfaitement balisé et nous avançons vaillamment, heureux de sentir la marche régulière désengourdir nos muscles du repos de la nuit. Malgré les randos quasi journalières durant ces vacances, il faut chaque jour reprendre le rythme. Le pas du randonneur est particulier : ni trop rapide ni trop lent mais surtout cadencé. On évite la fatigue à ce prix. Lire la suite « Une rencontre mémorable (récit) »

Jour de grâce (poésie)

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JOUR DE GRÂCE

 

Aux marches de l’été,
Au point de cette journée
Mutin le soleil
Invite au gai lever.

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Malle sanglante (historiette)

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(texte à contraintes : employer les termes gadoue, rectangle, buvard, cantique, coquille, olé, serpentin)

Pierre Truzimu marchait là, au beau milieu du champ, dans la gadoue qui çà et là giclait de dessous ses chaussures de ville pour venir atterrir mollement avec un petit

« slasschhh » sur ses bas de pantalon au pli impeccable.

 Olé, ça va barder ce soir, avec ma virago, merde ! Pourvu qu’elle soit d’humeur, sinon elle va me chanter un de ces cantiques !!

Pierre était un aficionado…

  Il atteignit enfin le tertre que Froissard, son associé, lui avait décrit et ne fut pas long à découvrir l’espèce de trou qui se trouvait là, au pied des trois chênes. Un morceau de métal vert y luisait d’un éclat mat au travers du rectangle minuscule de ce qui paraissait être l’ouverture d’une cachette très bien dissimulée.

Un frisson d’excitation mêlée de peur le parcourut quand il réussit à y introduire la main. Il palpa précautionneusement de droite et de gauche et finit par trouver, vers le bas, une sorte d’anneau. Doucement il le tira et cela libéra un panneau qu’il n’avait pas remarqué, au sol, parfaitement recouvert de mousses et de terre.

Au fond de la  planque, la malle dont Froisard lui avait parlé.

Il sentit la sueur lui descendre dans le dos.

Il tendit la main. La cantine n’était même pas cadenassée. Avec crainte il bascula le couvercle et ne trouva qu’un buvard. Un peu remis, il souleva le dessus. Dedans, une lettre cachetée à la cire.

 Voilà bien des mystères , se dit-il,  complètement rassuré à présent.

Froissard et lui étaient détectives associés et depuis un mois ils travaillaient pour le compte d’un homme qui leur avait demandé de filer sa femme dont le comportement lui semblait étrange.

Froissard l’avait vue, par une nuit claire de nouvelle lune, venir jusqu’à ce lieu et s’activer près de la cachette. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien tramer ?

Fébrile, il décacheta la lettre.

« Bande de pooucs (sûrement une coquille !) J’ai deviné votre manège depuis des semaines. Allez donc vous faire voir chez les grecs ! »

   À demi groggy, il se redressa lentement et s’éloigna d’un pas serpentin, tentant de se consoler d’un : Allez, mon Pierrot, tu en verras d’autres.

   Mais qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir dire à son client qu’il avait jour après jour tenu au courant des progrès de ses démarches ?

RER surchauffé (poésie)

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Un texte poétique sur les voyages en train de banlieue, que – comme beaucoup d’autres de mes productions – vous pourriez retrouver sur atramenta. net  http://www.atramenta.net/authors/claude-colson-alias-jean-claude-collau/1578/publications/

 

RER surchauffé

 

Semblable à mon passé,

Ce train de juin retrouvé.

Touffeur déjà malgré l’heure matinale

En ce lieu que rien ne ventile.

Je coiffe  chapeau, accessoire utile

Même si l’image est peu banale.

 

Qu’importe il me fraîchit la tête

Face au soleil déjà en fête.

Ainsi paré je puis à nouveau apprécier

Ce que m’offre le train, compagnon tant d’années. Lire la suite « RER surchauffé (poésie) »

Les Mains (poème primé)

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Voici l’un de mes poèmes fétiches.

 

 

 

 

LES MAINS

Hiver,
Dans le train deux amants, privés, clandestins.
De suite deux mains se dévêtent, s’étreignent, puis – plus calmes – se frôlent,
L’une découvrant l’autre, appliquées, étonnées de sentir
L’arête d’un ongle ou le contour d’un doigt.
Doigts qui tous s’écartent pour jouir d’une douceur pénétrée, pénétrante ;
Une paume reçoit le friselis d’une caresse, tandis qu’elle se love contre l’autre,
Surprise d’être deux.

Et pendant que le train file,
Elles incantent, fragiles,
La permanence de l’unité,
L’ivresse du désir.

 

Écrit à la fin du siècle dernier, 🙂  , édité en 2002, réédité dans Saisons d’une passion, éditions Chloé des Lys- 2009,  ce poème en prose a obtenu le premier prix du jury du concours organisé à Ath (B) par la Bibliothèque Jean de la Fontaine , à l’occasion du printemps des poètes 2012.

Le regard (poésie)

Bientôt l’automne approche ;

Le froid va durcir les roches.                                        2013-07-19 été 2013 vosges 001

Mais la nature s’offre un répit,

La rivière coule encore en son lit.

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Le jour vient de poindre,

C’est la paix alentour.

Le pays, beau, comme à peindre,

Dort toujours son sommeil lourd.

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Chaud-froid de canards (poésie)

Canard colvert

Ce poème « aux colverts » est le seizième élément d’une série (collection) intitulée  » La mare », en lecture libre sur atramenta.net          http://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913

CHAUD-FROID DE CANARDS

 

À l’orée du printemps,

Légèrement à l’abri d’un pourtour arboré,

La mare un peu se détend.

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Elle cache, vergogneuse,

Sa surface marron, vert profond

Qui parfois stagne, encore hideuse,

Reste du temps où l’hiver se morfond.

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Le soleil fugitif fait alterner les saisons.

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Il reparaît et, enjoué, le vent-compagnon

Pousse sur l’eau ses risées, en vaguelettes,

Lui donnant pour peu un joyeux air de fête.

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À nouveau il fuit, hésitant.

Le froid revient un instant,

Me chasse, mécontent.

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Mais voilà qui n’émeut guère,

Côte à côte, magnifiques, de beauté imposants,

Hiératiques, en leur royaume bien régnant,

Monsieur et Madam’ Colvert,

« VITA FUGIT »

VITA FUGIT

( à M.-J.)

Toi, la parente

Que la vie m’a apportée

Telle une farce, le premier avril

Et qu’ insouciante, insolente,

Elle m’a laissée presque une année.

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Toi que la vie a mise quasi en exil

Par maladie et souffrance,

Toi, un peu côtoyée en enfance

Puis retrouvée, des lustres et lustres après,

Toi, bien loin, alors par deux fois rencontrée,

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Comme prévu, hélas, t’en es allée

Bien jeune, emportant la part de secret

Qu’avec moi tu cherchais à comprendre.

Toi, l’Inattendue, la Donnée, la Rendue,

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Je pense, en ce jour malheureux, à tes cendres.

La mare s’éveille (poésie)

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LA MARE S’ÉVEILLE

Mi-mars n’est plus très loin.

La mare se déraidit.

La caresse frileuse d’un soleil nain

Tend à lui faire oublier le frimas de la nuit.

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Il est quinze heures. Une petite chaleur

Surchauffe la tête, qui se casque,

Tandis que la bise, sans peur,

Glace le corps fuyant le vent-bourrasque.

——————————————– Lire la suite « La mare s’éveille (poésie) »

Femme(s) – [poèmes]

 

femme silhouette

 

 

 

 

 

FEMMES

Je te regarde , femme, et le rêve commence,
Tu inclines la tête, mutine et moi grave et sérieux, à l’orée du mystère, sans doute l’air idiot.
Un sourire se lève aux prunelles de tes yeux et j’en reste ballot.

C’est la grâce qui affleure,
irruption de piété devant les pastels de tes fards,
mise en scène de ton insondable beauté.

FEMME

Femme, tu me fais fantasmer,
Fleur de fantasmagorie,
Fureur de florilèges d’effets.
Fixer ton faciès finement effilé fascine,
Fards affleurant en faisceaux face-informant :
Mascara finissant d’enfiévrer un regard-phare,
Ombre à paupières diffusant fil de mystère,
Brillant fièrement lèvres fines magnifiant,
Cheveux flous enflammant désir fou.
Ma folie te fait fille de foi,
Force de fuite et Fin,
Elle affûte ma faim d’infini.

 

(thème : femmes, (d’autres de mes
poèmes du genre sur atramenta.net))