Malle sanglante (historiette)

MALLE (289x319)

(texte à contraintes : employer les termes gadoue, rectangle, buvard, cantique, coquille, olé, serpentin)

Pierre Truzimu marchait là, au beau milieu du champ, dans la gadoue qui çà et là giclait de dessous ses chaussures de ville pour venir atterrir mollement avec un petit

« slasschhh » sur ses bas de pantalon au pli impeccable.

 Olé, ça va barder ce soir, avec ma virago, merde ! Pourvu qu’elle soit d’humeur, sinon elle va me chanter un de ces cantiques !!

Pierre était un aficionado…

  Il atteignit enfin le tertre que Froissard, son associé, lui avait décrit et ne fut pas long à découvrir l’espèce de trou qui se trouvait là, au pied des trois chênes. Un morceau de métal vert y luisait d’un éclat mat au travers du rectangle minuscule de ce qui paraissait être l’ouverture d’une cachette très bien dissimulée.

Un frisson d’excitation mêlée de peur le parcourut quand il réussit à y introduire la main. Il palpa précautionneusement de droite et de gauche et finit par trouver, vers le bas, une sorte d’anneau. Doucement il le tira et cela libéra un panneau qu’il n’avait pas remarqué, au sol, parfaitement recouvert de mousses et de terre.

Au fond de la  planque, la malle dont Froisard lui avait parlé.

Il sentit la sueur lui descendre dans le dos.

Il tendit la main. La cantine n’était même pas cadenassée. Avec crainte il bascula le couvercle et ne trouva qu’un buvard. Un peu remis, il souleva le dessus. Dedans, une lettre cachetée à la cire.

 Voilà bien des mystères , se dit-il,  complètement rassuré à présent.

Froissard et lui étaient détectives associés et depuis un mois ils travaillaient pour le compte d’un homme qui leur avait demandé de filer sa femme dont le comportement lui semblait étrange.

Froissard l’avait vue, par une nuit claire de nouvelle lune, venir jusqu’à ce lieu et s’activer près de la cachette. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien tramer ?

Fébrile, il décacheta la lettre.

« Bande de pooucs (sûrement une coquille !) J’ai deviné votre manège depuis des semaines. Allez donc vous faire voir chez les grecs ! »

   À demi groggy, il se redressa lentement et s’éloigna d’un pas serpentin, tentant de se consoler d’un : Allez, mon Pierrot, tu en verras d’autres.

   Mais qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir dire à son client qu’il avait jour après jour tenu au courant des progrès de ses démarches ?

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