Lac dénaturé (poésie)

2016-01-21 lac janvier 2016 005

Lac dénaturé

Dans le froid âpre de cette fin-janvier

Mon lac resplendit au soleil pâle de mi-journée.

La glace l’enserre,

Uniforme manteau blanchâtre

Formant joli désert grisâtre.

Seul, perdu, le regard y erre. Lire la suite « Lac dénaturé (poésie) »

Tempus fugit (poésie)

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Paradoxe du temps,
À la fois rapide et lent.
Temps de l’enfance
Ou temps d’adolescence
Qui, lui, attend
Le temps d’être grand :
Temps impatient.

Temps de l’adulte,
Temps de la lutte.
Il va, il stagne et puis s’empile :
Temps immobile.

Temps de l’homme mûr,
Lente brisure.
Il s’insinue mais encore dure :
Temps de fêlure.

Temps vieillissant
Au crépuscule :
Il ne t’attend,
Il ne recule. Lire la suite « Tempus fugit (poésie) »

L’appartement (mini-nouvelle)

appartement

 

Désoeuvrée, elle s’approcha du balcon puis rentra  à l’intérieur de l’appartement.

 
Il n’était que 10 heures en ce  matin estival et le soleil cognait déjà bien fort par dessus la montagne. Elle resta là, assise devant la baie vitrée, contemplant le calme absolu de ce dimanche. D’où elle se trouvait, elle ne pouvait voir le bas des pentes et donc aucun humain. Étaient-ils déjà debout du reste ? On était au milieu des vacances. Les seuls mouvements perceptibles étaient ceux des hirondelles qui chassaient en bande, prenant soudain toutes ensemble des virages brusques.
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La Mare, à la Saint Martin (réflexions)

mare saint martin

(écrit avant les événements parisiens du 13 novembre). Ce texte est une des 22 pièces actuelles de ma collection « La Mare », sur le site atramenta

Elle repose et m’accueille, comme de coutume, immuable dans son indifférence comme toujours différente d’apparence.

L’air est gris, paré d’un reflet d’acier, sans éclat. Un tout petit vent frais circule ; je suis vêtu de façon bien trop limite pour pouvoir l’affronter longtemps. Le parc est pratiquement désert en cet après-midi peu engageant.

Ce jour-ci, ce n’est pas la poésie qui me vient, comme souvent en ce lieu, ce sont les souvenirs qui accourent.

Je me retourne vers les époques lointaines de mon enfance. Martin était le saint patron de mon village. Dans les années 50, nous autres gamins, enfants de chœur, devions accompagner le curé – en mini procession et en habits –  jusqu’à la chapelle qui lui est dédiée, quelques rues au-delà de l’église. Lire la suite « La Mare, à la Saint Martin (réflexions) »

la mare, près l’endormissement (poésie)

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Avant le 2 novembre, la mare songe au deuil ;

La voilà toute jonche-feuille.

C’est pourtant un deuil gai

Car jaune est la feuillée

Formant damier serré

Aux reflets mordorés.

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Au lointain sapin, le roux domine,

Seules des traînées de vert tendre l’illuminent.

L’ensemble est, lui aussi, douce beauté, Lire la suite « la mare, près l’endormissement (poésie) »

Petit voyage en train d’automne

Jeudi d’octobre comme décembre,

Le froid saisit, tout engourdit.

Suis heureux d’atteindre la voiture

Du train de banlieue qui ne reluit.

Elle coupe au moins le vent-froidure,

Se croyant presque douillette chambre.

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Ce n’est pas la nuit, pas même le jour,

Dehors alentour tout est gris.

Le ciel bas dispense l’ennui,

Guettant du beau temps le bonjour. Lire la suite « Petit voyage en train d’automne »

La neige (mini-nouvelle)

La neige tombait depuis trois jours et trois nuits. Elle étendait sur toute chose sa couverture à la fois légère et angoissante. Les bruits qui subsistaient s’en trouvaient filtrés : le crissement lent des pneus lorsque passait une rare voiture, le martèlement des coups s’élevant par intervalles de la forge voisine.

Le hameau, replié sur lui-même, était à présent injoignable par ses quatre routes d’accès. D’énormes congères barraient les chaussées et le courageux chasse-neige qui s’efforçait de passer une fois chaque jour voyait la mince voie qu’ils venait de dégager très vite à nouveau obstruée.

Le vent soufflait violemment et quiconque mettait le nez dehors était immédiatement giflé par les flocons gelés que la tempête propulsait vivement vers lui. Ils se transformaient en cristaux de givre sur les bonnets de laine ou s’accrochaient un instant aux sourcils où les premiers fondaient avant de se figer à nouveau, vite recouverts par la vague suivante. Lire la suite « La neige (mini-nouvelle) »

Comme un changement (poésie)

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L’automne, à sa lisière,

Rampe vers nous, tel une prière.

Avec ses dehors précautionneux

On le discerne encore bien peu.

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Aux clôtures des champs le roux du pampre

Nous cligne des yeux, haut sur sa hampe.

Le soleil, à cette heure, fait défaut ;

Lumière est mise sous le boisseau.

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Aux chaumes un corbeau picore les graines,

Engrange provende pour jours de haine.

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Le ciel entier est gris ouateux,

Sauf tout là-bas, au beau milieu,

Où la jolie trouée bleue,

Immense œil malicieux,

Veut comme nous rappeler…

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Qu’Été vient de nous quitter.

Lac automnal (poésie)

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Le lac ; encore en majesté.

Automne approche, et il le sait.

Le vent rebelle pousse ses risées,

Force le saule à venir l’eau caresser.

Les branches s’inclinent, plongent , frôlent,

Remontent, dansant danse saccadée.

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Bientôt 15 heures, le lieu est désert ;

Tous sont au travail occupés.

Le retraité jouit de l’heure

Pour à nouveau la beauté contempler. Lire la suite « Lac automnal (poésie) »