RER, des ans plus tard (poésie)

(Bref retour à mes amours ferroviaires qui ont donné lieu à bien des poèmes, voire textes ou livre « Saisons poétiques en train »)

RER, des ans plus tard

Paris, décembre, RER lent,

Retour banlieue, chauffage bienfaisant,

Trajet d’abord souterrain,

Normal, rien de bien.

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Approche d’Austerlitz,

Accélération, sorte de « Blitz ».

Entrevoir le jour avant station, puis BNF,

C’est pour l’œil tout bénef.

Bibliothèque enfin, fin des tunnels sans fin,

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Et la lumière d’un midi sombre

Repeint le jour sans soleil, sans ombre.

Les habitations tassées défilent,

Foncent vers moi et disparaissent

Tel jeu de quilles

Dans mains de joueurs en ivresse.

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Et puis à gauche, soudain, la Seine,

Grise ce midi, pourtant sereine,

Béton lutte encore contre Nature,

Mais bientôt ce sera l’ouverture :

Une vue plus ample, prairies boisées

Réjouissent le voyageur, jamais blasé.

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Aux bois clairsemés s’accrochent restes de feuillage d’été,

Taches jaunes sur ramures décharnées.

Juvisy, la ville revient

N’abandonne pas ce combat-galérien.

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C’étaient pourtant les dernières forces d’une civilisation vaincue.

Peu après règnent ciel, prés verts, pentes herbues

Tels un chapelet de nature dont les grains, pas bien gais,

Ont pour nom Savigny, Sainte-Geneviève, Épinay

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Est-ce un Dieu qui ainsi a voulu

L’alternance de l’Humain

Avec le Non-Humain,

Comme celle de l’ombre et de la lumière ;,

Du Mal et du Bien,

Des Réponses et des interrogations sans fin ?

(illustration pixabay : AILes)

Novembremare (poésie)

90 ième pièce poétique de ma collection « La Mare »

https://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913

 

Incidemment, matin

À la mare suis passé.

La presque pénombre du jour sans joie

Rehaussait, de toi, l’étrange beauté.

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Tu n’étais qu’or, bronze et ambre

Au feuillage jonché

Recouvrant ton pourtour et ta face,

Égayant l’obscurité obligée.

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Aux cieux, les yeux soudain levés,

La lumière a jailli,

La trouée, l’éclaircie,

Me laissant un instant

Abasourdi, ébloui,

Conquis.

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Oh, ma mare, mille fois encore, grand merci !

Le monde de l’édition pour auteur(s) peu connu(s) : retour d’expérience

Le monde de l’édition pour auteur(s) peu connu(s)

Tout auteur « ayant un peu de bouteille » (hic!) connaît la difficulté à intégrer ce milieu, son âpreté (au gain, entre autres, où l’auteur est la cinquième roue de la charrette, quasi la roue de secours, gagnant au mieux 8 à 10 % du prix du livre HT).

Pour ma part, depuis fin 2002, j’ai à ce jour — 10 novembre 2023 — pu faire éditer 14 livres, bientôt 15 en principe, chez de petits éditeurs.

J’en ai eu déjà jusqu’à 15 et en ai encore 4, j’espère prochainement 5, c’est normalement prévu. Lire la suite « Le monde de l’édition pour auteur(s) peu connu(s) : retour d’expérience »

Changer l’eau des fleurs- Valérie Perrin

Changer l’eau des fleurs, de Valérie Perrin

Je referme ce livre, le troisième d’affilée que je lis de l’auteure, et là je suis pratiquement « sonné ».

J’avais adoré « Les oubliés du_ dimanche » et aussi « Trois ».

Cette fois, je suis bluffé davantage encore. J’ai trouvé le livre époustouflant, remarquable. Je n’ai pas de mots.

L’auteure a tout simplement écrit LA VIE ! J’ai rarement lu un ouvrage d’une telle richesse et profondeur. Merci, Madame !

Le prochain que je lirai me paraître peut-être un peu fade.

Mi-septembre à la mare (poésie)

90 ième pièce poétique de ma collection « La mare »

 

Mare à nouveau par moi bien négligée

Tu es, ce jour, enfin en joie retrouvée.

Ta verte livrée un peu feuilles-jonchée

Leurre canes et canetons affamés.

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Ils criaillent, en quête de pitance,

Tournent, virent, comme sied à leur engeance.

À l’autre rive, toute proche, en déshérence le ponton

Démonté dresse encore ses piliers d’abandon.

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Naguère, jeunes mariés aimaient s’y faire photographier,

Dominant le plan, tout ceints de frondaisons.

Leurs silhouettes enlacées, virtuelles

Hantent ce lieu mémoriel

Pour m’adresser mine de salut fraternel.

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Voyez comme les amoureux de la place se lancent en confiance

D’invisibles signes de connivence.

Le soleil incendiaire des derniers jours a fui

Et c’est fraîcheur, plaisir, bonheur.

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On se plaît à ici jouir de la vie,

Retrouver la paix, l’équanimité, l’envie !

Les oubliés du dimanche – Valérie Perrin

Les oubliés du dimanche

Après le livre « Trois », qui m’avait enthousiasmé, j’ai poursuivi la découverte de l’auteure Valérie Perrin, avec ce livre. Je dois avouer que pour de très diverses raisons, je l’ai très mal lu, c’est à dire de manière très hachée, avec de longues pauses.

L’histoire étant assez compliquée, avec de nombreux personnages mêlant plusieurs familles et plusieurs plans temporels, je n’ai pas toujours tout suivi. Je bats ma coulpe : cette histoire aurait mérité de ma part une attention plus soutenue,

Ce que je peux dire, c’est que je n’ai pas abandonné cette «  lecture en mauvais mode » et que j’ai fini le livre sur les chapeaux de roues, dans la hâte de voir comment les derniers fils de l’instigue allaient se nouer.

J’ai terminé avec passion, dévorant les pages au point que je vais poursuivre ma découverte avec un autre livre de l’auteure : « Changer l’eau des fleurs »,

De grâce, si vous lisez « Les oubliés du dimanche », concentrez-vous mieux que moi et accordez à cet opus l’attention qu’il mérite.

Impressions de la mare en canicule (poésie)

La taie grise sur tes eaux

Aperçue l’autre jour

N’a pas gagné la mienne rive,

S’est cependant étendue sur le plan.

 

Ce sont pollens que vent apporte (;)

Et ils te teignent ; t’es comme morte.

Mais la vie en canetons se réfugie

Qui trouent le voile, en nage lente.

 

Pour deux dans l’eau, courageux,

Ce sont quatorze sur la berge

Qui, immobiles, contemplent les deux frères,

Accablés par chaleur déjà forte.

 

Dans l’enclos, tout près,

Enfants admirent chèvres et boucs

Et moi, au banc ombragé,

Je médite la tranquillité

D’un lieu privilégié

Qui, un jour, croisa ma route.

Salzburg

Grâce à ma compagne, me voici à nouveau à Salzburg. J’ai 74 ans et je m’étais toujours promis d’y revenir un jour.
Un immense merci à elle de m’avoir donné l’impulsion nécessaire. Les 14 heures du voyage en voiture ont été fatigantes, d’autant que momentanément la conduite m’est interdite. Elle s’est payė les 10 heures et quelque au volant.
Salzburg et moi, c’est une déjà longue histoire. ( Ce billet sera assez court car je tape tout sur mon portable. ) Nous sommes logés à 15 km du lieu. Hier on a quand même fait une visite éclair à cette ville dont je suis tombé amoureux dès 1967, avec mon copain Willy décédé en 2011, venus en stop du Nord, amoureux encore en 1973, visite avec le parrain de mon fils et quasi plus vieux copain, et visite « amoureuse encore » en 1981, avec femme et mes deux enfants de 4 et 1 an.
Là, c’était pas mal, mais trop court pour tout ressentir. Ici pour deux semaines, j’y retournerai . L’ex prof d’allemand que je suis prend un grand plaisir à rafraîchir ma pratique, sous la pression d’une nécessité naturelle. Je suis même surpris que des vocables oubliés me reviennent spontanément. Surpris c’est pas le bon mot, un peu étonné car, en fait, je m’y attendais.
Cette fois, je vais t^acher de visiter la maison natale de Mozart(1756) et le musée dédié, à l’étage inférieur. Hier je n’ai fait que passer devant, dans la Getreidegasse, rue piétonne envahie de touristes.
Néanmoins je me baladais le sourire aux lèvres.
Pour moi, c’est une ville magnifique et magique des bords de l’Autriche.
Je compte bien sûr y retourner durant ce séjour.
Si vous passez dans le coin, ne la ratez pas !

La Mare, toujours en poésie

88 ième pièce de ma collection « La Mare »

Mare en juillet délaissée

Une nécessité de marcher,

En douleur, modérée,

M’a cette fois éloigné de toi

Pour me conduire au lac de joie

Qui autrefois, un peu, m’inspira.

 

 

Bien plus vaste, énorme en regard de toi,

Il ne fait malgré tout plus le poids.

Ses eaux couvertes de pollens

M’évoquent celles que j’aime

Et que, même resserrées,

D’un regard immobile on peut embrasser.

 

Comme la tienne, toutefois,

Sa paix me fait émoi.

Comme avec toi, face à lui je médite

Cette sérénité qui tout à coup m’habite.

 

Là, c’est un héron qui rase les eaux ;

Deux cygnes blancs nagent tranquilles, en écho.

Sur un îlot des canards s’ébrouent,

Me rappellent ton île au gazon doux.

 

Tout près de lui pourtant,

Je lui suis infidèle, à mon corps défendant,

Car c’est encore à toi que je pense ;

Toi qui viens ici rompre mon silence.

 

 

Deux impressions de lecture

Deux impressions de lecture

Cher Monsieur L’éditeur – Laurent Tournesac

Résumé (Babélio) :

Pourquoi envoyer son manuscrit à des éditeurs lorsqu’on connaît les innombrables bévues que ceux-ci ont commises dans l’histoire littéraire ?
Lolita de Vladimir Nabokov : 6 refus, Harry Potter de J. K. Rowling : 12 refus, Murphy de Samuel Beckett : 42 refus, L’Affaire Jane Eyre de Jasper Fforde : 76 refus, Le Boogie des rêves perdus de James Lee Burke : 111 refus… Et que dire des échecs essuyés par Marcel Proust, Julien Gracq, George Orwell, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Jack Kerouac, John Kennedy Toole, Andreï Makine, Amélie Nothomb et tant d’autres ? L’expéditeur de cette lettre révèle à un éditeur, rencontré lors d’une soirée, pourquoi il n’enverra jamais ses manuscrits aux gens de sa profession. Il n’a aucune confiance en leur jugement !
Il rappelle dans ces pages combien l’histoire littéraire, parsemée d’embûches, recense de chefs-d’œuvre rejetés avant que la chance, le hasard ou la persévérance les sortent in extremis de l’ombre à laquelle ils semblaient condamnés.
Au-delà des anecdotes, ce correspondant tente de cerner les raisons de ces surprenantes méprises, les limites du métier d’éditeur, ses écueils… Au terme de sa réflexion, changera-t-il d’avis, fera-t-il lire ses textes malgré tout ? Ce qui est certain, c’est que cette lettre ouverte consolera tous ceux dont les tiroirs recèlent des manuscrits refusés. Peut-être est-il temps de les ressortir, de s’armer de patience, de détermination et de se battre pour eux ?

Ma lecture :

Je vois trois autres avis su amazon, positifs

Bien que concernė par le thème (lettres de refus), j’ai lu ce livre sans plaisir. La langue est parfaite, admirable même. Pour moi, le livre se présente surtout comme un étude de cas très documentée, presque scientifique. Ce côté que j’ai ressenti comme « catalogue » ne m’a pas du tout emporté. J’ai eu de plus le sentiment que la rigueur des démonstrations se voulant implacables se faisait sur un ton un peu « bel esprit », qui m’a également déplu. Mais c’est d’une belle écriture.

Trois- Valérie Perrin

Résumé (Babelio) : « Je m’appelle Virginie. Aujourd’hui, de Nina, Adrien et Etienne, seul Adrien me parle encore.
Nina me méprise. Quant à Etienne, c’est moi qui ne veux plus de lui. Pourtant, ils me fascinent depuis l’enfance. Je ne me suis jamais attachée qu’à ces trois-là. »
1986. Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer.
2017. Une voiture est découverte au fond d’un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l’événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d’enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d’amitié ?
Valérie Perrin a ce don de saisir la profondeur insoupçonnée des choses de la vie. Au fil d’une intrigue poignante et implacable, elle nous plonge au cœur de l’adolescence, du temps qui passe et nous sépare.

Ma lecture :

Moi qui ne lis quasiment jamais de « pavés », j’ai osé entamer la lecture de ces 765 pages et alors, là, j’ai été complètement séduit et j’ai foncé, foncé vers la fin, tant je voulais connaître l’issue . Je décerne un immense bravo à l’auteure car je pense que je n’avais pas eu un tel coup de cœur depuis « Réparer les vivants » de Maylis de Kérangal. Vers le milieu de l’ouvrage apparaît un personnage dont pendant près de deux cents pages je n’ai su déterminer qui c’était. Pour moi, un superbe livre J’ai déjà deux autres livres d’elle dans ma PAL.