La mare s’éveille (poésie)

ma mare 2

LA MARE S’ÉVEILLE

Mi-mars n’est plus très loin.

La mare se déraidit.

La caresse frileuse d’un soleil nain

Tend à lui faire oublier le frimas de la nuit.

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Il est quinze heures. Une petite chaleur

Surchauffe la tête, qui se casque,

Tandis que la bise, sans peur,

Glace le corps fuyant le vent-bourrasque.

——————————————– Lire la suite « La mare s’éveille (poésie) »

Femme(s) – [poèmes]

 

femme silhouette

 

 

 

 

 

FEMMES

Je te regarde , femme, et le rêve commence,
Tu inclines la tête, mutine et moi grave et sérieux, à l’orée du mystère, sans doute l’air idiot.
Un sourire se lève aux prunelles de tes yeux et j’en reste ballot.

C’est la grâce qui affleure,
irruption de piété devant les pastels de tes fards,
mise en scène de ton insondable beauté.

FEMME

Femme, tu me fais fantasmer,
Fleur de fantasmagorie,
Fureur de florilèges d’effets.
Fixer ton faciès finement effilé fascine,
Fards affleurant en faisceaux face-informant :
Mascara finissant d’enfiévrer un regard-phare,
Ombre à paupières diffusant fil de mystère,
Brillant fièrement lèvres fines magnifiant,
Cheveux flous enflammant désir fou.
Ma folie te fait fille de foi,
Force de fuite et Fin,
Elle affûte ma faim d’infini.

 

(thème : femmes, (d’autres de mes
poèmes du genre sur atramenta.net))

recueil « Saisons poétiques en train » (suite)

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Bonjour à vous,

Mes « vacances » de retraité étant terminées, je reprends les publications sur ce blog avec un nouvel extrait de mon dernier livre (cf titre de cet article), éditions Hugues Facorat).

Cette fois c’est un poème de la troisième des cinq parties : voyages de printemps

(d’autres poèmes du livre peuvent être lus dans les commentaires de la page dédiée au livre ou dans ceux des articles de cette catégorie Nouveau livre)

LE DÉCOR

File, file, fonce ; fonce, fonce et file
Le train de nuit vers Paris,
Qui savamment le noir défonce.
Mars en guerre n’offre pourtant
Pas résistance bien longtemps.
Sur les coteaux, obscurs et loin
Une forêt de lumignons serrés veille.
Patiente, elle attend l’aube qui point.

Le voyageur dédaigne les bourgs
Encore ensuqués, de sommeil gourds.
Les gares sales et blafardes.
Il s’attache aux lointains que la nuit garde.
L’obscur cache la laideur,
Égalise tout en beauté,
Pour une fois bien partagée.

Pour peu encore : c’est bientôt l’heure
Où le jour cruel fera qui pauvre, qui riche,
Opposera l’homme à l’homme, en grâce chiche ;

Aime la nuit, dispensatrice !

Mais comme toute chose elle est biface,
Recèle aussi pièges et menaces,
Complots ourdis, gens agressés :
La nuit parfois est sans pitié.

Le jour, la nuit, tantôt ennemis, tantôt complices,
Sont le décor où tu te glisses
Pour comme chacun faire de ton mieux,
Mener ta barque où faire se peut.

Trinidad de Cuba (poème)

Trinidad

Un poème écrit là-bas en 2001 ; une ville merveilleuse :

 

TRINIDAD (Cuba)

Je reviendrai à Trinidad, cité calme, propre et tranquille,
Je reviendrai à cette « ciudad », quintessence humaine de la ville.

Revoir ses ocres délicieux mêlés aux bleus des ciels-foison,
Se perdre aux verts merveilleux qu’on lit partout sur les maisons,

Cheminer d’un pas léger sur ses trottoirs de plaques faits
Ou bien gentiment trébucher aux bosses disjointes de ses pavés,

Entendre de nouveau sonner l’écho aux pattes usées des bourricots, Trinidad 2
A hauteur d’yeux encore admirer une palme se balancer,

Doucement se laisser caresser au vent tiède des Alizés,

Mourir au monde et s’alanguir,

Vivre un présent-souvenir,

A Trinidad revenir !

NOUVELLE AUBE (poème)

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Voici un deuxième poème extrait de mon recueil « Saisons poétiques en train ; voyages au fil de la vie » (éditions Hugues Facorat – décembre 2014- 13 euros).

Celui-ci ouvre la deuxième des cinq parties : Voyages d’hiver.

(un premier poème peut être lu sur ce blog, dans les commentaires de la page dédiée au livre ou dans ceux dans la catégorie Plus sur mes livres)

NOUVELLE AUBE

Le jour poignant

S’accroche avec timidité

À la froideur des vitres gelées.

Matin blêmit le verre

Et sa chaleur-lumière s’en vient

Peu à peu contrecarrer

Les glacis de la nuit.

Balancier des heures

Devant l’œil qui les scrute,

Toutes de clarté aux parts obscures,

Tu figures des âmes les aspects variés,

Les chapes bien trop dures

Comme les flux de guipure

Des mouvements du cœur.

Saisons poétiques en train – poèmes et réflexions

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Ce dernier opus, paru le 23 décembre dernier (hfedition), est avant tout un recueil de poèmes (de train !). Il en recèle en effet quatre-vingts.

Pour couper le rythme, respirer un peu, j’y ai adjoint une vingtaine de petits textes en prose dont je vous livre ici le troisième (dans la section Voyages d’hiver) :

RÉFLEXIONS TOUT À TRAC

Ce matin, aux stations, le train s’arrête beaucoup plus longuement que d’ordinaire. D’interminables minutes. Et c’est l’anormal, le figé. Comme si la vie était sortie de son lit.
Chez les voyageurs on devine alors une sorte de sourd malaise. On se regarde furtivement ; après tout, on ne se connaît pas. On pense pourtant à peu près la même chose. Vite détourner les yeux. Comme si de rien.
Se réfugier dans la normalité de l’indifférence. Pourtant, l’extraordinaire nous amène aux bords de l’humanité. Il s’en faudrait de peu pour que.

   Ce malaise va au-delà de la crainte du patron, bientôt furieux du retard…/ Lire la suite « Saisons poétiques en train – poèmes et réflexions »

Sur une photo de Théléma (du blog Muse de la Butte)

ciel de vent

 

 

 

 

 

 

 

 

Un ciel indigo
Tente de diluer
Le rougeoiement-héros
Qui résiste muet
Pour buter, en bleu mourant,
Å l’orangé des confins ardents.

C’est – prophétique – l’annonce du vent.

La ville, en blanc manteau,
Éblouissant, lance ses bras décharnés,
Cherche à griffer là-haut
Le repos, depuis longtemps rêvé.

Interview vidéo pour les éditions Chloé des Lys

Elle remonte à avril 2013, effectuée par Bob Boutique, auteur et administrateur de la maison d’édition.

J’y aborde notamment :

– la nature de mes 3 premiers livres édités chez elle, sur la passion amoureuse vécue au masculin.

– ma prédilection pour le genre court, ainsi que l’importance de la poésie.

– le rôle du train dans la genèse de mes écrits.

(qui a abouti en décembre 2014 à la parution d’un recueil « Saisons poétiques en train » – voyages au fil de la vie, poèmes et réflexions – 80 poèmes, 20 textes courts, ed. Hugues Facorat.)

 

 

 

« J’écris pour vivre plus intensément », (interview par C. Brunet, 2010)

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Je vais parler ici de mon rapport à l’écriture.

Dans la série des interviews qui m’ont été demandées et que je vous présente à rebours en commençant par les plus anciennes, voici la deuxième, de novembre 2010 pour le blog aloys de Christine BRUNET (je la remercie une fois encore de m’avoir permis de préciser ma démarche).

« Lorsque vous dites à quelqu’un que vous écrivez, après l’inévitable surprise de la première seconde, vous obtenez invariablement la même question : « et ça t’est venu comme ça ? »

L’histoire de l’auteur avec cette « première fois » est toujours différente mais donne toujours la clé pour comprendre son univers… Il est parfois des évidences incontournables qui se construisent au fil du temps, d’autres abruptes qui flirtent avec la pulsion passionnelle de l’instant.

 C’est lors de cette première confrontation à la page vierge que l’auteur tisse son rapport à l’écriture. Douceur, patience, travail ou violence, urgence, besoin… Raison ou déraison ? Moi, je dirai fusion entre certains auteurs et leurs textes…

 C’est ainsi que j’appréhende l’univers créatif de Claude Colson … Pour m’en assurer, j’ai fait comme tout le monde en lui posant la sacro-sainte question : « comment, quand et pourquoi t’es-tu mis à écrire ? » « C.B.

Je suis venu à l’écriture brutalement, il y a 15 ans. Deux éléments ont été déterminants : un changement d’activité professionnelle m’avait amené à faire des trajets quotidiens en train (qui ont une certaine importance dans ma poésie). Cela m’a redonné le goût de la lecture qui se trouvait, alors, mis en veilleuse. J’ai donc lu, lu, lu dans ces trains et à présent j’y écris aussi, mais pas seulement là. Et puis, des aléas de ma vie sentimentale ont fait qu’à un moment j’ai eu besoin de l’exutoire de l’écrit.

« Mes premiers mots d’auteur (dans Saisons d’une passion, début du livre) : il souffrait, il décida d’écrire. » raconte Claude Colson.

Je suis donc venu à l’écriture par l’autofiction et ai trois livres de ce genre à mon actif.

Depuis je n’ai jamais cessé d’écrire ; plus ou moins selon les époques.

J’écris au stylo, pour l’indispensable sensualité de cet acte, et retranscris ensuite à l’ordi (même ce texte pour toi ;  je sais, c’est du boulot, mais je n’imagine pas d’écrire autrement).

                                                                                                                                          aloyst (363x139) (363x139)

 Comme je le comprends même si, aujourd’hui, pour moi, le clavier a remplacé ma plume… Il y a cette sensation spéciale du papier sous la main, du stylo qui court sur la surface blanche et comble le vide peu à peu…Tu mélanges les genres dans tes textes : que t’apporte chaque style ?

Ce qui me vient le plus facilement, c’est l’expression d’un ressenti personnel, et assez souvent c’est sous forme poétique, notamment les temps forts. J’ai coutume de dire que c’est par paresse : pas besoin de se décarcasser à trouver un sujet, il est en moi ! En écriture, la recherche d’un thème a toujours été ma plus grande difficulté. Dès que j’ai couché une ligne sur le papier le reste suit.

Le poème est aussi une forme en soi achevée et….courte (pour le paresseux que je suis).

Le journal permet aussi, plus simplement peut-être, l’écriture de soi, et le récit permet de relater l’événementiel ( je distingue schématiquement) : voilà peut-être pourquoi j’ai dans les trois livres mêlés les trois genres (cette décision est venue après-coup) qui s’éclairent mutuellement dans la narration d’un vécu qui n’a d’intérêt que s’il parvient à toucher à l’universel.

Alors, pourquoi j’écris ?

Pour vivre plus intensément. Je mêle sans cesse la vie réelle et son expression littéraire. Je trouve que l’écriture booste la vie, qu’elle lui donne aussi un contenu qui me paraît souvent plus important que les éléments du réel. Ce mélange a été qualifié par une de mes relations d’attitude proustienne (Je précise que j’ai lu Proust et que généralement il m’ennuie !!)

 Peut-on parler d’une évolution de ton écriture au fil des textes et du temps ?

Je crois qu’une écriture évolue nécessairement avec l’évolution de l’auteur, surtout les écritures comme les miennes, qui restent assez fortement déterminées par le vécu, notamment en poésie où j’écris pour DIRE une émotion ou une croyance, dire parfois le non-dit social.

On ne peut essayer de faire partager son dire, d’universaliser une expérience, qu’au prix d’une sincérité absolue (ou quasi)…

Une évolution dans tes recherches de forme ?

Je pense avoir épuisé mes recherches en écriture d’autofiction.

Dans mes trois livres, j’ai successivement fait parallèlement des recherches de forme (mais là aussi, c’est venu après le jaillissement premier de l’écriture) : Saisons d’une passion est un récit linéaire (une flèche),Léna, une rencontre, une spirale (reprise obsessionnelle du thème), et le dernier, Toi-Nous a une construction en dents de scie – avec mélange intégral et permanent des trois genres, contrairement aux deux autres livres où ces genres occupent des parties séparées – pour rendre compte d’une folle histoire d’amour fou avec vingt-quatre ruptures.

J’ai très longtemps pensé que j’avais un problème avec l’écriture de fiction, que je n’avais aucune imagination pour cela. Puis je me suis battu, j’ai commencé – assez récemment, enfin depuis quelques années quand même – par quelques exercices d’écriture sur un thème imposé. J’ai pu alors écrire quelques nouvelles (brèves) et, depuis 2007, j’ai tenté l’écriture romanesque de fiction. J’ai écrit deux textes , non encore publiés, un roman court environ 115 pages de livre et une novella d’environ 85 pages.

J’ai cependant encore l’impression que cette capacité à écrire de la fiction est fragile. (Depuis un peu plus d’un an d’ailleurs, je fais une pause dans cette activité, me contentant de textes très courts en prose ou plus souvent des poésies, car c’est impossible de cesser totalement d’écrire. Quand je vis des choses fortes, ma poésie est sensuelle, sensitive ; sinon elle est plus réflexive.)

Pour y parvenir je m’étais astreint à faire un plan, semi-précis, mais j’en ai eu assez vite assez et je me suis jeté assez tôt dans l’écriture du roman. Là j’ai eu la surprise de voir parfois l’histoire s’auto-créer, les personnages vivre leur vie et me faire ajouter des chapitres à ceux que j’avais prévus. Ces interactions entre mon projet et l’écrit sont exaltantes et créatrices.

 Peut-on dire qu’aujourd’hui, cette écriture-besoin est plus raisonnée ? qu’elle évolue en même temps que toi ?

Oui, l’écriture du besoin pur est plus raisonnée – mais j’ai toujours mêlé à elle la tentation de l’esthétique. Aujourd’hui l’écriture est plus nourrie de l’envie d’écrire elle-même, mais il y a encore cette volonté du DIRE dont je parlais. Le but étant d’atteindre, si possible, l’adéquation parfaite entre une chose à exprimer et son expression.

Plus de travail aujourd’hui ?

Oui, mais  le plus gros est effectué au moment de la création: aurais-je l’immodestie de dire que j’ai à ce moment-là une certaine facilité (une fois le thème trouvé, ce qui est mon calvaire) et que l’accouchement d’un poème est assez rapide. J’ai parfois essayé de retravailler après-coup mais j’ai abouti à un ensemble plus froid (en poésie, trop intellectualisé).

Je crois beaucoup à la force du jaillissement premier et de l’émotion. Chez moi, une ligne posée appelle d’elle-même la suivante
En fiction, bien sûr il y a un important travail préparatoire (recherches, plan etc.). Retouches à la relecture, aux relectures, mais ce ne sont que des retouches, généralement non essentielles.

Il va falloir que j’accentue cet aspect travail si je veux arriver à produire des textes plus longs (mon record 115 pages). Mais peut-être suis-je fait pour le texte court ??????

 Mais ne crois-tu pas que le travail efface le côté fusionnel de l’auteur avec son texte ?

J’ai commencé à écrire sous l’impulsion de la passion amoureuse. Je me suis « un peu » distancié de cette dernière et l’ai transposée, sans doute pour partie, sur la passion de l’écriture…

 Un transfert… Une évolution… Mais la passion est toujours là. Passion créatrice, voilà le titre de mon blog… Un titre qui en a fait sourire plus d’un… Pourtant… La passion est le moteur du processus de création. Elle est le lien étrange qui unit l’écrivain et son texte. Révélation tardive ou besoin précoce, elle est toujours le résultat d’un parcours personnel.

 Il y a autant de façon d’écrire qu’il y a d’auteurs. Quelques uns utilisent leur récit comme un laboratoire linguistique… Certains restent spectateurs de leur œuvre pour en maîtriser le courant, ou, au contraire, se laissent aller au fil des lignes et des événements qu’ils imaginent.

Il en est, enfin, qui ont un rapport fusionnel avec l’écriture qui devient alors le reflet d’un état d’âme, d’une tension personnelle… (23/11/2010).

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Voilà, vous en savez un tout petit peu plus sur mon écriture.

Le changement ?

Elle est là, la tâche

Insurmontable ou presque

En tout cas gigantesque

Sans même l’ombre d’un salut entrevu

Car tant complexe et tant ardue

Un monde où l’injustice fait rage

Un monde sans partage

Où l’acquis des uns est le dénuement des autres

Qui par violence et coup férir

Voudraient place nôtre acquérir

Exploiter à son insu

Ou presque

Oublier d’y penser

Préférer occulter

Continuer

Que faire d’autre ?

S’en remettre à autrui tout aussi démuni ?

Semer les germes tant honnis

De la future ou présente barbarie