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Temps maussade et froid. Cependant pas de pluie. La neige d’hier a tenu juste sur les plus hauts sommets de la chaîne du Sancy- Monts Dore. Un liseret blanc subsiste au haut du Tenon.
Étrangement, je ne suis pas dévasté par le décès de mon chat adoré, que nous avons dû mener à son dernier sommeil il y a précisément trois semaines. Cela me rappelle mon ressenti à la mort de ma mère, en 1994. Malgré tout mon amour pour elle, je ne fus pas triste après son départ, à 84 ans. Je me disais alors : sûrement le sentiment du devoir accompli, d’avoir fait tout pour elle jusqu’au bout.
Cette fois, c’est pourtant un peu différent. J’éprouve une sorte de remords de ne pas être plus effondré. Serais-je en train d’oublier ce petit être qui compta énormément pour moi ? J’espère que non. Ma Ticha ne le méritait pas. Alors, pourquoi ne suis-je pas anéanti, comme l’avait prévu ma compagne qui pensait devoir me < ramasser à la petite cuillère > ? Mystère. Une chose est certaine : je t’ai beaucoup beaucoup aimée, ma Ticha durant ces quasi 15 années de vie ensemble.

En général, lorsque le corps va bien, comme c’est souvent le cas les 8 ou 9 dixièmes du temps, on trouve normal de vaquer à ses occupations, de faire ceci ou cela. Tout vous semble dans l’ordre des choses et on ne réfléchit pas davantage à ce bonheur que l’on ignore. Mais dès que la souffrance physique vous gagne, suffisamment pour empêcher quasiment toute activité, sauf à se concentrer sur
cette souffrance, par obligation, tant elle vous tourmente, alors on se dit que c’était super avant, quand on était inconscient de notre chance.
Y songera-t-on encore, une fois rétabli, ce que je souhaite à tous ceux que douleur afflige : rien n’est plus incertain. Dans mon « pays », celui que j’affectionne et qui me le rend bien par le sentiment d’appartenance et de bonheur qui m’envahit lorsque j’y remets les pieds, moi l’ėloignė, « l’apatride », la sagesse populaire dit : « un morceau avalė n’a plus de goût. »
Ainsi va la vie !
Je me réjouis toutefois de la mise en forme scripturale de cette banalité : le plaisir de « l’écrivant « . L’écriture me manquait ce matin.
À bientôt !

Photo de Clem Onojeghuo
Point d’étape : j’ai 75 ans ; j’étais professeur d’allemand, agrégé, en lycée. Ma formation universitaire a été essentiellement littéraire, comme c’était l’usage dans les années 67 à 71. Je me suis mis à l’écriture à 45 ans et cela se poursuit depuis 30 ans.
Une ex collègue, agrégée de lettres modernes, avec qui j’étais très loin d’avoir de bons rapports, m’a écrit (extraits) après la lecture de mon quatrième livre et premier roman : « ton « roman » m’a plu, je viens de le lire d’un trait, c’est bon signe… D’abord tu as un « ton », une « voix » et parfois j’ai vraiment cru t’entendre. Avoir un « ton » c’est cela, si j’en crois plusieurs romanciers (dont Louis Guilloux), la patte du vrai romancier qu’on suit quelle que soit l’intrigue qu’il tricote… ». Lire la suite « Tentative de parcours dans l’édition – déc. 2024 »
Généraliste car les Fnac, Cultura ou autres enseignes du genre semblent généralement plus frileuses pour accueillir des auteurs inconnus du grand
public ou simplement peu connus. Elles sont plus gourmandes aussi, tout comme les libraires : 30 ou 35 % du prix du livre, ce qui ne laisse quasiment rien à l’auteur s’il achète ses livres en général à ce même taux, les petits éditeurs travaillant difficilement avec les libraires, là où l’auteur, dans ce cas, peut espérer ses 8 à 10 % de droits d’auteur payés, au mieux, une fois l’an.
Avec les hypermarchés généralistes on négocie plus facilement 20 % de commission pour l’enseigne.
Le revers de la médaille est que depuis la COVID, les lecteurs-acheteurs sont ici beaucoup plus rares. Acheter des vivres, produits de beauté ou d’entretien n’est pas la même chose qu’acheter des livres papier. Lire la suite « Une séance de dédicaces en hypermarché généraliste »

99 ième poème consacré à cette mare (sur atramenta.net, ma collection La Mare)
La mare en manteau de roi
La mare est là, fascinante.
Elle étale sa splendeur, sans opprobre
Ni rien qui la rende indécente.

Retrouvé, mon petit logis en montagne. Joie de revoir la Banne d’Ordanche, le Puy Gros et le Tenon, vassaux du Puy de Sancy (1886m) dans la lumière orangée de ce soir. À 18 heures, les pentes arborées et herbues déclinent à l’envi leur oratorio de roux, dégageant une impression de paix.
De ce 4 ième étage, la vue est imprenable.
À moins d’un mètre de moi, ma superbe vieille chatte tricolore étale, dans sa somnolence, ses accords blancs, noirs et roux en écho au spectacle qu’offre la nature à qui sait la regarder.
Ici « tout est ordre et beauté, luxe (immatériel), calme et volupté », comme l’écrivait Baudelaire, Charles, le Grand, dans son Invitation au voyage.
Dans mon cas, c’est un voyage immobile, une pensée volante, un bonheur rare. Quelques minutes plus tard la lumière a changé, l’or du soir n’illumine plus que deux des trois sommets, tandis que le dernier, couché en son ombre, invite ses deux collègues à aller, eux aussi, au repos.
Je lève les yeux : oh, l’un d’eux l’a déjà fait ! Le troisième résiste encore.
Pour peu de temps.
(Photo, mais le matin)


D’ici peu, je passerai le cap des sept tours et demi à l’horloge de la vie, enfin j’espère. Qu’on le veuille ou non, cela laisse à penser. Je n’ai rien de particulier à observer, que du connu : à 60 ans, on devient jeune senior, à 75, senior et et à 90, si on les atteint, grand-senior., puis c’est le mystère ou le néant, selon ses propres croyances. Mais on laisse des traces, concrètes ou non, par exemple des écrits, des enregistrements, des objets ou des souvenirs chez les ( provisoirement ) vivants (heureusement qu’ils oublient le plus souvent cet aspect provisoire, même si certains Romains cultivaient le memento mori). C’est la loi universelle.
Juste que ce cap attire un peu plus l’attention sur ce fait et les leçons qu’on devrait en tirer : profiter à chaque instant un peu plus des cadeaux que donne la vie, tout au moins essayer ; faire aussi tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces cadeaux arrivent et cela aussi est un combat de chaque minute. On ne reçoit pas sans donner. Lire la suite « 75 en vue ! »

Tribulations d’auteur (suite)
Je reprends. Auteur peu connu de 15 livres édités, n’ayant pas eu la chance d’être accepté par un « grand » éditeur (condition nécessaire mais non suffisante pour être diffusé, encore faut-il qu’il mise sur vous pour investir dans la promotion), je dois me diffuser moi-même, comme des milliers de mes consœurs et confrères en écriture ;
J’ai choisi de fréquenter surtout les hypermarchés et bien plus rarement les enseignes proposant des biens culturels (livres, loisirs créatifs etc).
C’était le cas récemment. L’enseigne avait fait le nécessaire : affiche(s) plusieurs semaines à l’avance, annonces sur FB, Instagram… mettant en avant ma nouveauté : un recueil de nouvelles consacrées en partie à Cuba. Je l’en remercie vivement. Lire la suite « Tribulations d’auteur (suite, 2024) »