La Mare sans la Mare (poésie)

101 ième pièce poétique de ma collection La Mare
La Mare sans la Mare
(02 février 2025)
Sept et dix jours déjà que je dois rester chez moi
Ma mare m’attend peut-être ; à moi elle manque
Je ne l’ai que fort peu décrite sans la vue-émoi
Vais tenter de l’imaginer, vagabond saltimbanque
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Cloîtré, je ne sais plus le temps qu’il fait
L’exercice est donc difficile, de fait
Je perçois vers dix-huit heures la lumière qui fenêtre-s’incruste
Et toi, t’assoupissant, t’imagines-tu quasi lacustre ?
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Une banalité

En général, lorsque le corps va bien, comme c’est souvent le cas les 8 ou 9 dixièmes du temps, on trouve normal de vaquer à ses occupations, de faire ceci ou cela. Tout vous semble dans l’ordre des choses et on ne réfléchit pas davantage à ce bonheur que l’on ignore. Mais dès que la souffrance physique vous gagne, suffisamment pour empêcher quasiment toute activité, sauf à se concentrer sur

cette souffrance, par obligation, tant elle vous tourmente, alors on se dit que c’était super avant, quand on était inconscient de notre chance.
Y songera-t-on encore, une fois rétabli, ce que je souhaite à tous ceux que douleur afflige : rien n’est plus incertain. Dans mon « pays », celui que j’affectionne et qui me le rend bien par le sentiment d’appartenance et de bonheur qui m’envahit lorsque j’y remets les pieds, moi l’ėloignė, « l’apatride », la sagesse populaire dit : « un morceau avalė n’a plus de goût. »
Ainsi va la vie !
Je me réjouis toutefois de la mise en forme scripturale de cette banalité : le plaisir de « l’écrivant « . L’écriture me manquait ce matin.
À bientôt !

La Mare, mi-décembre 2024

Centième texte poétique consacré à ma mare (collection La Mare, sur atramenta.net)

Ce 16 décembre est jour pluvieux.
Après la pluie, la mare dort.
Aucun remous ne trouble sa surface.
Figée, elle rêve, ceinte de feuilles d’or.
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Au banc, j’ai retrouvé ma place,
Constante, elle me rend heureux.
Je regarde ici le silence, l’immobilité,
Envahi du sentiment d’un lieu d’éternité.
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Deux canes lentement s’en viennent vers moi
Ou plutôt, que dis-je, un couple, ma foi !
Car le mâle arbore, fier, son irisé de roi.
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Mes montagnes

 

30 décembre 2024, 10 h 30

À nouveau la table d’écriture dans mon abri de vacances. De ma fenêtre du quatrième étage, je distingue nettement les pentes volcaniques aux terres brûlées, toute végétation roussie par le dernier automne, telles un tertre jauni, dominé comme toujours par les trois montagnes : la banne d’ Ordanche, le Tenon, le Puy Gros. Tout à leur sommet, se détachant sur l’azur, un trait blanc, continu, sur fond marronnė : une crête neigeuse, restes des chutes abondantes de la semaine dernière.
Au bas des pentes, inondée d’un soleil d’hiver vif et orangė, la ville, La Bourboule, la charmante, avec ses constructions néo-romanes en pierre beige pâle réfléchissant la lumière presque aveuglante, ses forêts de cheminées dentelées, rouges, sur le fond gris ardoise des toits du même matériau.
Tout cela a un charme légèrement désuet qui m’apaise l’âme.
Vous devriez venir découvrir ce trésor, mais – de grâce – pas trop nombreux, pas trop longtemps.
Laissons-le, pour bonne part, aux Initiés !

Tentative de parcours dans l’édition – déc. 2024

Photo de Clem Onojeghuo

Point d’étape : j’ai 75 ans ; j’étais professeur d’allemand, agrégé, en lycée. Ma formation universitaire a été essentiellement littéraire, comme c’était l’usage dans les années 67 à 71. Je me suis mis à l’écriture à 45 ans et cela se poursuit depuis 30 ans.

Une ex collègue, agrégée de lettres modernes, avec qui j’étais très loin d’avoir de bons rapports, m’a écrit (extraits) après la lecture de mon quatrième livre et premier roman : « ton « roman » m’a plu, je viens de le lire d’un trait, c’est bon signe… D’abord tu as un « ton », une « voix » et parfois j’ai vraiment cru t’entendre. Avoir un « ton » c’est cela, si j’en crois plusieurs romanciers (dont Louis Guilloux), la patte du vrai romancier qu’on suit quelle que soit l’intrigue qu’il tricote… ». Lire la suite « Tentative de parcours dans l’édition – déc. 2024 »

Deux haïkus

Ticha

Paisible tout en rond

Cherchant  chaleur douce

Mon beau chat dort

 

 

 

 

Ma Mare

Profond vert sapin

Bien fort m’étonne en matin

L’eau rêve montagne

 

 

Une séance de dédicaces en hypermarché généraliste

Généraliste car les Fnac, Cultura ou autres enseignes du genre semblent généralement plus frileuses pour accueillir des auteurs inconnus du grand public ou simplement peu connus. Elles sont plus gourmandes aussi, tout comme les libraires : 30 ou 35 % du prix du livre, ce qui ne laisse quasiment rien à l’auteur s’il achète ses livres en général à ce même taux, les petits éditeurs travaillant difficilement avec les libraires, là où l’auteur, dans ce cas, peut espérer ses 8 à 10 % de droits d’auteur payés, au mieux, une fois l’an.

Avec les hypermarchés généralistes on négocie plus facilement 20 % de commission pour l’enseigne.

Le revers de la médaille est que depuis la COVID, les lecteurs-acheteurs sont ici beaucoup plus rares. Acheter des vivres, produits de beauté ou d’entretien n’est pas la même chose qu’acheter des livres papier. Lire la suite « Une séance de dédicaces en hypermarché généraliste »

La mare, en manteau de roi

99 ième poème consacré à cette mare (sur atramenta.net,  ma collection La Mare)

 

La mare en manteau de roi

À l’antépénultième jour d’octobre,

La mare est là, fascinante.

Elle étale sa splendeur, sans opprobre

Ni rien qui la rende indécente.

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Mon Sancy , 19 octobre 2024(journal)

Retrouvé, mon petit logis en montagne. Joie de revoir la Banne d’Ordanche, le Puy Gros et le Tenon, vassaux du Puy de Sancy (1886m) dans la lumière orangée de ce soir. À 18 heures, les pentes arborées et herbues déclinent à l’envi leur oratorio de roux, dégageant une impression de paix.
De ce 4 ième étage, la vue est imprenable.
À moins d’un mètre de moi, ma superbe vieille chatte tricolore étale, dans sa somnolence, ses accords blancs, noirs et roux en écho au spectacle qu’offre la nature à qui sait la regarder.
Ici « tout est ordre et beauté, luxe (immatériel), calme et volupté », comme l’écrivait Baudelaire, Charles, le Grand, dans son Invitation au voyage.
Dans mon cas, c’est un voyage immobile, une pensée volante, un bonheur rare. Quelques minutes plus tard la lumière a changé, l’or du soir n’illumine plus que deux des trois sommets, tandis que le dernier, couché en son ombre, invite ses deux collègues à aller, eux aussi, au repos.
Je lève les yeux : oh, l’un d’eux l’a déjà fait ! Le troisième résiste encore.
Pour peu de temps.
(Photo, mais le matin)

Contraste à la mare

Une petite quatre-vingt-dix-huitième pièce poétique pour ma collection « La Mare » sur atramenta.net, consacrée à ma minuscule mare du Carouge à Brétigny sur Orge ; encore un effort et on aura les cent ! 🙂 !
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3 octobre, la mare m’attendait.
Il était écrit que pour ce quatre-vingt-dix-huitième écrit,
Bon heur, mal heur, elle ne m’échapperait.
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Et comme à chaque fois, ici c’est la vie.
Une escouade de canards nageote vers la droite
Après qu’un congénère s’était dressé en verticale droite,
Battant des ailes vivement,
S’ébrouant pour mieux goûter l’instant.
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Plus haut, un groupe de marcheurs, tenace,
Tourne en rond, bâtons vifs découpant l’espace,
Bruit métallique, cliquetis des cannes
Frappant le sol, sans état d’âme.
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Au haut des arbres, après le vert tendre
On distingue déjà la douceur de l’ambre ;
Pour peu la paix se ferait,
N’était le grondement imparfait
D’une machine de la ville
Curant le fond ; bruit imbécile.
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Les premières feuilles doucement dérivent,
Jaunissent le vert de l’eau, là, près des rives.
Moi, je quitte l’endroit, misérable,
Le vacarme, ce jour, est insupportable.