Lac dénaturé (poésie)

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Lac dénaturé

Dans le froid âpre de cette fin-janvier

Mon lac resplendit au soleil pâle de mi-journée.

La glace l’enserre,

Uniforme manteau blanchâtre

Formant joli désert grisâtre.

Seul, perdu, le regard y erre. Lire la suite « Lac dénaturé (poésie) » →

La Mare, à la Saint Martin (réflexions)

mare saint martin

(écrit avant les événements parisiens du 13 novembre). Ce texte est une des 22 pièces actuelles de ma collection « La Mare », sur le site atramenta

Elle repose et m’accueille, comme de coutume, immuable dans son indifférence comme toujours différente d’apparence.

L’air est gris, paré d’un reflet d’acier, sans éclat. Un tout petit vent frais circule ; je suis vêtu de façon bien trop limite pour pouvoir l’affronter longtemps. Le parc est pratiquement désert en cet après-midi peu engageant.

Ce jour-ci, ce n’est pas la poésie qui me vient, comme souvent en ce lieu, ce sont les souvenirs qui accourent.

Je me retourne vers les époques lointaines de mon enfance. Martin était le saint patron de mon village. Dans les années 50, nous autres gamins, enfants de chœur, devions accompagner le curé – en mini procession et en habits –  jusqu’à la chapelle qui lui est dédiée, quelques rues au-delà de l’église. Lire la suite « La Mare, à la Saint Martin (réflexions) » →

la mare, près l’endormissement (poésie)

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Avant le 2 novembre, la mare songe au deuil ;

La voilà toute jonche-feuille.

C’est pourtant un deuil gai

Car jaune est la feuillée

Formant damier serré

Aux reflets mordorés.

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Au lointain sapin, le roux domine,

Seules des traînées de vert tendre l’illuminent.

L’ensemble est, lui aussi, douce beauté, Lire la suite « la mare, près l’endormissement (poésie) » →

Comme un changement (poésie)

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L’automne, à sa lisière,

Rampe vers nous, tel une prière.

Avec ses dehors précautionneux

On le discerne encore bien peu.

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Aux clôtures des champs le roux du pampre

Nous cligne des yeux, haut sur sa hampe.

Le soleil, à cette heure, fait défaut ;

Lumière est mise sous le boisseau.

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Aux chaumes un corbeau picore les graines,

Engrange provende pour jours de haine.

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Le ciel entier est gris ouateux,

Sauf tout là-bas, au beau milieu,

Où la jolie trouée bleue,

Immense œil malicieux,

Veut comme nous rappeler…

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Qu’Été vient de nous quitter.

Podcast de la chronique de « Saisons poétiques en train »

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Merci à Odile Lecouteux, écrivain, et à Radio Culture Dijon qui m’ont offert ce matin une minute trente de chronique de mes Saisons poétiques en train, éditions Hugues Facorat.(réédité depuis aux associations Bernardiennes )

Le podcast

Lac automnal (poésie)

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Le lac ; encore en majesté.

Automne approche, et il le sait.

Le vent rebelle pousse ses risées,

Force le saule à venir l’eau caresser.

Les branches s’inclinent, plongent , frôlent,

Remontent, dansant danse saccadée.

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Bientôt 15 heures, le lieu est désert ;

Tous sont au travail occupés.

Le retraité jouit de l’heure

Pour à nouveau la beauté contempler. Lire la suite « Lac automnal (poésie) » →

Café littéraire

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Si ce vendredi 11 septembre vous êtes du côté de Brétigny sur Orge (91), 20 heures, office du Tourisme,passez écouter cette présentation de mon recueil de poésies (surtout) et réflexions « Saisons poétiques en train, voyages au fil de la vie ».

Je laisse Gisèle Leconte, auteur , vous le présenter :
 » Tout banlieusard en sait long sur la grisaille du RER, ses odeurs de fer rouillé et de salissures, ses ensommeillements du petit matin, ses lassitudes du soir, ses moiteurs exécrables, tout banlieusard connaît cette locomotion fort peu encline à la contemplation et à l’extase. Pourtant, Claude Colson, le poète au cœur tendre et au regard en éveil, transforme nos allers-retours quotidiens, en une balade colorée, suave et sensuelle,
Voyage entre l’au-dehors de derrière la vitre qui renvoie l’écho normatif de l’agitation des saisons et l’épicentre en interne des voitures, où chacun semblable à l’Autre, se recroqueville,en face à face. Les vies, les rêves, les sentiments, les émotions, de ces Autres que l’on reconnaît au fil des stations sans se connaître jamais…Mais toujours la beauté présente !
Ce recueil est magnifique de sensibilité, de réalisme, tout voyageur de RER s’y reconnaîtra !
C’est un très beau recueil à découvrir . « 

La mare, aux deux tiers de l’été (poésie)

la mare automne

19 ème opus de ma série « La Mare » sur atramenta.net

 http://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913

Depuis longtemps, paisible, elle m’attend.

Ce jour – pourquoi ? – j’ai perçu l’appel.

À ma gauche, à son bord, bruit la cascatelle ;

L’oreille est charmée par ce doux son constant.

Lire la suite « La mare, aux deux tiers de l’été (poésie) » →

Balade matinale au lac

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9h30. Le lac s’éveille. Ce ne sont que criaillements d’oiseaux. Malgré le soleil encore faible de cette fin d’août, il règne une agréable fraîcheur.

Impression de début du monde où tout est possible.

Les cris d’oiseaux sont très divers, tout comme leur faune en ce lieu.

Sur une minuscule plage enserrée dans les arbres, un troupeau de canards paresse tout en bougeant sans cesse légèrement. Certains picorent quelque herbe ou algue flottant au bord de l’eau.

Je m’approche très lentement et, si quelques uns plongent doucement, la majorité reste sur la berge après s’être approchée prudemment du plan.

Ces oiseaux sont majoritaires et j’ai presque la sensation d’être des leurs. Je ne bouge pas ; hors de question de troubler la petite vie qu’ils mènent en quiétude. On dirait qu’ils m’acceptent.

J’assiste alors à l’envol bruyant et majestueux du héron qui se dissimulait derrière le bouquet d’arbres proche.

Je pense à la beauté de la silhouette du Concorde qui imitait, avec succès, la nature.

Plus loin, tandis que quelques mouettes traversent le ciel, de l’autre côté, arrive soudain une immense volée de colverts dont le feu du plumage miroite dans le soleil. Ensemble ils restent comme un instant en suspens au-dessus de la surface, voilure déployée, pour se poser en bande dans un grand bruit porté jusqu’à moi par ces eaux calmes. C’est tout juste si un retardataire replie ses ailes tradivement, en léger décalage.

Le hêtre roux resplendit dans la lumière orangée alors que le pépiement tout proche me berce.

Quelle splendeur !  » Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » (C. Baudelaire)

C’est la paix du matin, même pas troublée par cette joggeuse casquettée qui passe pour la deuxième fois, bouclant un nouveau tour, et adresse un sourire à l’écrivant paisible à chapeau de pêcheur que je suis. Connivence des coiffes ?

Je prends, heureux, le chemin du retour, réconcilié, et puis dire : vive la vie !

La mare en fin de printemps (poésie)

mare fin printemps

(Parmi les 18 poèmes de ma collection « La Mare », sur atramenta.net)

 

Ce jour règne ici temps clément,

Il faut descendre à la mare un moment !

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L’air est doux, embaumant,

Le parfum de la brise, grisant.

La tiédeur détend corps et pensées,

Donne, lascive, l’envie de s’attarder.

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Rond, le bassin semble peu profond,

Un rai lumineux en révèle le fond

Tout marron : artifice ou alluvions ?

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C’est la teinte chaude, mystérieuse

Des bouteilles de vin aux années glorieuses

D’une mienne jeunesse, oubliée, étonnante,

Située au détour de quelque année cinquante.

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Pépiement d’oiseaux, calme absolu,

Voici la paix bientôt revenue.

Des poules d’eau, en famille, avec poussins

Quêtent un subside à la bordure blanc-chagrin.

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Des feuilles dérivent lentement,

Portées par le maigre courant,

Rien ne trouble là la quiétude.

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L’Humain s’est abstenu, sans habitude,

De venir, en ce milieu d’après-midi.

J’en suis heureux car bien lui en a pris :

C’est jouissance qu’ici priser la vie.

Première, brute et sans chichi.

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C’est miracle, ô surprise,

Manière d’idylle dans la ville !