
Merci à Odile Lecouteux, écrivain, et à Radio Culture Dijon qui m’ont offert ce matin une minute trente de chronique de mes Saisons poétiques en train, éditions Hugues Facorat.(réédité depuis aux associations Bernardiennes )

Merci à Odile Lecouteux, écrivain, et à Radio Culture Dijon qui m’ont offert ce matin une minute trente de chronique de mes Saisons poétiques en train, éditions Hugues Facorat.(réédité depuis aux associations Bernardiennes )
Le lac ; encore en majesté.
Automne approche, et il le sait.
Le vent rebelle pousse ses risées,
Force le saule à venir l’eau caresser.
Les branches s’inclinent, plongent , frôlent,
Remontent, dansant danse saccadée.
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Bientôt 15 heures, le lieu est désert ;
Tous sont au travail occupés.
Le retraité jouit de l’heure
Pour à nouveau la beauté contempler. Lire la suite « Lac automnal (poésie) »

Si ce vendredi 11 septembre vous êtes du côté de Brétigny sur Orge (91), 20 heures, office du Tourisme,passez écouter cette présentation de mon recueil de poésies (surtout) et réflexions « Saisons poétiques en train, voyages au fil de la vie ».
Je laisse Gisèle Leconte, auteur , vous le présenter :
» Tout banlieusard en sait long sur la grisaille du RER, ses odeurs de fer rouillé et de salissures, ses ensommeillements du petit matin, ses lassitudes du soir, ses moiteurs exécrables, tout banlieusard connaît cette locomotion fort peu encline à la contemplation et à l’extase. Pourtant, Claude Colson, le poète au cœur tendre et au regard en éveil, transforme nos allers-retours quotidiens, en une balade colorée, suave et sensuelle,
Voyage entre l’au-dehors de derrière la vitre qui renvoie l’écho normatif de l’agitation des saisons et l’épicentre en interne des voitures, où chacun semblable à l’Autre, se recroqueville,en face à face. Les vies, les rêves, les sentiments, les émotions, de ces Autres que l’on reconnaît au fil des stations sans se connaître jamais…Mais toujours la beauté présente !
Ce recueil est magnifique de sensibilité, de réalisme, tout voyageur de RER s’y reconnaîtra !
C’est un très beau recueil à découvrir . «

19 ème opus de ma série « La Mare » sur atramenta.net
http://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913
Depuis longtemps, paisible, elle m’attend.
Ce jour – pourquoi ? – j’ai perçu l’appel.
À ma gauche, à son bord, bruit la cascatelle ;
L’oreille est charmée par ce doux son constant.
9h30. Le lac s’éveille. Ce ne sont que criaillements d’oiseaux. Malgré le soleil encore faible de cette fin d’août, il règne une agréable fraîcheur.
Impression de début du monde où tout est possible.
Les cris d’oiseaux sont très divers, tout comme leur faune en ce lieu.
Sur une minuscule plage enserrée dans les arbres, un troupeau de canards paresse tout en bougeant sans cesse légèrement. Certains picorent quelque herbe ou algue flottant au bord de l’eau.
Je m’approche très lentement et, si quelques uns plongent doucement, la majorité reste sur la berge après s’être approchée prudemment du plan.
Ces oiseaux sont majoritaires et j’ai presque la sensation d’être des leurs. Je ne bouge pas ; hors de question de troubler la petite vie qu’ils mènent en quiétude. On dirait qu’ils m’acceptent.
J’assiste alors à l’envol bruyant et majestueux du héron qui se dissimulait derrière le bouquet d’arbres proche.
Je pense à la beauté de la silhouette du Concorde qui imitait, avec succès, la nature.
Plus loin, tandis que quelques mouettes traversent le ciel, de l’autre côté, arrive soudain une immense volée de colverts dont le feu du plumage miroite dans le soleil. Ensemble ils restent comme un instant en suspens au-dessus de la surface, voilure déployée, pour se poser en bande dans un grand bruit porté jusqu’à moi par ces eaux calmes. C’est tout juste si un retardataire replie ses ailes tradivement, en léger décalage.
Le hêtre roux resplendit dans la lumière orangée alors que le pépiement tout proche me berce.
Quelle splendeur ! » Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » (C. Baudelaire)
C’est la paix du matin, même pas troublée par cette joggeuse casquettée qui passe pour la deuxième fois, bouclant un nouveau tour, et adresse un sourire à l’écrivant paisible à chapeau de pêcheur que je suis. Connivence des coiffes ?
Je prends, heureux, le chemin du retour, réconcilié, et puis dire : vive la vie !

(Parmi les 18 poèmes de ma collection « La Mare », sur atramenta.net)
Ce jour règne ici temps clément,
Il faut descendre à la mare un moment !
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L’air est doux, embaumant,
Le parfum de la brise, grisant.
La tiédeur détend corps et pensées,
Donne, lascive, l’envie de s’attarder.
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Rond, le bassin semble peu profond,
Un rai lumineux en révèle le fond
Tout marron : artifice ou alluvions ?
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C’est la teinte chaude, mystérieuse
Des bouteilles de vin aux années glorieuses
D’une mienne jeunesse, oubliée, étonnante,
Située au détour de quelque année cinquante.
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Pépiement d’oiseaux, calme absolu,
Voici la paix bientôt revenue.
Des poules d’eau, en famille, avec poussins
Quêtent un subside à la bordure blanc-chagrin.
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Des feuilles dérivent lentement,
Portées par le maigre courant,
Rien ne trouble là la quiétude.
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L’Humain s’est abstenu, sans habitude,
De venir, en ce milieu d’après-midi.
J’en suis heureux car bien lui en a pris :
C’est jouissance qu’ici priser la vie.
Première, brute et sans chichi.
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C’est miracle, ô surprise,
Manière d’idylle dans la ville !

JOUR DE GRÂCE
Aux marches de l’été,
Au point de cette journée
Mutin le soleil
Invite au gai lever.

Ce poème « aux colverts » est le seizième élément d’une série (collection) intitulée » La mare », en lecture libre sur atramenta.net http://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913
CHAUD-FROID DE CANARDS
À l’orée du printemps,
Légèrement à l’abri d’un pourtour arboré,
La mare un peu se détend.
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Elle cache, vergogneuse,
Sa surface marron, vert profond
Qui parfois stagne, encore hideuse,
Reste du temps où l’hiver se morfond.
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Le soleil fugitif fait alterner les saisons.
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Il reparaît et, enjoué, le vent-compagnon
Pousse sur l’eau ses risées, en vaguelettes,
Lui donnant pour peu un joyeux air de fête.
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À nouveau il fuit, hésitant.
Le froid revient un instant,
Me chasse, mécontent.
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Mais voilà qui n’émeut guère,
Côte à côte, magnifiques, de beauté imposants,
Hiératiques, en leur royaume bien régnant,
Monsieur et Madam’ Colvert,

LA MARE S’ÉVEILLE
Mi-mars n’est plus très loin.
La mare se déraidit.
La caresse frileuse d’un soleil nain
Tend à lui faire oublier le frimas de la nuit.
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Il est quinze heures. Une petite chaleur
Surchauffe la tête, qui se casque,
Tandis que la bise, sans peur,
Glace le corps fuyant le vent-bourrasque.
——————————————– Lire la suite « La mare s’éveille (poésie) »