Café littéraire

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Si ce vendredi 11 septembre vous êtes du côté de Brétigny sur Orge (91), 20 heures, office du Tourisme,passez écouter cette présentation de mon recueil de poésies (surtout) et réflexions « Saisons poétiques en train, voyages au fil de la vie ».

Je laisse Gisèle Leconte, auteur , vous le présenter :
 » Tout banlieusard en sait long sur la grisaille du RER, ses odeurs de fer rouillé et de salissures, ses ensommeillements du petit matin, ses lassitudes du soir, ses moiteurs exécrables, tout banlieusard connaît cette locomotion fort peu encline à la contemplation et à l’extase. Pourtant, Claude Colson, le poète au cœur tendre et au regard en éveil, transforme nos allers-retours quotidiens, en une balade colorée, suave et sensuelle,
Voyage entre l’au-dehors de derrière la vitre qui renvoie l’écho normatif de l’agitation des saisons et l’épicentre en interne des voitures, où chacun semblable à l’Autre, se recroqueville,en face à face. Les vies, les rêves, les sentiments, les émotions, de ces Autres que l’on reconnaît au fil des stations sans se connaître jamais…Mais toujours la beauté présente !
Ce recueil est magnifique de sensibilité, de réalisme, tout voyageur de RER s’y reconnaîtra !
C’est un très beau recueil à découvrir . « 

La mare, aux deux tiers de l’été (poésie)

la mare automne

19 ème opus de ma série « La Mare » sur atramenta.net

 http://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913

Depuis longtemps, paisible, elle m’attend.

Ce jour – pourquoi ? – j’ai perçu l’appel.

À ma gauche, à son bord, bruit la cascatelle ;

L’oreille est charmée par ce doux son constant.

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Balade matinale au lac

le lac#RaysDay

9h30. Le lac s’éveille. Ce ne sont que criaillements d’oiseaux. Malgré le soleil encore faible de cette fin d’août, il règne une agréable fraîcheur.

Impression de début du monde où tout est possible.

Les cris d’oiseaux sont très divers, tout comme leur faune en ce lieu.

Sur une minuscule plage enserrée dans les arbres, un troupeau de canards paresse tout en bougeant sans cesse légèrement. Certains picorent quelque herbe ou algue flottant au bord de l’eau.

Je m’approche très lentement et, si quelques uns plongent doucement, la majorité reste sur la berge après s’être approchée prudemment du plan.

Ces oiseaux sont majoritaires et j’ai presque la sensation d’être des leurs. Je ne bouge pas ; hors de question de troubler la petite vie qu’ils mènent en quiétude. On dirait qu’ils m’acceptent.

J’assiste alors à l’envol bruyant et majestueux du héron qui se dissimulait derrière le bouquet d’arbres proche.

Je pense à la beauté de la silhouette du Concorde qui imitait, avec succès, la nature.

Plus loin, tandis que quelques mouettes traversent le ciel, de l’autre côté, arrive soudain une immense volée de colverts dont le feu du plumage miroite dans le soleil. Ensemble ils restent comme un instant en suspens au-dessus de la surface, voilure déployée, pour se poser en bande dans un grand bruit porté jusqu’à moi par ces eaux calmes. C’est tout juste si un retardataire replie ses ailes tradivement, en léger décalage.

Le hêtre roux resplendit dans la lumière orangée alors que le pépiement tout proche me berce.

Quelle splendeur !  » Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » (C. Baudelaire)

C’est la paix du matin, même pas troublée par cette joggeuse casquettée qui passe pour la deuxième fois, bouclant un nouveau tour, et adresse un sourire à l’écrivant paisible à chapeau de pêcheur que je suis. Connivence des coiffes ?

Je prends, heureux, le chemin du retour, réconcilié, et puis dire : vive la vie !

La mare en fin de printemps (poésie)

mare fin printemps

(Parmi les 18 poèmes de ma collection « La Mare », sur atramenta.net)

 

Ce jour règne ici temps clément,

Il faut descendre à la mare un moment !

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L’air est doux, embaumant,

Le parfum de la brise, grisant.

La tiédeur détend corps et pensées,

Donne, lascive, l’envie de s’attarder.

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Rond, le bassin semble peu profond,

Un rai lumineux en révèle le fond

Tout marron : artifice ou alluvions ?

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C’est la teinte chaude, mystérieuse

Des bouteilles de vin aux années glorieuses

D’une mienne jeunesse, oubliée, étonnante,

Située au détour de quelque année cinquante.

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Pépiement d’oiseaux, calme absolu,

Voici la paix bientôt revenue.

Des poules d’eau, en famille, avec poussins

Quêtent un subside à la bordure blanc-chagrin.

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Des feuilles dérivent lentement,

Portées par le maigre courant,

Rien ne trouble là la quiétude.

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L’Humain s’est abstenu, sans habitude,

De venir, en ce milieu d’après-midi.

J’en suis heureux car bien lui en a pris :

C’est jouissance qu’ici priser la vie.

Première, brute et sans chichi.

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C’est miracle, ô surprise,

Manière d’idylle dans la ville !

Jour de grâce (poésie)

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JOUR DE GRÂCE

 

Aux marches de l’été,
Au point de cette journée
Mutin le soleil
Invite au gai lever.

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Le regard (poésie)

Bientôt l’automne approche ;

Le froid va durcir les roches.                                        2013-07-19 été 2013 vosges 001

Mais la nature s’offre un répit,

La rivière coule encore en son lit.

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Le jour vient de poindre,

C’est la paix alentour.

Le pays, beau, comme à peindre,

Dort toujours son sommeil lourd.

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Chaud-froid de canards (poésie)

Canard colvert

Ce poème « aux colverts » est le seizième élément d’une série (collection) intitulée  » La mare », en lecture libre sur atramenta.net          http://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913

CHAUD-FROID DE CANARDS

 

À l’orée du printemps,

Légèrement à l’abri d’un pourtour arboré,

La mare un peu se détend.

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Elle cache, vergogneuse,

Sa surface marron, vert profond

Qui parfois stagne, encore hideuse,

Reste du temps où l’hiver se morfond.

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Le soleil fugitif fait alterner les saisons.

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Il reparaît et, enjoué, le vent-compagnon

Pousse sur l’eau ses risées, en vaguelettes,

Lui donnant pour peu un joyeux air de fête.

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À nouveau il fuit, hésitant.

Le froid revient un instant,

Me chasse, mécontent.

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Mais voilà qui n’émeut guère,

Côte à côte, magnifiques, de beauté imposants,

Hiératiques, en leur royaume bien régnant,

Monsieur et Madam’ Colvert,

La mare s’éveille (poésie)

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LA MARE S’ÉVEILLE

Mi-mars n’est plus très loin.

La mare se déraidit.

La caresse frileuse d’un soleil nain

Tend à lui faire oublier le frimas de la nuit.

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Il est quinze heures. Une petite chaleur

Surchauffe la tête, qui se casque,

Tandis que la bise, sans peur,

Glace le corps fuyant le vent-bourrasque.

——————————————– Lire la suite « La mare s’éveille (poésie) »

Les déferlantes – Claudie Galley (note de lecture)

les déferlantes

Résumé de l’éditeur : Un jour de grande tempête sur la pointe de la Hague, Lambert revient quarante ans après sur le lieu du naufrage de ses parents et de son petit frère. La narratrice, intriguée par cet homme, va peu à peu découvrir le mystère et les secrets de cette noyade et mettre au jour les liens complexes unissant certains habitants du bourg. Grand Prix des lectrices de«Elle» 2009.

Ma lecture :

Un livre déjà ancien, allez-vous dire. Oui, mais une valeur sûre, un livre qui m’a emporté. 😉

En le refermant, j’avais dit : j’en ai le souffle coupé. Exceptionnel, magnifique, magistral ! Et de bout en bout ! Puis, quand j’ai retrouvé la voix,  hélas, car l’émotion éprouvée vers la fin était indicible et si belle, j’ai essayé d’en souligner la force.

Ce livre, je l’ai d’abord ressenti.
L’écriture est si sobre et si juste que les scènes sont là devant nos yeux incrédules, livrées dans une objectivité brute qui nous contraint à y déverser nos interprétations et émotions.
La vie surgit à chaque instant, distillée en touches impressionnistes créant comme un unanimisme, et au centre : la fragilité de notre condition, le tout remarquablement mis en lumière par une langue parfaite (ou parfaitement adaptée). Lire la suite « Les déferlantes – Claudie Galley (note de lecture) »

Julius Winsome ( Gérard Donovan) – Note de lecture

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17 janvier 2015

Poète, romancier et nouvelliste, Gerard Donovan, né en Irlande, vit actuellement aux États-Unis. Julius Winsome est son premier roman à paraître en France. Source : éditeur ; (paru en 2009),

Présentation de l’éditeur
Julius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au coeur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d’anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région. Il préfère chérir ce que son père aimant lui a légué : les milliers de livres qui tapissent son chalet et le Lee-Enfield, ce fusil rapporté par son grand-père anglais des tranchées de la Première Guerre mondiale. Son unique compagnon est son chien Hobbes. La mort de ce dernier, abattu par un chasseur, déclenche chez cet homme doux une fureur meurtrière. Les halles crépitent alors dans la forêt enneigée. Julius Winsome est l’histoire tendue et émouvante d’un  » étranger » à la fois hypersensible et détaché, amoureux de la langue et misanthrope. Avatar du Meursault de Camus, qui tuait « à cause du soleil « , Julius Winsome tue à cause de la neige, symbole de pureté et de deuil. Écrit dans un style puissant et poétique, ce récit d’amour, de vengeance et de mort est à l’image du paysage, âpre, froid, cinglant. C’est aussi un hymne à la nature et à ses créatures sauvages.

Mon avis :

J’ai adoré ce livre sur la vie d’un homme menant une existence quasi recluse. De magnifiques descriptions de nature sauvage.
Il nous interroge sur les différents modes d’existence possibles et on reste songeur en refermant l’ouvrage, nos certitudes ébranlées.
Les deux dernières lignes atteignent à la puissance du symbole.

Apparemment les avis de lecteurs sont très tranchés : ou on aime ou on déteste. Àpropos de ce constat, bix229, un internaute a écrit : « Moi ce qui me frappe de plus en plus, c’ est la façon dont fontionne l’ entité d’ un moment livre/lecteur…
Comme le dit quelque part le poète Octavio Paz, le poème écrit appartient à celui qui le lit…
Et celui qui le lit est chaque fois différent, meme si c ‘est le meme ! »

J’avais ajouté en plaisantant : …et qui n’est jamais ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, qui aime et qui comprend….  🙂