Max ou l’art subtil de vieillir (roman)- 2019

Voili, voilou : il est paru aux éditions La p’tite Hélène !

Il a même fait sa première sortie publique samedi dernier, lors d’une signature où 5 exemplaires sont partis vers leurs lecteurs, presque tous lectrices en fait, même si je présentais mes 10 livres édités.

Lui, c’est mon cinquième roman , de quelque 150 pages : je reste fidèle au genre court qui est l’une de mes caractéristiques. C’est une fiction qui pour partie s’inspire du vécu.

2 amis de toujours arrivent à l’âge de la retraite et ont quelque difficulté à s’adapter à ce nouveau statut, qui les voit socialement dévalorisés. Finiront-ils par trouver un modus vivendi, voire une solution à ces nouveaux problèmes ? C’est à vous, lectrices et lecteurs, qui êtes- ou connaissez des personnes dans cette situation, ou la connaîtrez vraisemblablement vous-mêmes un jour, de le découvrir.

Des extraits figurent déjà sur ce blog (https://claudecolson.com/2019/01/ ; https://claudecolson.com/2018/10/15/10-ieme-livre-et-5-ieme-roman-bientot/) et un autre sur le site de l’éditeur.

Infos et achat : ICI

Le prix public du livre papier est de 16 euros. Il vous attend. 😉

Extrait de « Max ou l’art subtil de vieillir, roman à paraître en février.

Ce roman court est mon dixième livre et cinquième roman.

Deux extraits sont déjà en ligne, l’un sur ce blog, l’autre sur le site de La p’tite Hélène éditions. En voici un nouveau :

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Arrivé chez son copain, Max le trouva attablé, occupé à lire son journal. En le voyant, il se dit : tiens, il a encore maigri, c’est flagrant depuis quatre ou cinq mois. Mieux vaut ne pas lui en parler. Son aspect lui sauta également aux yeux : certes il était chez lui, mais visiblement il n’avait pas pris la peine de se coiffer ni même de s’habiller correctement. Il pensa : il se laisse aller… Il dégustait une bière belge, un peu forte en alcool. En dépit de l’heure encore matinale, ce n’était sûrement pas sa première car Max lui trouva la langue légèrement pâteuse :

—  Eh bee, mon vieux, tu picoles déjà ? Ouest-ce qui ne va pas ?

–— Tu le sais bien, à quoi on sert maintenant qu’on est retraités ? À rien ou presque, on est en marge de la société – pas bien belle aujourd’hui d’ailleurs. On ne voit quasiment plus personne. On est condamnés à rester enfermés dans nos quatre murs ; moi en tout cas j’ai plus envie de sortir : pour aller où du reste… je ne connais plus personne, pfff

— Oh là ! Il faut te secouer, vieille branche, t’évolues mal là. J’ai bien entendu tout à l’heure où t’en était. C’est pour ça que je suis venu : on va aller se changer les idées !

—  T’es sympa ; je veux bien mais tu sais comme moi que c’est juste un dérivatif. Ça ne changera rien au fond ; après on se retrouvera au même point. Heureusement que j’ai mon journal, mes cigares et ma bière ou mon pastis. Si j’avais pas ma fille et ses petits, y’a longtemps que j’serais « parti ». Et puis eux d’ailleurs…

— C’est bon, je connais le refrain. Tu vas dire qu’elle te délaisse etc, allez, zou, on y va, tu vas voir que la bonne petite bouteille au restau nous redonnera le goût de vivre. Toi, en tout cas, t’en as sacrément b’soin aujourd’hui.

Max avait remarqué, ces dernières années que son ami buvait un peu plus que de raison, mangeait le minimum – un seul repas principal par jour, que, de surcroît, il accompagnait ces derniers temps de pastis plutôt que de vin. Il filait un mauvais coton mais Max ne songeait pas à l’en blâmer. Il ne trouvait pas d’arguments sérieux à lui opposer. Il connaissait lui-même trop bien ce sentiment d’inutilité qui vous tombe généralement dessus, une fois que vous avez cessé toute activité professionnelle, quand les enfants sont partis vivre leur vie et n’ont, par nécessité, plus beaucoup de temps à vous consacrer. Lui-même passait pas mal de son temps à « glander » dans son appartement. Pourquoi faire les choses quand on en perd le goût ? et aussi, pour qui ?

Difficile, dans ces conditions, de « péter la forme ». À cet âge, dans nos civilisations occidentales et de nos jours, les couples se sont défaits, pratiquement une fois sur deux dans les environs de Paris, et les seniors, comme on tente de les appeler pudiquement, disons sans crainte les vieux, sont voués à la solitude. C’était le propre de la génération des babyboomers qui n’avaient plus vécu comme leurs parents : plus d’indépendance, moins de mariage, moins d’enfants.  Y échappaient, bien sûr, ceux qui, peu nombreux, avaient su organiser leur départ à la retraite et surtout l’après. Un truc facile à dire, surtout si c’est une recommandation qui vient d’amis bien intentionnés. Ils ne manquent jamais de vous le seriner. Le réaliser est une autre paire de manches ! …/

Boutique de l’éditeur

(réduction de 15% jusqu’à la parution : prévente)

 

10 ième livre et 5 ième roman : bientôt !

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Un petit éditeur courageux car prenant des risques, qui monte, vient d’accepter ce roman (aucun rapport entre le « courageux »et  la qualité de mon livre , ha ha !)

Il devrait paraître en décembre ou janvier et est actuellement en prévente sur le site de l’éditeur (remise 15%) ICI

Il traite d’un thème qui concerne ou concernera beaucoup de personnes : la difficulté à aborder les soi-disant douces rives de la retraite. Vous y verrez comment deux amis de toujours tâchent de maîtriser simultanément cette phase de leur existence, avec plus ou moins de bonheur.

Comme à mon habitude de poète écrivant à l’os, c’est un roman relativement court (150 pages ou un peu plus).

J’espère que vous trouverez autant de plaisir à le lire que j’ai eu à l’écrire.

Je joins ci-dessous un extrait différent de celui qui est sur le site des éditions La P’tite Hélène (dirigeant Luc Eyraud).

EXTRAIT : scène d’ouverture…

1995

Tous deux à mi-vie, Anne-Marie et Max venaient d’avoir des mots. Une algarade brève, expéditive, témoignant de la mésentente qui depuis des mois s’installait entre eux.

Il faut dire que les circonstances s’y prêtaient : la mère de Max, âgée de 84 ans, avait eu une alerte de santé quelques jours plus tôt et il avait fallu l’hospitaliser en urgence. Le soir, il était rentré de son travail et immédiatement son épouse l’avait mis au courant :

  • Il faut que tu ailles la sortir, ils ne vont pas la garder, c’est ce qu’ils m’ont laissé entendre.

  • D’accord, j’y fonce.

Max trouva sa maman dans une sorte de couloir, un réduit lugubre jouxtant les urgences. Allongée sur un brancard, elle attendait.

Les médecins lui dirent qu’elle ne devait pas rester seule durant un ou deux jours et il décida de la ramener chez lui. Il vivait dans un pavillon de banlieue avec sa femme et leurs deux enfants de 17 et 12 ans.

À l’issue de ce délai, Huguette, sa mère, se dit un peu faible et souhaita rester davantage chez eux, si bien qu’au bout de 5 jours, elle partageait toujours leur logement.

Anne-Marie et Max durent répondre le dimanche à l’invitation d’une amie, en province, et firent venir la veille un docteur afin de tranquilliser la malade. C’était un médecin de garde, en ce week-end, mais il était âgé et expérimenté. Il ausculta la patiente et lui déclara tout de go : Rassurez-vous, Madame, vos enfants peuvent partir la journée, vous ne mourrez pas demain !

Le soir, en aparté, Anne-Marie déclara : «  Mais qu’est-ce qu’on va faire, si elle ne peut plus rester seule. On n’a pas la place pour la garder ici. »

Max se tut, Il était pris entre son amour filial, ce qu’il considérait comme ses obligations et la réalité. Il en voulut aussitôt à sa femme d’avoir de telles premières pensées, aussi concrètes alors que lui ne pensait à ce moment-là qu’à l’état de santé de sa maman.

Le lendemain soir, à leur retour, Huguette venait de décéder.

L’échange entre Max et son épouse n’en fut pas même un, plutôt un simple monologue. Il se tourna vers elle et lui dit méchamment : «  tu vois, ton problème est réglé ! » 

Plus tard il réalisa que cette divergence de points de vue était quand même fondée ; sur le coup, il avait réagi comme quelqu’un dont le couple est en difficulté depuis pas mal de temps, c’est à dire de manière un peu hargneuse.

2

2015, vingt ans plus tard, Max appelle son vieux copain :

  • Allô, Michel, c’est moi, comment vas-tu, vieux brigand ?    …/