Mini-promenade automnale

la mare automne

L’une des 22 pièces (poèmes et prose de  ma série La Mare (lien ci-dessous)

: http://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913

MINI-PROMENADE AUTOMNALE

 

Je me dirige vers le parc et admire au passage, dans le lointain, les maisons sagement alignées sur les collines, serrant à leur cou leur écharpe de brume.

L’air est vif ; la route descend doucement. Bien vite, je suis à destination . D’abord m’assaille l’odeur de sous-bois émanant du tapis dense et mordoré des feuilles qui jonchent une terre devenue presque invisible.

Tout de suite l’œil est accroché par le mince ruban de mercure du ruisseau à contre-jour. Il n’est que miroitement mouvant. Plus loin, la mare, toujours revêtue de son uniforme vert de lentilles d’eau. Énigmatique, sournoise, même si vers le bord trône, immobile, un ballon d’enfant d’un bleu presque sombre et fluo, ocellé de noir.

Je suis seul ; il n’est pas encore dix-heures.

Délaissé, le toboggan est là,inutile, avec ses rampes multicolores : un Beaubourg rural. On entend le bruit d’un ruisseau canalisé qui, du haut de quelque rocaille artificielle que je sais là-bas, se déverse dans le plan. Un oiseau isolé survole l’ensemble en criaillant. Les trilles d’un congénère lui répondent dans le sapin, déclenchant une sorte de concert varié.

Soudain l’heure sonne à l’église du bourg. Toujours personne alentour ; l’humidité de la nuit recouvre les bancs ornés aussi de feuilles mortes clairsemées. Debout au bord de l’eau, j’écris, les sens aux aguets. Un observateur – heureusement absent – me prendrait pour un original ; qu’importe : quand l’écriture vous prend, elle prévaut !

Encore m’attarder un peu sur le mouvement d’une mère cane qui , caquetant, poursuit dans un grand battement d’ailes ses rejetons indociles et c’est déjà l’heure de rentrer, heureux d’avoir posé ces mots, d’avoir ajouté quelque chose au monde.

Au retour, me forçant à reprendre la plume, le soleil, perçant enfin les nuages moutonnants, frappe soudain l’or des feuilles, faisant naître un somptueux embrasement qui, hélas, bientôt s’éteint.

La nature joue les coquettes et moi, je peux poser le stylo.

 

la mare, près l’endormissement (poésie)

2015-10-24 automne 2015 bretigny etc 002

Avant le 2 novembre, la mare songe au deuil ;

La voilà toute jonche-feuille.

C’est pourtant un deuil gai

Car jaune est la feuillée

Formant damier serré

Aux reflets mordorés.

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Au lointain sapin, le roux domine,

Seules des traînées de vert tendre l’illuminent.

L’ensemble est, lui aussi, douce beauté, Lire la suite « la mare, près l’endormissement (poésie) »

La mare, aux deux tiers de l’été (poésie)

la mare automne

19 ème opus de ma série « La Mare » sur atramenta.net

 http://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913

Depuis longtemps, paisible, elle m’attend.

Ce jour – pourquoi ? – j’ai perçu l’appel.

À ma gauche, à son bord, bruit la cascatelle ;

L’oreille est charmée par ce doux son constant.

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La mare en fin de printemps (poésie)

mare fin printemps

(Parmi les 18 poèmes de ma collection « La Mare », sur atramenta.net)

 

Ce jour règne ici temps clément,

Il faut descendre à la mare un moment !

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L’air est doux, embaumant,

Le parfum de la brise, grisant.

La tiédeur détend corps et pensées,

Donne, lascive, l’envie de s’attarder.

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Rond, le bassin semble peu profond,

Un rai lumineux en révèle le fond

Tout marron : artifice ou alluvions ?

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C’est la teinte chaude, mystérieuse

Des bouteilles de vin aux années glorieuses

D’une mienne jeunesse, oubliée, étonnante,

Située au détour de quelque année cinquante.

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Pépiement d’oiseaux, calme absolu,

Voici la paix bientôt revenue.

Des poules d’eau, en famille, avec poussins

Quêtent un subside à la bordure blanc-chagrin.

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Des feuilles dérivent lentement,

Portées par le maigre courant,

Rien ne trouble là la quiétude.

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L’Humain s’est abstenu, sans habitude,

De venir, en ce milieu d’après-midi.

J’en suis heureux car bien lui en a pris :

C’est jouissance qu’ici priser la vie.

Première, brute et sans chichi.

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C’est miracle, ô surprise,

Manière d’idylle dans la ville !

Chaud-froid de canards (poésie)

Canard colvert

Ce poème « aux colverts » est le seizième élément d’une série (collection) intitulée  » La mare », en lecture libre sur atramenta.net          http://www.atramenta.net/collections/la-mare/1578-913

CHAUD-FROID DE CANARDS

 

À l’orée du printemps,

Légèrement à l’abri d’un pourtour arboré,

La mare un peu se détend.

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Elle cache, vergogneuse,

Sa surface marron, vert profond

Qui parfois stagne, encore hideuse,

Reste du temps où l’hiver se morfond.

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Le soleil fugitif fait alterner les saisons.

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Il reparaît et, enjoué, le vent-compagnon

Pousse sur l’eau ses risées, en vaguelettes,

Lui donnant pour peu un joyeux air de fête.

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À nouveau il fuit, hésitant.

Le froid revient un instant,

Me chasse, mécontent.

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Mais voilà qui n’émeut guère,

Côte à côte, magnifiques, de beauté imposants,

Hiératiques, en leur royaume bien régnant,

Monsieur et Madam’ Colvert,

La mare s’éveille (poésie)

ma mare 2

LA MARE S’ÉVEILLE

Mi-mars n’est plus très loin.

La mare se déraidit.

La caresse frileuse d’un soleil nain

Tend à lui faire oublier le frimas de la nuit.

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Il est quinze heures. Une petite chaleur

Surchauffe la tête, qui se casque,

Tandis que la bise, sans peur,

Glace le corps fuyant le vent-bourrasque.

——————————————– Lire la suite « La mare s’éveille (poésie) »