Péripéties de la sortie d’un livre au temps de la COVID « Être jeune, être ch’ti dans les années 50-60 »

Le parcours de parution de mon quatorzième livre fut difficile. J’ai fait mes premiers envois aux éditeurs fin janvier 2020, juste avant la première vague. La conjoncture était défavorable et l’évolution fut chaotique :

– un éditeur me dit très vite l’accepter, mais ne fixe aucun horizon de publication ni n’envoie de contrat.

– un autre, honnête – je précise – me demande toutefois d’acheter 20 ex, au prix public, vu la situation et le créneau très spécial du livre. ( je diffère, mais finalement ce sera une non-acceptation de ma part, ayant trouvé une autre solution )

– suivent diverses propositions plus ou moins onéreuses ; je passe.

– trois maisons d’édition, ne le prenant pas, me suggèrent un retravail, ce que je fais.

– un éditeur le refuse aussitôt puis me relance au bout de sept mois, pour finir par ne pas donner suite.

– un éditeur l’accepte, mais ne verserait des droits d’auteur sur tout ex que si au moins 801 ex sont vendus.

– un grand éditeur ne l’a pas pris, le jugeant trop similaire à un autre de ses livres à paraître.

– un éditeur des Hauts de France l’a gardé longtemps à portée de main, le jugeant intéressant, puis change sa ligne éditoriale.

Les refus s’accumulent.

– le patron d’une grande maison me joint spontanément, enthousiaste (« ce livre mérite d’être transmis à la postérité… »), mais un relecteur consulté dit non. Un troisième tranche donc : ce sera non.

– d’autres mettent des mois et des moins, parfois plus d’une année pour donner une réponse, qui souvent même ne vient pas.

– au bout de 25 mois de recherche, les éditions annickjubien enfin l’acceptent, mais conditionnent sa parution à la prévente de 50 ex en un mois. Ce sera fait en trois semaines.

le livre sort le 1er juin 2022 ; 28,5 mois après les tout premiers envois. OUF !

Il existe en version papier (16 euros) et numérique (9,90 e.) et on peut se le procurer chez l’éditeur, en librairie(sur commande) ou sur toutes les plateformes

Les premiers retours sont élogieux (voir page dédiée de mon blog claudecolson.com)

Moralité : vous voyez ce qu’il faut de patience et de persévérance à un auteur (même non-débutant) dans ce combat qu’est l’édition d’un livre.

Le livre en bref : je reviens par grosses rubriques non étanches sur le mode de vie de ces années-là dans une province française (école maternelle, école primaire, le lycée, l’université, le village et sa vie, la maison, les distractions, la religion, la sexualité, le service militaire, l’expérience professionnelle, l’Histoire : une redécouverte pour les plus âgés, un enseignement pour les autres, un texte qui peut parler à trois générations. 

2 réflexions sur “Péripéties de la sortie d’un livre au temps de la COVID « Être jeune, être ch’ti dans les années 50-60 »

  1. Ah mon cher Claude, j’admire ta patience et ta pugnacité… Tu fais partie d’une espèce en voie de disparition, hélas… Aujourd’hui, les jeunes ne bougent plus le petit doigt à moins de 1.500€ nets par mois, tout en négociant des semaines de RTT avant l’embauche !
    Alors, évidemment, écrire un livre, pour eux, ne se conçoit même pas…
    A ce train, même les éditeurs vont disparaitre ! (On me dit dans l’oreillette que Bolloré s’y emploie)
    Bonnes ventes en tous cas !
    Amitiés

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s