La Bourboule, mars 2026

Le séjour tire à sa fin, mais 2 semaines, c’est appréciable. Profitons des derniers jours.
Arrivé ici par hasard, il y a 2 ans, alors que je cherchais une villégiature en montagne, La Bourboule m’a pris. Le petit appartement dont nous nous moquions, sur photos, lui que – rigolards – nous nommions  » le rayé » à cause d’un papier peint que nous jugions obsolète, une fois réellement découvert, m’a pris, y compris avec cette tapisserie !
La région toute entière et ses habitants rencontrés, les paysages, la gastronomie m’ont pris. La vue de nos fenêtres, sur les montagnes, m’a pris.
Bref, ici c’est le bonheur !

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Rando Saudades, Puy de Dôme

Rando Saudades 63
1er mars 2026, vers 16 heures.

Départ en voiture de La Bourboule, Murat le Quaire, vers la Banne d’Ordanche. Arrêt à l’embranchement de la route forestière sur la droite puis nous mettons les chaussures de montagne et c’est parti ! Petit bout de chemin ombragé en descente et voici vite le soleil qui nous réchauffe dans la montée par ces quelque 7 degrés.

Bientôt, à droite, vue magnifique sur les Monts Dore enneigés, blancs dans l’azur, à travers les branchages décharnés. Les flancs de montagne sont ocre, la végétation rase grillée par le froid et le gel. Plus haut, les herbes rebelles et vivaces formeront d’innombrables boules serrées qui moutonneront la pente. Les graviers et cailloux crissent sous nos pas, bruit qu’accompagne le cliquetis des bâtons de marche. Sur notre gauche, en montant, surgissent les rocs brunâtres et bientôt nous embrassons du regard, d’assez près, à la fois la Banne, le Tenon et le puy Gros. Spectacle magique de la nature sauvage, ensoleillée, balayée par un vent glacial qui va tantôt nous faire redescendre. Admirer cette fois à la droite du chemin le Puy Gros, flanqué de petites orgues basaltiques incomplètes, se dressant sur le fond d’écran blanc immaculé de la chaîne des Monts Dore entourant leur seigneur.

Recevoir le bonjour de quelques humains, assez peu nombreux, se dirigeant vers l’amont ou vers l’aval, ne manquant pas de nous saluer comme nous le faisons nous-mêmes. Ici l’humanité est encore présente et c’est heureux ! Nous empruntons le chemin de retour, sans omettre d’admirer dans le soleil, les reflets miroitants d’une rigole d’eau clapotant en dévalant les pentes.

À nouveau redire Que c’est beau, c’est beau, la vie ! Comme l’a fait en d’autres circonstances ma compatriote Chti Isabelle Aubret.

La Mare tout autre (poésie)

La Mare tout autre
(110 ième pièce de ma collection poétique La Mare sur atramenta.net)
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8 janvier an 25 du troisième millénaire la Mare
Abords enneigés comme jamais
L’ile de France a subi et c’est très rare
Une tempête neigeuse on ne la reconnaît
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C’est encore Brueghel l’Ancien qui m’apparaît
Tableau d’hiver au charme parfait
Les canards ébahis marchent sur la glace
Couvrant du plan toute la surface
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En vingt et trois années c’est la première fois
Que ces eaux familières ainsi me surprennent
Le gel la froidure ont figé l’effroi
De l’onde qui ce jour paraît bien à la peine
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Mais déjà la neige des berges fond de-ci de-là
En une boue sale sirupeuse éphémère
Bientôt la Mare se réjouira
De jeter aux chiens son manteau de pierre

Plaisir retrouvé

Plaisir d’avoir à nouveau sous les yeux ce paysage chéri et choisi. Adossées aux pentes boisées, les façades ocre clair des maisons à mi-pente prennent de plein fouet la douce lumière de ce soleil froid de fin décembre.
Elles la renvoient, sereine, à mes yeux enchantés. Les ramilles denses et dėcharnėes du bouleau, face à moi, chargées de grappes marron, serrées, d’un feuillage mince et pourrissant la tamisent quelque peu.
Ici, à l’intérieur, peu de choses laissent deviner les moins six degrés qui glacent le dehors.
Ce nouveau séjour m’apporte ce qu’en moi j’attendais : la joie pure et simple ; celle que seule la beauté de la nature peut offrir à l’humain.
Cerise sur le gâteau : ce spectacle a toujours ou encore sur moi l’effet d’écriture. Il me pousse à prendre la plume pour dire le Beau. Ici, face à CELLE d’ Ordanche, le modeste écrivain que je suis n’est jamais en Banne d’inspiration ! 😉 Et c’est très bien comme ça. Puisse cela durer !

La mi-août passée, en deux étapes

Avant :
La mi-août passée, c’est la règle : le temps a basculé. La canicule des récents jours a cédé à une fraîcheur relative. Face à moi la montagne a revêtu son écharpe de nuages et la lumière est comme dépolie, privée du moindre rayon de soleil. D ‘aveuglant, le paysage paraît à présent plus terne et offre pourtant un charme mélancolique qui apaise l’œil. Pas un souffle
n’ agite les grappes de feuilles pendantes du bouleau pleureur, là derrière ma fenêtre. Cette vision paisible instille en l’âme un calme bienfaiteur.
De ma haute posture, à l’étage, je ne vois rien bouger. Les humains sont trop bas pour que je les aperçoive. Je distingue seulement les amas de bâtiments et de toits qui gravissent la montagne, là, juste devant moi. L’immobilité de l’ensemble incite à la méditation. La vue grandiose rappelle  l’infinie petitesse de l’humain, sous toutes les acceptions, si l’on songe aux misérables conflits qui agitent le monde ces temps-ci. La solution temporaire serait-elle dans ce repli ?
Aujourd’hui :
Eh, c’était encore les vacances, leur fin, mais quand même fin août : les vacances, la nature !
Aujourd’hui c’est septembre, la rentrée et de plus : la grisaille du temps et de la ville. Tout porte à la morosité.  À l’intérieur, les politiques  qui s’enlisent, qui – obligés – font semblant de croire à leur discours alors que le peuple ne les suit plus depuis bien longtemps. Seuls quelques crédules (?) s’accrochent encore. Les restrictions annoncées, inéluctables nous dit-on et le pire c’est que c’est sans doute vrai, l’austérité, l’avenir sombre pour les générations futures.
À l’international, ce n’est guère mieux : la guerre non loin, les « grands » qui veulent se partager le monde et personnellement j’ajouterais en ce qui me concerne l’abjection que j’éprouve envers l’extrémisme de l’état israélien, ses tueries inqualifiables, illégitimes, organisées par dizaine de milliers devant la passivité totale du monde depuis bientôt deux ans – à gerber -, sa « morale » de « pour une dent, toute la gueule » dans un conflit qu’il alimente lui-même très largement depuis et pour des générations…
Elle n’est pas belle la vie ? Alors, le repli, tant qu’il est encore possible ?

22 juillet 2025

22 juillet 2025.
La Bourboule à nouveau. Dédicaces ; tentatives au Hall de la presse. Ce n’est jamais gagné. Temps mitigé alternant grisaille et percées du soleil. Pas très chaud, 13°. Altitude 850 m. Face à moi, l’avenue, les thermes en travaux, avec leur coupole couleur lave.
Plus haut, la tour majestueuse du toit de Lire la suite « 22 juillet 2025 »

la mare sous 27 dégrés

(103 ième pièce poétique de ma collection La Mare, sur atramenta.net)

La mare sous 27°

11 heures ; chaud, ce matin.

Pas un souffle, pas un brin, Lire la suite « la mare sous 27 dégrés »

Fol espoir en train (poésie)

Repris, cet après-midi, le train oublié.

RER bien entendu, pas Eurostar.

Des progrès, à l’aller : voiture climatisée,

De très loin elle se prendrait pour une star.

 

Mais par vingt degrés, le confort est très moyen.

Il ne faut pas rêver ; progrès à petit train.

Au retour, en revanche, c’est le train ancien :

Pas de clim, heure plus avancée, wagon déjà bien plein, Lire la suite « Fol espoir en train (poésie) »

Mar[e]s

102 ième pièce poétique de ma collection La Mare

À l’entame de la seconde décade

De mars, le chemin vers la mare.

Disparus les crocus et leur mauve peu fade,

Bonjour les narcisses au jaune fort fanfare.

La fraîcheur intense encore en cette fin matin

Sait qu’elle livre ses derniers combats.

Les oiseaux pépient avec entrain

Contre un hiver qui faiblement se bat.

La mare enfin livre ses eaux calmes

À son fidèle amant quasi ébloui

Par sa beauté que griffent ici canards de leurs palmes,

S’agitant un peu au sortir du repos de la nuit.

Une corneille noire s’en est venue

Grapiller les miettes généreusement jetées

Par un promeneur ici égaré,

Partageant avec moi cette petite immensité.

Avant, apaisé, de m’en retourner,

J’admire toujours le manteau tacheté

Que ma mare, ce jour, revêt,

Manteau de pollens et de lichens fait,

Pour m’offrir une symphonie en vert

Qui de l’espoir annonce l’ère.

D’ailleurs, à mon départ, le soleil revenu

D’un coquin clin d’œil me salue.

La Mare sans la Mare (poésie)

101 ième pièce poétique de ma collection La Mare
La Mare sans la Mare
(02 février 2025)
Sept et dix jours déjà que je dois rester chez moi
Ma mare m’attend peut-être ; à moi elle manque
Je ne l’ai que fort peu décrite sans la vue-émoi
Vais tenter de l’imaginer, vagabond saltimbanque
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Cloîtré, je ne sais plus le temps qu’il fait
L’exercice est donc difficile, de fait
Je perçois vers dix-huit heures la lumière qui fenêtre-s’incruste
Et toi, t’assoupissant, t’imagines-tu quasi lacustre ?
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