
Avant :
La mi-août passée, c’est la règle : le temps a basculé. La canicule des récents jours a cédé à une fraîcheur relative. Face à moi la montagne a revêtu son écharpe de nuages et la lumière est comme dépolie, privée du moindre rayon de soleil. D ‘aveuglant, le paysage paraît à présent plus terne et offre pourtant un charme mélancolique qui apaise l’œil. Pas un souffle
n’ agite les grappes de feuilles pendantes du bouleau pleureur, là derrière ma fenêtre. Cette vision paisible instille en l’âme un calme bienfaiteur.
De ma haute posture, à l’étage, je ne vois rien bouger. Les humains sont trop bas pour que je les aperçoive. Je distingue seulement les amas de bâtiments et de toits qui gravissent la montagne, là, juste devant moi. L’immobilité de l’ensemble incite à la méditation. La vue grandiose rappelle l’infinie petitesse de l’humain, sous toutes les acceptions, si l’on songe aux misérables conflits qui agitent le monde ces temps-ci. La solution temporaire serait-elle dans ce repli ?
Aujourd’hui :
Eh, c’était encore les vacances, leur fin, mais quand même fin août : les vacances, la nature !
Aujourd’hui c’est septembre, la rentrée et de plus : la grisaille du temps et de la ville. Tout porte à la morosité. À l’intérieur, les politiques qui s’enlisent, qui – obligés – font semblant de croire à leur discours alors que le peuple ne les suit plus depuis bien longtemps. Seuls quelques crédules (?) s’accrochent encore. Les restrictions annoncées, inéluctables nous dit-on et le pire c’est que c’est sans doute vrai, l’austérité, l’avenir sombre pour les générations futures.
À l’international, ce n’est guère mieux : la guerre non loin, les « grands » qui veulent se partager le monde et personnellement j’ajouterais en ce qui me concerne l’abjection que j’éprouve envers l’extrémisme de l’état israélien, ses tueries inqualifiables, illégitimes, organisées par dizaine de milliers devant la passivité totale du monde depuis bientôt deux ans – à gerber -, sa « morale » de « pour une dent, toute la gueule » dans un conflit qu’il alimente lui-même très largement depuis et pour des générations…
Elle n’est pas belle la vie ? Alors, le repli, tant qu’il est encore possible ?