Portrait chinois, sur le blog Book a Blok

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Juillet 2012 :(je remercie l’administratrice de ce blog).


Portrait chinois de CLAUDE COLSON

 

Si j’étais un écrivain ?

Philippe Claudel, Nancy Huston

Si j’étais un roman pour cet été ?

La délicatesse- David Foenkinos ; lecture légère et agréable,

Si j’étais un héros de littérature ?

Le prince Muichkine de « L’idiot », quelqu’un m’a dit un jour « c’est toi » :), mais je ne sais plus si je l’ai lu…;)

Si j’étais un auteur :

Philippe Cusin, auteur, excellent article de JM Rouart dans Le Monde  avant ses obsèques le 3 nov. 1999.

 Si j’étais la femme idéale ?

Audrey Tautou et son Fabuleux destin…      …/

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« J’écris pour vivre plus intensément », (interview par C. Brunet, 2010)

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Je vais parler ici de mon rapport à l’écriture.

Dans la série des interviews qui m’ont été demandées et que je vous présente à rebours en commençant par les plus anciennes, voici la deuxième, de novembre 2010 pour le blog aloys de Christine BRUNET (je la remercie une fois encore de m’avoir permis de préciser ma démarche).

« Lorsque vous dites à quelqu’un que vous écrivez, après l’inévitable surprise de la première seconde, vous obtenez invariablement la même question : « et ça t’est venu comme ça ? »

L’histoire de l’auteur avec cette « première fois » est toujours différente mais donne toujours la clé pour comprendre son univers… Il est parfois des évidences incontournables qui se construisent au fil du temps, d’autres abruptes qui flirtent avec la pulsion passionnelle de l’instant.

 C’est lors de cette première confrontation à la page vierge que l’auteur tisse son rapport à l’écriture. Douceur, patience, travail ou violence, urgence, besoin… Raison ou déraison ? Moi, je dirai fusion entre certains auteurs et leurs textes…

 C’est ainsi que j’appréhende l’univers créatif de Claude Colson … Pour m’en assurer, j’ai fait comme tout le monde en lui posant la sacro-sainte question : « comment, quand et pourquoi t’es-tu mis à écrire ? » « C.B.

Je suis venu à l’écriture brutalement, il y a 15 ans. Deux éléments ont été déterminants : un changement d’activité professionnelle m’avait amené à faire des trajets quotidiens en train (qui ont une certaine importance dans ma poésie). Cela m’a redonné le goût de la lecture qui se trouvait, alors, mis en veilleuse. J’ai donc lu, lu, lu dans ces trains et à présent j’y écris aussi, mais pas seulement là. Et puis, des aléas de ma vie sentimentale ont fait qu’à un moment j’ai eu besoin de l’exutoire de l’écrit.

« Mes premiers mots d’auteur (dans Saisons d’une passion, début du livre) : il souffrait, il décida d’écrire. » raconte Claude Colson.

Je suis donc venu à l’écriture par l’autofiction et ai trois livres de ce genre à mon actif.

Depuis je n’ai jamais cessé d’écrire ; plus ou moins selon les époques.

J’écris au stylo, pour l’indispensable sensualité de cet acte, et retranscris ensuite à l’ordi (même ce texte pour toi ;  je sais, c’est du boulot, mais je n’imagine pas d’écrire autrement).

                                                                                                                                          aloyst (363x139) (363x139)

 Comme je le comprends même si, aujourd’hui, pour moi, le clavier a remplacé ma plume… Il y a cette sensation spéciale du papier sous la main, du stylo qui court sur la surface blanche et comble le vide peu à peu…Tu mélanges les genres dans tes textes : que t’apporte chaque style ?

Ce qui me vient le plus facilement, c’est l’expression d’un ressenti personnel, et assez souvent c’est sous forme poétique, notamment les temps forts. J’ai coutume de dire que c’est par paresse : pas besoin de se décarcasser à trouver un sujet, il est en moi ! En écriture, la recherche d’un thème a toujours été ma plus grande difficulté. Dès que j’ai couché une ligne sur le papier le reste suit.

Le poème est aussi une forme en soi achevée et….courte (pour le paresseux que je suis).

Le journal permet aussi, plus simplement peut-être, l’écriture de soi, et le récit permet de relater l’événementiel ( je distingue schématiquement) : voilà peut-être pourquoi j’ai dans les trois livres mêlés les trois genres (cette décision est venue après-coup) qui s’éclairent mutuellement dans la narration d’un vécu qui n’a d’intérêt que s’il parvient à toucher à l’universel.

Alors, pourquoi j’écris ?

Pour vivre plus intensément. Je mêle sans cesse la vie réelle et son expression littéraire. Je trouve que l’écriture booste la vie, qu’elle lui donne aussi un contenu qui me paraît souvent plus important que les éléments du réel. Ce mélange a été qualifié par une de mes relations d’attitude proustienne (Je précise que j’ai lu Proust et que généralement il m’ennuie !!)

 Peut-on parler d’une évolution de ton écriture au fil des textes et du temps ?

Je crois qu’une écriture évolue nécessairement avec l’évolution de l’auteur, surtout les écritures comme les miennes, qui restent assez fortement déterminées par le vécu, notamment en poésie où j’écris pour DIRE une émotion ou une croyance, dire parfois le non-dit social.

On ne peut essayer de faire partager son dire, d’universaliser une expérience, qu’au prix d’une sincérité absolue (ou quasi)…

Une évolution dans tes recherches de forme ?

Je pense avoir épuisé mes recherches en écriture d’autofiction.

Dans mes trois livres, j’ai successivement fait parallèlement des recherches de forme (mais là aussi, c’est venu après le jaillissement premier de l’écriture) : Saisons d’une passion est un récit linéaire (une flèche),Léna, une rencontre, une spirale (reprise obsessionnelle du thème), et le dernier, Toi-Nous a une construction en dents de scie – avec mélange intégral et permanent des trois genres, contrairement aux deux autres livres où ces genres occupent des parties séparées – pour rendre compte d’une folle histoire d’amour fou avec vingt-quatre ruptures.

J’ai très longtemps pensé que j’avais un problème avec l’écriture de fiction, que je n’avais aucune imagination pour cela. Puis je me suis battu, j’ai commencé – assez récemment, enfin depuis quelques années quand même – par quelques exercices d’écriture sur un thème imposé. J’ai pu alors écrire quelques nouvelles (brèves) et, depuis 2007, j’ai tenté l’écriture romanesque de fiction. J’ai écrit deux textes , non encore publiés, un roman court environ 115 pages de livre et une novella d’environ 85 pages.

J’ai cependant encore l’impression que cette capacité à écrire de la fiction est fragile. (Depuis un peu plus d’un an d’ailleurs, je fais une pause dans cette activité, me contentant de textes très courts en prose ou plus souvent des poésies, car c’est impossible de cesser totalement d’écrire. Quand je vis des choses fortes, ma poésie est sensuelle, sensitive ; sinon elle est plus réflexive.)

Pour y parvenir je m’étais astreint à faire un plan, semi-précis, mais j’en ai eu assez vite assez et je me suis jeté assez tôt dans l’écriture du roman. Là j’ai eu la surprise de voir parfois l’histoire s’auto-créer, les personnages vivre leur vie et me faire ajouter des chapitres à ceux que j’avais prévus. Ces interactions entre mon projet et l’écrit sont exaltantes et créatrices.

 Peut-on dire qu’aujourd’hui, cette écriture-besoin est plus raisonnée ? qu’elle évolue en même temps que toi ?

Oui, l’écriture du besoin pur est plus raisonnée – mais j’ai toujours mêlé à elle la tentation de l’esthétique. Aujourd’hui l’écriture est plus nourrie de l’envie d’écrire elle-même, mais il y a encore cette volonté du DIRE dont je parlais. Le but étant d’atteindre, si possible, l’adéquation parfaite entre une chose à exprimer et son expression.

Plus de travail aujourd’hui ?

Oui, mais  le plus gros est effectué au moment de la création: aurais-je l’immodestie de dire que j’ai à ce moment-là une certaine facilité (une fois le thème trouvé, ce qui est mon calvaire) et que l’accouchement d’un poème est assez rapide. J’ai parfois essayé de retravailler après-coup mais j’ai abouti à un ensemble plus froid (en poésie, trop intellectualisé).

Je crois beaucoup à la force du jaillissement premier et de l’émotion. Chez moi, une ligne posée appelle d’elle-même la suivante
En fiction, bien sûr il y a un important travail préparatoire (recherches, plan etc.). Retouches à la relecture, aux relectures, mais ce ne sont que des retouches, généralement non essentielles.

Il va falloir que j’accentue cet aspect travail si je veux arriver à produire des textes plus longs (mon record 115 pages). Mais peut-être suis-je fait pour le texte court ??????

 Mais ne crois-tu pas que le travail efface le côté fusionnel de l’auteur avec son texte ?

J’ai commencé à écrire sous l’impulsion de la passion amoureuse. Je me suis « un peu » distancié de cette dernière et l’ai transposée, sans doute pour partie, sur la passion de l’écriture…

 Un transfert… Une évolution… Mais la passion est toujours là. Passion créatrice, voilà le titre de mon blog… Un titre qui en a fait sourire plus d’un… Pourtant… La passion est le moteur du processus de création. Elle est le lien étrange qui unit l’écrivain et son texte. Révélation tardive ou besoin précoce, elle est toujours le résultat d’un parcours personnel.

 Il y a autant de façon d’écrire qu’il y a d’auteurs. Quelques uns utilisent leur récit comme un laboratoire linguistique… Certains restent spectateurs de leur œuvre pour en maîtriser le courant, ou, au contraire, se laissent aller au fil des lignes et des événements qu’ils imaginent.

Il en est, enfin, qui ont un rapport fusionnel avec l’écriture qui devient alors le reflet d’un état d’âme, d’une tension personnelle… (23/11/2010).

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Voilà, vous en savez un tout petit peu plus sur mon écriture.

Fin 2009 : première interview d’auteur, pour les ed. Chloé des lys

(les données sont forcément datées, arrêtées à cette date , je publierai sur ce blog les interviews ultérieures)

Pseudo ou nom réel ?

Pseudo

Où habites-tu ? Explique…

Je vis  actuellement en banlieue parisienne  et ce depuis plus de vingt ans. J’ai quitté le Nord de la France pour des raisons professionnelles mais je reste chti par tous les pores de ma peau. J’adore y retourner, pour la qualité des contacts avec les gens de cette région.

Une famille, des enfants…

Je suis divorcé et ai trois grands enfants. Je suis devenu papy il y a un an. Un choc, au début mais on s’y fait très vite… Un rythme à prendre. Surtout si d’autres naissances arrivent.

Sucré ou salé ?

J’ai très longtemps été « salé ». J’avoue que plus l’âge me rattrape, plus je deviens « les deux » ou, au moins, j’inverse parfois la préférence !

Que fais-tu dans la vie ? Explique

Je dois cesser mes activités professionnelles dans quelques mois. Je suis professeur de lycée mais ai ensuite bifurqué vers le syndicalisme où j’exerce encore des fonctions à plein temps.

 Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?

En 1995, suites aux tumultes d’une histoire d’amour. J’ai en besoin de dire ces émotions dans des poèmes, puis j’ai aussi écrit de la prose d’autofiction pour décrire ce bouleversement dans ma vie.

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ?

Deux livres sont parus chez Chloé des Lys (Léna, une rencontre, Saisons d’une passion) et un troisième est dans les starting blocs (Toi-Nous). Trois histoires d’amour dans un genre indéfinissable – quelques uns ont dit complètement innovant – où  je raconte à chaque fois une aventure en mêlant poèmes en vers libres, nouvelle et journal, le tout faisant dans chaque livre un récit cohérent. J’ajoute que pour chacun de ces livres j’ai varié la forme, mêlant différemment les trois composantes que j’ai citées.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?

Pas encore mais ça ne saurait tarder…auarf..ouarf…

Pourquoi Chloe des Lys ?

Tous les candidats à l’édition savent que, chez les grands éditeurs en particulier, un manuscrit d’inconnu sur mille est accepté (au mieux). Chloé des Lys est le premier qui m’ait accepté à compte d’éditeur : je devais en être à peu près au 69 ème ( non, Bob, ne ris pas !)  envoi ; j’avais encore de la marge, lol. Chloé se définit comme tremplin, j’y resterai ( si l’on veut bien de moi) même si je trouvais un éditeur plus important car j’ai appris à y connaître des gens sympas.

Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ?

J’ai écrit depuis deux ans deux romans courts ou novellas. C’est cette fois de la fiction totale. Pour le premier je me suis appuyé (encore !) sur une histoire d’amour (pas évident de passer à la fiction, je me suis appuyé sur la rampe du « connu ») mais enrichie d’un problème d’identité posant question dans le groupe. Le deuxième est plus une nouvelle à trame politico-policière posant également le problème des limites morales de l’engagement politique.

Projets pour la suite ?

J’attends un peu de voir si un début de reconnaissance vient. C’est nécessaire pour nourrir l’envie d’écrire. Néanmoins dès que l’émotion est là, je trempe à nouveau ma plume dans l’encre poétique ; on ne se refait pas !

Pourquoi écris-tu et comment ?

C’est devenu un besoin, un moyen de vivre à un degré supérieur, de revivre et de faire partager les émotions aussi. Je parle là de la poésie, le roman exige plus de travail, de construction : on y laisse parler les faits pour que le lecteur en tire ses propres conclusions. C’est l’exposé d’une thèse, mais non fermé. Je suis un peu paresseux, alors j’adopte souvent la forme courte. Mais quand un roman est parti, c’est parti et j’adore y travailler ; pour moi le plus difficile est encore de trouver le sujet.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…

J’ai adoré l’écriture qu’on dit blanche de Marguerite Duras. Je lis beaucoup de contemporains actuellement après avoir étudié les classiques dans ma jeunesse. J’ai un faible pour Philippe Claudel, Nancy Huston , Natacha Appanah et tant d’autres

Tes hobbys ?

Essentiellement lecture et écriture, tout ce qui tourne autour : débats radio, télé, rubriques littéraires des journaux et magazines. Sinon je fais de la calligraphie romaine bien que n’ayant pas de patience, je ne comprends pas moi-même. A part ça j’adore la nature et les balades, surtout la montagne. J’écoute à présent assez peu de musique, en fait je la mets en fond sonore simplement. Autrefois j’avais une préférence pour le genre folk : Graemea Allwrigt, Joan Baez, Cohen. Souchon me plaît encore. Je vais rarement au ciné car je ne trouve plus la qualité des films des années 70/80. Ou alors je choisis mal.

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’ y proposes-tu ?

Mon site présente des extraits de mes écrits et des réactions des lecteurs. Je le mets à jour de temps en temps, hmmm  http://claude-colson.monsite.orange.fr (remplacé depuis peu par ce blog)

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?

Les violences exercées lâchement contre les faibles.

Un souhait ?

Là comme ça ? N’avoir pas trop de choses à regretter, peut-être.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?

Pourrais-tu abandonner l’écriture ?

(discussion avec Bob Boutique, des éditions CDL).

Octobre 2009

Ma venue à l’écriture

écriture

En ouvrant ce blog d’auteur, je me dois peut-être de vous en dire quelques mots.

Certes j’ai assez bien fréquenté les classiques lors de mes études secondaires, puis universitaires.

Comme professeur d’allemand, j’ai eu une formation littéraire. Longtemps j’ai ensuite  lu de la littérature contemporaine, pour en venir, au final, à délaisser ce loisir.

La vie…

Vers la quarantaine, un changement d’activité professionnelle m’a amené à faire 3 heures de trajet en train par jour ; c’est alors que j’ai repris la lecture, qui m’a peu à peu rendu le goût de l’écrit. Parallèlement, un trop plein de vécu m’a poussé à sortir de moi des choses dont je pouvais difficilement parler à beaucoup de personnes.

L’écrit s’est imposé et, à près de 46 ans, je l’ai fait dans un puis trois premiers livres (ed. Chloé des lys). Comme beaucoup d’auteurs, j’ai donc commencé par l’autofiction, l’écriture de soi et j’ai choisi le récit à la 3e personne. J’ai alors été influencé par l’écriture dite « blanche » de Marguerite Duras, qui m’a beaucoup marqué (récit froid, distancié, par un observateur impassible)…/ Lire la suite « Ma venue à l’écriture »