La terre qui penche – Carole Martinez – CR de lecture

Le livre : (babelio)

Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort ! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend.
Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais?
Par la force d’une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l’orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des Murmures qui était le cadre de son précédent roman.

L’auteur : Carole Martinez est née en 1966, elle a vécu la majeure partie de sa vie en Moselle.
2007 – premier roman « Le cœur cousu »
En 2011, elle publie « Du domaine des murmures » qui remporte un succès critique et public, il est récompensé par le Goncourt des lycéens.  En 2015, elle publie La Terre qui penche dont l’action se déroule à nouveau au domaine des Murmures mais cette fois en 1361.

Extrait : La vieille âme

À tes côtés, je m’émerveille.

Blottie dans mon ombre, tu partages ma couche.

Tu dors, ô mon enfance,

Et, pour l’éternité, dans la tombe, je veille.

Tout aurait dû crever quand tu as gagné ton trou, gamine,

Au lieu de quoi la vie a dominé, sans joie.

Seule la rivière a tenté quelque chose pour marquer ton départ, ma lumineuse.

Dans la brume du petit matin, elle a soudain figé ses eaux vertes tout du long, si bien qu’en amont de la Furieuse, les aubes des moulins se sont arrêtées de tourner, comme engluées dans du métal fondu. Dès que l’haleine humide et claire qui la nappait de vapeurs nocturnes est remontée à flanc de coteaux jusqu’à se dissoudre tout à fait dans la chaleur du jour, dès que la rivière est apparue, nue, débarrassée de ses longs voiles laiteux, les meuniers de la vallée ont découvert que la Loue enchanteresse s’était changée en miroir : plus rien ne bougeait dans son lit que le reflet du monde des berges et celui des nuages épars de mai. …/

Ma lecture : ceci ne vaut peut-être que pour moi : contrairement à ma lecture précédente (voir le C.R.), ce livre ne m’a absolument pas été un « tourne pages ». Ça fait bien 2 mois que je le traîne et pourtant, à chaque fois que je parviens à m’y mettre  , j’aime bien. Cette histoire du 14 ième siècle est racontée avec énormément de poésie et, tant le sujet que la manière, la transportent pour moi dans une sorte d’irréalité – un genre avec lequel j’ai toujours beaucoup de difficultés –  mais une irréalité qui à la lecture devient étrangement réelle et agréable.

Je ne l’ai pas encore terminée, j’en suis aux 6/7 ièmes, pourtant je crois que mon ressenti ne changera pas : un agrément qui ne me donne bizarrement pas envie de m’y replonger tout de suite . Une sorte de mystère…

Très belle écriture, au demeurant.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s