Les Mains (poème primé)

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Voici l’un de mes poèmes fétiches.

 

 

 

 

LES MAINS

Hiver,
Dans le train deux amants, privés, clandestins.
De suite deux mains se dévêtent, s’étreignent, puis – plus calmes – se frôlent,
L’une découvrant l’autre, appliquées, étonnées de sentir
L’arête d’un ongle ou le contour d’un doigt.
Doigts qui tous s’écartent pour jouir d’une douceur pénétrée, pénétrante ;
Une paume reçoit le friselis d’une caresse, tandis qu’elle se love contre l’autre,
Surprise d’être deux.

Et pendant que le train file,
Elles incantent, fragiles,
La permanence de l’unité,
L’ivresse du désir.

 

Écrit à la fin du siècle dernier, 🙂  , édité en 2002, réédité dans Saisons d’une passion, éditions Chloé des Lys- 2009,  ce poème en prose a obtenu le premier prix du jury du concours organisé à Ath (B) par la Bibliothèque Jean de la Fontaine , à l’occasion du printemps des poètes 2012.