
Mare en juillet délaissée
Une nécessité de marcher,
En douleur, modérée,
M’a cette fois éloigné de toi
Pour me conduire au lac de joie
Qui autrefois, un peu, m’inspira.
Bien plus vaste, énorme en regard de toi,
Il ne fait malgré tout plus le poids.
Ses eaux couvertes de pollens
M’évoquent celles que j’aime
Et que, même resserrées,
D’un regard immobile on peut embrasser.
Comme la tienne, toutefois,
Sa paix me fait émoi.
Comme avec toi, face à lui je médite
Cette sérénité qui tout à coup m’habite.
Là, c’est un héron qui rase les eaux ;
Deux cygnes blancs nagent tranquilles, en écho.
Sur un îlot des canards s’ébrouent,
Me rappellent ton île au gazon doux.
Tout près de lui pourtant,
Je lui suis infidèle, à mon corps défendant,
Car c’est encore à toi que je pense ;
Toi qui viens ici rompre mon silence.