Le style ou l’histoire, pour tenter de séduire un éditeur ?

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Personnellement j’avais précédemment tendance à penser que c’était le premier qui comptait le plus, et de loin, et qu’avec une bonne manière d’écrire on pouvait faire passer à peu près n’importe quelle histoire. Or ce récent avis d’éditeur tend à me monter l’inverse :

« Cela dit, un roman bien écrit, sans trop de fautes et avec un style fluide a plus de chance de retenir mon attention… Or, c´était le cas de « … » mais c´est à l´histoire que je n´ai pas vraiment accroché… ».

En fait, tout dépend de ce que l’on vise.Si l’on veut être un écrivain qui ait une chance d’être reconnu par la postérité, je crois que le style se suffit à lui-même, mais il y a aussi de fortes probabilités que l’on reste un auteur confidentiel.

En revanche, si l’on veut être lu par une majorité de personnes, il faut se concentrer sur l’originalité et la force de captation de l’histoire, bien sûr dans le meilleur style possible, mais, chez les « grands » éditeurs au moins, il y a – dit-on – un travail éditorial approfondi qui peut faire en sorte que celui-là soit acceptable, si jamais il venait à faire un peu défaut. Et puis, l’offre chez les candidats à l’édition est telle que l’éditeur pourrait même se passer de ce travail, s’il devait être trop important. Au suivant !

Style ou histoire ? Il faut donc accorder de l’importance aux deux. Mais de nos jours, en ces temps où la culture générale pour le moins stagne, semble-t-il, je crois que l’histoire a pris le pas sur le style, pour toucher un plus large public .

6 réflexions sur “Le style ou l’histoire, pour tenter de séduire un éditeur ?

  1. Je partage tout à fait ce point de vue. Tous les refus d’éditeurs que j’ai reçus disaient : « Bien écrit, mais… » Un éditeur fera réécrire une histoire qu’il croit bonne, une mauvaise à ses yeux ne franchira pas le premier barrage, même avec tout le style du monde.

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  2. La réponse à ce dilemme ne serait elle pas contenue dans le verbe « séduire » ? La posture d’un éditeur me semblerait plus vraie si l’on avait davantage à le convaincre qu’à le séduire. Derrière séduire j’entends complaisance, loi du marché…

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  3. En fait je suis d’accord avec toi. L’aspect négatif du verbe séduire ne visait que l’attitude de certains éditeurs vis à vis d’un « marché » potentiel de lecteurs.

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  4. Point de vue de Jean d’Ormesson, relayé par enviedecrire.com http://www.enviedecrire.com/les-secrets-decrivain-de-jean-d-ormesson/: « Qu’est-ce qu’un bon écrivain ?
    C’est d’abord un style. Beaucoup de gens arrivent chez les éditeurs et disent : « J’ai une histoire merveilleuse. » Mais ce ne sont pas les histoires merveilleuses qui font les écrivains, c’est le style.

    Est-ce que le style, c’est l’homme ?
    Le style, c’est la littérature. Mais il ne faut pas aller trop loin. Je pense que le formalisme, qui écarte tout ce que les Américains font si bien, c’est-à-dire raconter une bonne histoire, est très dangereux parce que cela éloigne le public. Mais il est vrai que ce qui dure, dans un livre, c’est le style. On n’écrit pas avec des histoires, on écrit avec des mots. Et les écrivains qui tiennent, qui traversent le temps, et ne parlons même pas des plus grands mais de Mérimée ou de Voltaire, ceux-là tiennent parce qu’ils ont un style et non pas parce qu’ils ont des histoires merveilleuses. Les histoires ne font pas l’écrit. »

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