La reine du découpage, d’Odile Lecouteux.

pour ehj

   Avec « La reine du découpage », c’est un opus magnifique qu’a écrit Odile Lecouteux pour son deuxième livre.

Le style simple, espiègle ou grave, inimitablement juste, fait renaître l’âme d’une enfant qui découvre le monde, Cécile.
Un récit attendrissant qui vous tirera d’abord le sourire par ses comparaisons imagées et bien senties, parfois même vous ne pourrez réprimer un petit éclat de rire. L’auteur a retrouvé le vocabulaire maladroitement sérieux de l’enfant pour faire renaître avec force les années 50 et 60, vues à hauteur d’une gamine : tout y est, les objets surannés avec leurs noms de marque, présences rassurantes, établies là pour l’éternité aux yeux de l’héroïne, comme de nous tous dans nos premières années ,les jeux primitifs des kermesses ou luna-parks d’autrefois etc.

   Je suis avant tout frappé par la justesse des évocations, du langage qui les sert : « Moi, je veux juste aller à la fête foraine qui rend belle, avec toutes les lumières clignotantes »…
En un tour de phrase l’auteur recrée une ambiance : « … le camion Pomona vient livrer les cagettes de fruits et de légumes, je conserve leurs étiquettes colorées portant le nom de pays étrangers et les dessins de fruits exotiques. » …/

Sous sa plume, les objets d’époque prennent place naturellement dans le décor et on ne peut qu’adhérer au récit. Tout prend ici une présence extraordinaire.
Mais le livre avance et à la fin, Cécile fait l’apprentissage de la séparation et de la mort. Elle approche de ses 15 ans, l’enfance est finie. Les deux dernières pages vous serreront le cœur. J’ai adoré ce livre à propos duquel Odile Lecouteux, comme tout vrai écrivain, m’avait dit douter de ses qualités d’auteur. Qu’elle soit rassurée!

Quatrième de couverture :

Cécile, six ans, n’a pas sa langue dans sa poche. Elle vit avec ses parents et sa grande soeur Fanfan dans la coopérative PLM de la commune des Larmes, en Côte d’Or, un village triste dans lequel il n’y a ni cimetière ni fontaine pour dire « Je ne boirai pas de ton eau ». Avec tendresse, humour, et parfois une certaine gravité, la petite fille décrit ce qu’elle découvre et ce qu’elle devient, de surprises en épreuves.

En ayant su conserver dans ce roman autobiographique la candeur et la vivacité de ses jeunes années, l’auteure nous offre un joli découpage des usages, personnes et souvenirs de son enfance, dans un style volubile d’une grande finesse, terriblement attachant.

Odile Lecouteux a travaillé à la radio et pour la télévision, les voyages et les rencontres ont formé sa jeunesse. Aujourd’hui parolière pour le groupe Christian Mansour et Sunugaal, elle vit à Dijon où elle est née. La Reine du découpage est son second roman, après Dix jours.

Éditions de la Rémanence, 158 pages, 15 X 18 , 15 euros, numérique : 4,99

Lecture des 15 premières pages sur le site de l’éditeur.

Une réflexion sur “La reine du découpage, d’Odile Lecouteux.

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